Aubugeois, Hifdfnrf* du Dorât. Paris, 1880. p
3. C'était François de Coustin, capitaine au régiment de la Meilleraye, sous
bienfaiteurs des Récollets. Le 10 septembre 1640, troisième jour d'une oraison de quarante heures, le P. Urbain-Ville, provincial, assisté d'un grand nombre de ses religieux, fit la bénédiction solennelle des nouveaux bâtiments, au milieu d'un grand concours de seigneurs et de peuple. Le 24 août 1647, le P. Séraphin, gardien du couvent, avait terminé la construction de la nouvelle église, bâtie sur les voûtes de l'ancienne. Il y eut aussi une rare affluenceàToccasion de sa bénédiction et de Toraison des quarante heures, pendant laquelleon communia,dit la chronique, dix mille personnes^. Onze ans plus tard, le 26 août 1657, la paix était gravement troublée entre les religieux et les chanoines. Gomme la procession du chapitre se rendait à l'église Saint-Amand, deux Récollets, accompagnés de gens armés, se ruèrent sur la procession à coup de poings et d'épée, et ils firent de même le premier jour de septembre. Le chapitre répliqua manuellement (sic) c'est à dire, dit la chronique, « l'on se battit, comme il faut )). Le lundi de Pâques
1658, quand le chapitre revint en procession, les Récollets ne voulurent ni faire sonner, ni aller au devant des chanoines, ni les laisser monter au chœur pour chanter, ni leur fournir des sièges, des calices et des ornements, ni parer l'autel et la chaire. Ils firent même un grand bruit sur le plancher du dôme, en sorte qu'on ne put entendre l'office, ni la prédication. Même scène â une nouvelle procession du chapitre, le 27 mai suivant.
Ces manifestations scandaleuses de religieux qu'on avait établis à Saint-Junien, est-il dit dans le projet de fondation, « pour instruire le peuple et l'édifier », ne durèrent pas, grâce à l'intervention de l'évêque. Quelques amis du chapitre et des Récollels firent oublier les injures respectives, dans une transaction du 14 juillet
1659. Par arrêt du Parlement de Bordeaux, il fut statué que le chapitre ne pourrait empêcher les Récollets d'ensevelir dans
. l'église de Saint-Amand, ni d'y faire l'office, quoique le chapitre y fût appelé en faveur de ceux qui le demanderaient par testament. (C'était là sans doute l'objet de leur querelle). D'autre part, le chapitre fut maintenu dans le droit de prendre par provision le quart de tous les luminaires et offrandes des sépultures, et dans le droit aussi de faire à Saint-Amand, les processions accoutumées et d''y recevoir des Pères les honneurs traditionnels 2. -
Les Frères Mineurs Cordeliers, établis à Saint-Junien depuis 1252, suivant Maleu, comprenaient, à l'époque d'une première ré-
le duc d'Epernon. Il épousa, à Aix-sur- Vienne, Renée de Ferrières de Sauvebœuf, fiUe de Jean, meslre de camp. Antoine-Charles, son fils, ancien page du duc d'Enghien, fut blessé à ses côtés, à Fribourg et à Nordiingen, où il combattit en qualité de capitaine. 11 mourut en 1()88. La famille noble de Coustin remonte par filiation suivie à Guillaume de Coustin, seigneur du Chassaing, qui vivait en 1350. Un de ses membres, Robert de Coustin, suivit le roi saint Louis, à la croisade de 1248. Ses armes sont aux salles des croisades à Versailles. Communication de M. Louis de Coustin, marquis du Masnadaud^ seul représentant mâle de sa famille. Château de Sazeirat (Creuse).