AVANT-PROPOS
Lettre de M. A. Baudrillart, professeur d'histoire à rinstitut catholique.
Paris, 4, quai des Célestins^ le 3 juiUet 1905. Mon cher Amij
Vous m'avez demandé de présente)* au public un ouvrage dont il nCa été donné de suivre depuis V origine la lente et consciencieuse élaboration. Je le fais bien volontierSy car je sais avec quelle courageuse ténacité vous avez conduit^ au milieu des occu^ pations du ministère paroissial, vos difficiles et patientes recherches. Aujourd'hui vous touchez au port et vous donnez au public une œuvre historique solidement fondée sur l'étude des textes et des documents. C'est une œuvre utile au premier chef. De même qu'on ne connaîtra vraiment l'histoire de la Prétendue Réforme dans notre pays, que quand on l'aura écrite, province par p7'0vince et ville par ville, de même c'est uniquement à l'aide de 7nonographies du genre de la vôtre qu'on pourra écrire l'histoire générale et définitive de notre grande Réforme. Catholique du dix-septième siècle. Plaise à Dieu que chacun de nos diocèses trouve un historien aussi chercheur et aussi compétent que vous !
Le diocèse de Limoges a eu le bonheur de voir se succéder à sa tête pendant un siècle de bons ou tnême de grands Evéques^ Henry et Raymond de la Martonie, François de la Fayette, Louis de Lascaris d'Urfé, François de Canisy. Par elle-même la vie de ces personnages est intéressante et vous avez su très bien montrer le rôle que tels d'entre eux, à une heure donnée, furent appelés à jouer dans les affaires générales du royaume. Vos pages sur la conduite d'Henry de la Martonie pendaîit les premières années du règne de Henri IV, celles qui nous retracent les relations de François de la Fayette avec la cour de Louis XIII et de la régente Anne d'Autriche^ ou son intervention aux Assemblées du Clergé de 1635 et de 1655, attireront l'attention de tout lecteur,