PRÉFACE XXXV
François de Carbonel de Canîsy lui succéda en 1695. Il s'appliqua comme ses prédécesseurs à perfectionner la réforme religieuse. La tournée pastorale, les synodes, les inspections diocésaines furent toujours en usage. Les règlements qu'il promulgua dès son avènement témoignent du souci qu'il avait de l'entretien des églises et de la bonne tenue des ecclésiastiques. Il vécut en paix avec son clergé. La disette des années 1704 et 1705, qui causa une grande misère dans son diocèse, l'affecta profondément. Elle succédait à un désastre antérieur et du même genre dans lequel il avait épuisé toutes ses ressources et celles qu'il avait obtenues du roi. Sa santé, déjà précaire, fut plus sérieusement ébranlée et de crainte que ses infirmités ne fissent obstacle à son zèle, 11 se démit de ses fonctions au mois d'août 1705.
M. l'abbé Aulagne a dressé un grand portrait en pied de chacun de ces évoques, très étudié, très consciencieux et on peut dire définitif. Antécédents de famille, influence ancestrale, éducation, formation intellectuelle, morale, sociale, caractère public et privé, aspirations, œuvres, il n'a rien négligé pour faire connaître l'homme tout entier dans le milieu où il a agi. Sa « documentation » est des plus riches, ce travail de longue haleine est marqué au coin d'une sage critique et témoigne d'une liberté d'esprit qui n'est pas interdite aux plus sincères catholiques.
L'ouvrage est terminé par une seconde monographie qui est ellemême un autre livre, heureux complément du premier, et qui en est la conséquence : La vie ecclésiastique et paroissiale en général dans le diocèse de Limoges au dix-septième siècle.
L'auteur étudie d'abord l'organisation du chapitre de la cathédrale et sa puissance. Il analyse ensuite le fonctionnement et les rouages delà vie paroissiale : entrée aux bénéfices, enseignement religieux, exercice du ministère, prédication, sacrements, régime économique, personnel, budget, etc.
La deuxième partie est consacrée aux résultats du prosélytisme catholique. Elle touche à l'histoire civile et sociale. Les protestants avaient fait quelques progrès en divers lieux du diocèse. François de la Fayette, notamment, les combattit avec succès. Il y eut des conversions célèbres comme celles de Suzanne de la Pomélie, dame de Neuvillars, du marquis et de la marquise de Meillars et de leurs sept enfants. Les Jésuites en furent les principaux artisans.
Les recherches sur les « Confréries de piété » nous initient aux