‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 224 sur 480 · FONDATION DU COUVENT DE LIMOGES · texte numérisé non relu

FONDATION DU COUVENT DE LIMOGES

La congrégation enseignante des filles de Notre-Dame fut introduite à Limoges, en 1634, par Suzanne de Briançon, amie intime de la fondatrice, Jeanne de Lestonnac *. Née en 1579, à Vertillac en Périgord, d'une mère calviniste et élevée dans ses principes, elle s'était liée de bonne heure avec la marquise de Montferrand, dont les entretiens Tébranlèrent dans sa foi religieuse ; elle fut éclairée et convertie à Périgueux par le P. L'Escase, recteur du collège des Jésuites, et prononça publiquement son abjuration, en 1605. Deux ans plus tard, elle s'offrit à son amie Jeanne de Lestonnac, comme sa conquête. Elle fit profession le 21 novembre 1613, et devint une fidèle copie de la fondatrice et l'un des sujets les plus distingués de la congrégation. La mère de Briançon devint, en 1620, première supérieure de la maison de Périgueux. Voyant cette fondation affermie et florissante, elle proposa un pareil établissement à Tévêque et aux consuls de Limoges, qui lui promirent de l'agréer. Elle se rendit donc dans cette ville, en mars 1633, accompagnée de trois professes. L'évoque et les principaux habitants les reçurent avec joie ; mais le peuple craignant qu'un institut semblable à celui des Ursulines ne fût à charge à la ville, fit prier le prélat de ne pas donner de suite, pour le moment, au projet des Filles de Notre-Dame.

L'année suivante, l'évoque François de la Fayette rappela luimême à Limoges la mère de Briançon, qui revint en novembre, avec six autres sœurs professes. On leur fit cette fois un accueil parfait, et on leur donna dans le centre de la ville, près de l'Arbre de Beauvais, à raison des classes qu'elles se proposaient d'ouvrir, la première maison qu'avaient occupée les Carmélites. Profitant des bonnes dispositions des habitants, la mère de Briançon songea d'abord à l'agrandissement de son couvent, et fit bâtir des classes pour les filles externes de la ville et un corps de logis pour les pensionnaires. Ses grands talents, ses manières polies et insinuantes, lui attirèrent beaucoup de sujets, qui rendirent sa maison très florissante. Les Pères Jésuites, qui eu avaient la direction spirituelle, leur procurèrent des dons considérables de la part de ceux qui suivaient leurs conseils, notamment de la marquise de Linards, dame d'une haute piété, qui se retira chez les Filles de Notre-Dame, pour sanctifier ses dernières années dans la pratique des vertus. La prospérité dans laquelle la mère de Briançon laissa le couvent de

suUnes. Archives historiques^ t. II, p. 139 et suiv., et notices sur chaque nom cité, dans Labiche, Vies clés Saints.

i. Jeanne de Lestonnac était nièce de Montaigne par sa mère. EUe épousa le marquis de Montferrand. Devenue veuve, en 4603, elle fonda pour l'éducation des jeunes filles un nouvel Institut, que le pape reconnut par un bref, en avril 1607. La fondatrice mourut le 2 février 1640. Elle a reçu dernièrement le titre de bienheureuse. Son institut comptait, à la fin du siècle, quarante-sept maisons dans le Midi. Picot, Essai hist., t. I, p. 7.

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Limoges, avant de s'en retourner à Périgiieux, en 1640 ^, permit à son Institut de fonder, plus tard, deux nouveaux établissements 2.

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