‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 225 sur 480 · FONDATION DU COUVENT DE SAINT-LÉONARD · texte numérisé non relu

FONDATION DU COUVENT DE SAINT-LÉONARD

Avoye du Fresne, fondatrice du couvent de Saint-Léonard, issue d'une noble famille de l'Anjou, était une jeune fille accomplie pour ses qualités personnelles, quand l'un de ses frères, célèbre prédicateur jésuite, la détermina à la vie religieuse, et Teinmena à Limoges pour la confier aux soins de la mère de Brianf.on. Sous la direction de cette habile maîtresse, la jeune Avoye devint bientôt un modèle de régularité et de vertu. Obligée de s'en séparer, la mère de Briancon écrivit de Périgueux à la maîtresse des novices : « Ayez un grand soin de la jeune Avoye ; elle sera un jour l'ornement de l'Ordre. » Elle fut successivement première maîtresse des pensionnaires à Limoges et mère « seconde ». Pendant qu'elle exerçait le premier de ces emplois, une foule déjeunes demoiselles, attirées par sa réputation, se présentèrent pour recevoir d'elle leur éducation, et presque toutes, après l'avoir terminée, demandèrent le voile. Plusieurs personnes séculières, et même de vertueux ecclésiastiques, venaient la consulter sur leurs affaires.

Il y avait environ quinze ans que la mère du Fresne avait fait profession, quand une dame veuve de Saint-Léonard, nommée Marguerite Dalesme, songea à fonder dans cette ville une communauté de femmes, qui eût pour fin l'instruction des jeunes filles. Sur le conseil d'une de ses amies, la pieuse dame vint à Limoges, conférer de ce projet avec la mère du Fresne. Mais, avant de voir cette religieuse, elle s'assura préalablement des dispositions favorables de ceux que la bonne œuvre intéressait. Les principaux habitants de Saint-Léonard promirent un fonds de 1000 écus. L'évèque de Limoges approuva la proposition, et accepta que la mère du Fresne, avec l'agrément de sa supérieure, fût chargée de l'exécuter. Elle partit donc, en décembre 1651, avec trois professes et deux converses, sous la conduite d'un prêtre du Quercy, nommé de Laborie, docteur en théologie, célèbre prédicateur et neveu d'Antoine Saige, vicaire général. La mère du Fresne, en arrivante Saint-Léonard, ne trouva rien de ce qu'on lui avait promis. Néanmoins, divers présents qu'on lui lit l'aidèrent, Tannée suivante, à acheter et à faire construire une maison conventuelle. On s'efforça de renverser son entreprise, et l'évèque de Limoges lui avait déjà donné l'ordre de quitter Saint-Léonard ; mais elle le fit revenir sur sa décision, par la force de ses raisons. L'abbé de Laborie continua longtemps de diriger la communauté naissante soit par lettres, soit de vive voix, dans de fréquentes visites. Le P. Saige, jésuite, son oncle, fit aussi plusieurs voyages à Saint-Léonard, pour donner aux Filles de Notre-Dame les Exercices spirituels de saint Ignace. Sous cette direction, la mère du Fresne devint une supérieure

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