‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 237 sur 480 · Oraison funèbre j p. 36 et suiv · texte numérisé non relu

Oraison funèbre j p. 36 et suiv

4. L'évêque légua au séminaire des Ordinands le mobilier de sa chambre, de son antichambre, son linge personnel et sa garde-robe. Testament imprifné.

FRANÇOIS DE LA FAYËTtÊ 323

de porter en son nom la parole de Dieu jusque dans les villages les plus abandonnés. Dans les dernières années de sa vie, comme il no pouvait plus souffrir les incommodités de la campagne, le prélat en faisait aussi, sous le titre de visiteurs diocésains, ses représentants autorisés dans les paroisses les plus éloignées ^. A la tête de ces missionnaires diocésains, Tévêque avait placé, vers la fin de 1668, Michel Bourdon, puîné, comme lui docteur de Sorbonne, ancien curé du Havre, dont le principal mérite, dans son pays d'adoption, fut de composer bientôt et de publier le premier catéchisme diocésain (1673). Près de ce prêtre éminent, un autre docteur, Pierre Mercier, exerçait, dès 1669, les fonctions de syndic des prêtres de la Mission. L'évêque de Limoges avait fait de ce saint ecclésiastique, le directeur de sa conscience, et il n'accomplissait aucune œuvre importante dans son diocèse, sans prendre son avis.

L'ami commun de tous ces prêtres d'élite et du prélat dont ils formaient le conseil épiscopal, Martial de Maledent, vivait au séminaire de la Mission depuis 1665. Il avait cette année-là, quitté la petite habitation qu'il s'était fait construire auprès de l'hôpital, parce qu'il avait éprouvé le besoin d'une vie moins agitée, d'une vie de repos et de recueillement "et qu'après avoir entrepris tant d'œuvres pour le bien de son pays, il ne pensait plus qu'à se préparer à la mort 2. Dans cet établissement de la Mission, qu'il regardait comme son chef-d'œuvre, cet humble prêtre refusa a d'y prendre jamais la moindre ombre d'autorité et d'accepter le titre de fondateur ; il voulut y être traité comme un étranger et habiter une chambre modeste, de la fenêtre de laquelle on pouvait apercevoir à l'heure de la récréation, la foule des^minaristes avec leurs maîtres. Là, il pratiquait tous les exercices communs aux missionnaires et aux ordinands, durant un certain temps. Là, il vivait à la table commune, avec simplicité et régularité, édiikmt beaucoup les ordinands par la pratique de toutes les vertus sacerdotales, et ne se distinguant d'eux que par une plus grande ferveur et une plus profonde humilité. De là, il Communiquait librement avec les pauvres malades de l'hôpital qu'il regardait comme ses propres enfants. Il allait régulièrement, chaque jour, célébrer la messe en leur présence, dans l'église Saint-Alexis ; puis il visitait les pauvres chacun en particulier, les consolait, leur apprenait à sanctifier leurs peines et leurs souffrances, et veillait à ce qu'ils fussent instruits, et que l'on pourvût à leurs divers besoins ». Cette pratique quotidienne de la charité fut le grand aliment de sa vie sacerdotale.

Martial de Maledent s'était dépouillé de tous ses biens, soit, selon Laforest, d'une somme approximative de 400000 livres, équivalant à plus d'un million et demi de francs, en faveur des bonnes

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