Mss. 34, f
3. Mss. 34, f. 176. Des lettres patentes de 1645 reconnaissaient officiellement la mission du visiteur apostolique. « Au lieu de quatre ou cinq religieuses, qui ne gardaient pas la clôture (avant 1620), est-il dit dans l'acte royal à l'éloge de l'abbesse, le monastère de la Règle compte aujourd'hui soixante-dix reH;,àcuscs qui observent exactement la règle de saint Benoist, et qui ont employé plus de lOU 000 livres à la réparation des bâtiments. » Laforest, iOiiLf p. 314.
l'exemption du monastère *. Un arrêt du conseil d*Etat du 12 novembre suivant, portait commission à Tàrclievêque, pour l'exécution du bref du pape accordé à l'évêque de Limoges. Notre prélat eut gain de cause devant ce tribunal ; il y démontra que la bulle de 1644 était subreptice et obreptice, c'est-à-dire qu'elle avait été obtenue sur un faux exposé et en taisant une vérité, qui aurait dû être dite ^. Le monastère de la Règle en effet, avait toujours été sous la juridiction épiscopale : l'abbesse elle-même avait souffert la visite en 1621. Les évêques de Limoges l'y avaient faite dans tous les temps, et d'ailleurs les religieuses n'étaient agrégées à aucun ordre régulier, ainsi que les ordonnances du roi l'exigeaient. Aussi sans attendre le prononcé de la sentence des arbitres, l'abbesse, qui savait sa cause perdue de son côté, en appela comme d'abus au Parlement de Bordeaux de l'ordonnance de l'évêque, qui prétendait faire la visite de la Règle. A l'acte d'appel fut opposée une sentence d'excommunication ; mais le doyen de la cathédrale, en qualité de visiteur apostolique, défendit de déférer à cette censure, sans valeur à ses yeux et de reconnaître l'évêque pour visiteur K
L'afTaire ne finit pas là. En 1649, Jeanne de Verthamon crut mettre un terme à la lutte, en adressant sous la date du 11 novembre, au prince de Conti, supérieur de l'ordre de Cluny, une demande de réagrégation de l'abbaye de la Règle à cet ordre, dont le droit d'exemption était généralement reconnu. Les lettres-patentes, accordées le 25 janvier 1650, furent confirmées par arrêt du grand conseil du 30 mars suivant *. En conséquence, le 6 février 1652, dom Bernard Pichon, prieur de Saint-Leu, procureur général de l'Ordre de Cluny, fit signifier à l'évêque de Limoges, une requête qu'il avait présentée au Parlement, pour être reçu partie intervenante à la cause d'appel de l'abbesse et des religieuses de la Règle, contre le dit seigneur et afin qu'il fût dit que la dite abbesse et les religieuses demeureraient agrégées au monastère de Cluny, et exemptes de la visite de l'ordinaire, aussi bien que de sa juridiction et supériorité. Mais le prélat passa outre. Le procès continua donc, bien qu'il coûtât énormément à l'abbesse et encore plus à l'évêque par la longueur et la diversité de tant de procédures et de tribunaux. Enfin la cause fut renvoyée au Parlement de Paris, où le procureur général Bignon plaida pour l'évêque ^.
Ce magistrat donna les plus grands éloges à « Madame de Verthamon ». « L'abbesse, dit-il, est digne de beaucoup de considération ; chacun rend témoignage à sa vertu. On peut la considérer comme fondatrice ; elle a rétabli le monastère, reconstitué ses droits, récupéré ses biens, multiplié les religieuses, introduit une
1. L'archevêque de Bourges était Pierre d'Hardivillier, de Paris, docteur de Sorbonne (1(539-1(549). Lévéque de Cahors était le saint ami de notre prélat, Alain de Solminiac. ^63(5-1(559). Gallia christ,