‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 223 sur 480 · Il y avait en outre quatre sueurs convi'rses. Ihid · texte numérisé non relu

Il y avait en outre quatre sueurs convi'rses. Ihid

par des pensionnaires ; la communauté donnait toujours les plus louables exemples de piété et de régularité ; elle rendait les plus grands services à la ville par son pensionnat de demoiselles, et par son école gratuite ^

9^ Les UrsnUnes d'Eymoutiers.

Les premières maisons des religieuses Ursulines, établies en Limousin pour l'enseignement des jeunes filles, devinrent bientôt assez prospères, pour fonder de nouveaux couvents, dans celte province et même ailleurs. Nous voyons ainsi : la mère Claude du Verdier, partir de Limoges en septembre iO^o, avec une colonie de trois professes, pour aller établir à Cahors une maison de Tlnstitut de Sainte-Ursule; et quatre ans plus tard (1629), les mères de Nesmond et de Capdeville s'offrir à Brive, pour travailler de même à la fondation de Périgueux; répondant par leur dévouement aux sollicitations pressantes de plusieurs notables habitants de ces villes, qui étaient venus à Limoges et à Brive demander des Ursulines, « pour élever chrétiennement les jeunes filles i. La communauté de Tulle, qui fut toujours très nombreuse, fournit, en 1632, une première colonie, qui s'établissait le i5aoùt à Beaulieu, pour y seconder le prosélytisme des missionnaires jésuites ^, Quatre ans plus tard (1636), une seconde colonie d'Ursulines de Tulle partait de cette ville à la demande de la duchesse de Venladour, pour fonder la maison d'Ussel, sous la direction des sœurs de la Praderie et de la Croix ^.

L'évêque François de la Fayette favorisa, de son côté,' particulièrement en 1629, rétablissement d'Eymoutiers. A la suite de la demande, que lui avaient faite des habitants notables de cette ville, la mère de Liberos, supérieure du couvent des Ursulines de Limoges, y arriva le 14 juillet de cette année, en compagnie de Marie Descordes, prieure delà nouvelle maison, de cinq professes et d'autant de novices. Ces religieuses furent reçues dans Téglise du moutier par Josias de la Pomélie, prévôt du chapitre, et par Roland de la Pomélie, frère du précédent et doyen du chapitre de Saint- Germain. <c La généralité des habitanls témoigna aux Ursulines une grande joie de leur venue, en faisant entendre dans toute la ville des acclamations sympathiques. Les familles nobles et anciennes de la Pomélie, de Pichard et Bardoulat se distinguèrent, dès le début de cette fondation, comme les principales bienfaitrices des

1. Ce monastère du Dorât est resté un précieux foyer d'enseignement. Depuis 1819, il est devenu le siège d'un petit séminaire renommé. l*n site exceptionnel, de belles terrasses dominant la voie ferrée, une salle monumentale de récréation, un riche musée font de cet établi.ssement un séjour plein de charmes pour la jeunesse, et merveilleusement approprié aux besoins de son éducation. Au-» bugeois, Histoin* du Dorai, Paris, 1880, p. 118, 143, 174 et 103.

2. Ce couvent, qu'alla réformer dans la suite sœur de Fraignie, l'une des premières professes de Limoges, comprenait trente-deux religieuses et six converses. Pouillr h In loi'.

3. D'après Baluze, la première pierre de ce couvent n'aurait été posée que le 20 mai 1645. Ibid.

religieuses; elles furent les premières du pays à leur confier des pensionnaires )».

Le 15 août 1629, Josias de la Pomélie alla, accompagné de tout le clergé de la collégiale, bénir la chapelle des Ursulines et y chanter la grand'messe en musique. Jean Ruben, théologal du chapitre, y fil la prédication. Après le chant des vêpres, les religieuses prirent la clôture. Le 21 septembre suivant, Tévêque de Limoges, de passage à Eymoutiers pour sa tournée pastorale, vint dire la messe au monastère, y planter solennellement la croix, et en faire la visite canonique. Par ordre de notre prélat, vingt-cinq Ursulines de Lim.oges quittèrent leur communauté le 28 avril 1631, au moment où la peste sévissait le plus dans cette ville. Elles furent conduites dans le carrosse de Tévêque, au château de Grochat, qui appartenait à la « générale» Benoist, Jeanne de Douhet, et de là au couvent d'Eymoutiers, où elles restèrent plus d'une année.

Parmi les premières Ursulines d'Eymoutiers, qui furent, selon les chroniques du temps, cv un miroir de toutes les vertus de leur état », se signalèrent notamment : la mère de la Tour de Noaillas, dont la réputation de sainteté attira au couvent quantité de novices et de pensionnaires; la mère de la Pomélie^, élue supérieure du couvent le 4 juillet 1658, en présence de Tévêque, qui l'obligea à accepter cette charge, malgré ses répugnances, et morte en 1667, en odeur de sainteté ; la mère de Bardoulat, qui avait beaucoup de zèle et d'habileté pour l'instruction des filles ; enfin, la mère Gabrielle Ruben, dont le grand talent pour administrer la maison a ne nuisait pas à son intérieur i>. Les Ursulines d'Eymoutiers tenaient dans cette ville, ainsi que dans les autres couvents de leur ordre, outre le pensionnat, des classes gratuites pour les filles du peuple, qui étaient ouvertes tous les jours matin et soir, et furent toujours très florissantes 2.

La congrégation des Ursulines se recruta particulièrement dans les familles de la noblesse ou de la bourgeoisie en Limousin. « Nos bonnes filles Ursulines, écrivait à leur sujet, le 23 avril 1689, l'évêque de Limoges au marquis de Croissy, sont pour la plupart de ces filles de naissance qui s'appliquent avec fruit à l'instruction de la jeunesse et dont la vie est régulière, remplie de travaux, de privations et de souffrances supportés avec résignation pour la gloire de Dieu et le salut du prochain. ^ ))

i, AntoineUe de la Pomélie, nièce du prévôt Josias, fit profession en 1638. Etant maîtresse des novices, en 1649, elle fut comblée de grâces merveilleuses. L'évêque chargea le P. Nicolas du Sault, recteur du collège, d'aller examiner ce que l'on en rapportait et de donner au couvent les Exercices spirituels. Chronique des Ursulines.

2. En 1775, les Ursulines d'Eymoutiers étaient au nombre de trente professes et de sept converses. Le collège municipal occupe aujourd'hui leur ancien couvent. Les Ursulines de Limoges firent reconstruire leur monastère, en 1673. L'évêque vint, le 21 octobre de Tannée suivante, entouré d'un nombreux clergé, bénir solennellement les bâtiments et l'église, où il célébra la messe pour la première fois. Ce couvent fut détruit entièrement dans l'incendie du 6 décembre 1790. Les Ursulines de Limoges étaient au nombre de soixante en 1698.

3. Tous les détails précédents sont tirés des chroniques rédigées par les Ur-

3" Les Filles de Noire-Dame de Bordeaux.

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