‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 251 sur 480 · Bernard, Les d'Urfé, p · texte numérisé non relu

Bernard, Les d'Urfé, p

3. Les chevau-légers étaient un régiment d'élite érigé par Henri IV en compagnie de la garde du roi : il avait le roi lui-même pour chef et ne paraissait sous les armes que dans les cérémonies d'apparat. Bouillet, DUiiorinuire d'histoire,

4. Dupuy, Oraison fun., p. 6 et Corresp. Tronson, t. II, p. 489.

5. Richelieu avait fait construire en 1629 le Palais-Royal, pour s'y loger avec magnificence. Il Tavait légué avant sa mort à Louis XIII. La chapelle (où avait été baptisé notre prélat) était remarquable par la richesse de ses ornements et de tous les objets du culte. Louis XIV céda ce palais en 1692 au duc d'Orléans. Dulaure, ibid., p. 351,

que la reine aimait plus que toutes les autres. C'était aussi, hélas! au milieu d'un luxe inouï et ruineux, le règne du vice élégant ou du moins des fades galanteries. Le beau monde de cette brillante cour offrait un spectacle peu capable de rassurer pour l'avenir les hommes de bien et de probité morale ^.

Cependant alors qu' et il n'y avait rien de si élevé à quoy Louis d'Urfé ne put aspirer, alors que tout flattait son ambition, tout excitait ses espérances, tout l'animait à se laisser entraîner à ce torrent du grand monde, si impétueux dans cette cour... le comte de Sommerive ne se laissa pas éblouir au vain spectacle du monde étalé à ses yeux dans toute sa pompe ; il comprit que sa figure, pour être plus éclatante à la cour, n'en est pas- moins passagère... » 2. Et comme on serait porté à voir une pieuse exagération dans les expressions trop imagées du panégyriste, la vérité de ses déclarations est confirmée par un autre témoignage non moins éloquent malgré la sécheresse de sa forme. C'est celui queTanstère réformateur de la Trappe rendait sur ce point à son ami, dans une lettre qu'il adressait le 5 octobre 1687, à l'évéque de Limoges, qui lui avait rappelé les souvenirs de leur séjour à la cour de France. « Monseigneur, lui dit Armand de Rancé se reportant à une époque bien antérieure à sa propre conversion, les idées que vous croyez effacées depuis près de quarante ans (c'est-à-dire depuis l'époque de l'entrée à la cour de Louis d'Urfé, 1647) sont encore fort vives et fort présentes ; et je me souviens fort bien d'avoir remarqué en vous dès votre plus tendre jeunesse, une sagesse et une maturité, qui étaient des marques sensibles du doigt de Dieu, et du dessein qu'il avait de vous mettre un jour dans les premiers emplois de son église... » ^

Il est donc avéré, que les fêtes et les plaisirs dn monde et de la cour, du premier moment qu'il les connut, tromi.èrentles espérances du comte de Sommerive. « Gomme il avait un cœur naturellement droit, incapable des profondes dissimulations des courtisans », il chercha bientôt autre chose qui fût moins indigne d'un esprit généreux et d'une âme chrétienne. Tout nous permet de croire qu'avant d'entendre l'appel de Dieu, Louisd'Urfé fréquenta la maison de Saint-Su Ipice, si proche de l'hôtel de la rue des Théatins, et qu'il choisit de bonne heure M. Tronson pour son confesseur et le directeur de sa conscience. On s'explique aisément de cette façon qu'il songea a au milieu de la plus belle et de la pins brillante cour du monde », à quitter ces vanités qu'il méprisait et aussi ces dangers ,qu'il redoutait.

« Cependant, pour l'attacher au monde par des nœuds plus étroits et plus indissolubles », la famille du comte de Sommerive avait ménagé pour lui un mariage avec une héritière extrêmement

1. Gaillardin, llistairo du ri'ijnr de Lnais XIV, t. I, p. 189 et t II, p. 209.

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