Lettre du 22 octobre 1683. Ibid., p
également irréprochable que vous souhaiteriez avoir pour votre modèle. C'est là où, dans la grande désolation de rÉgliae de Dieu, qui vous fait gémir avec sujet, et qui a fait gémir les plus grands saints, vous trouverez assurément de quoi vous consoler avec eux; et vous éprouverez que unus ille Christus pro omnibus tibi sufficiet, € Puisque je suis en train de vous dire tout ce qui me vient en l'esprit, et que vous le voulez bien souffrir, il faut que j'achève de vuider jusqu'au fond du sac. Je ne crois point que l'étude des traités de théologie Vous profitât dans l'état où vous êtes, et votre esprit n'y trouverait pas présentement d'ouverture. Ainsi vous vous donneriez bien de la peine sans aucun fruit. Il vous doit suffire de savoir parler correctement et sûrement des mystères; et s'il y en avait quelqu'un sur lequel vous eussiez besoin de rafraîchir vos idées, et que le livre que M. de Lantages a fait imprimer depuis peu, ne portât point le nom de catéchisme, je vous conseillerois fort de le lire ; car, il me semble que les notions qu'il donne des mystères sont bien nettes, et qu'il les exprime d'une manière bien claire et bien intelligible. Pour les cas de conscience, je ne vous conseille pas d'en lire de fort amples... Quant à l'Ecriture Sainte, on ne saurait trop la lire et la méditer. Vous savez que les saints l'appellent : Sacerdoium cellarium, episcoporum vocatiOj apostolorum gloriay etc.. Ainsi je ne puis vous donner d'autres avis que celui de saint Prosper : illas infatigahiliter lege, ineocplebiliter diligCy efficaciter impie, La lecture de l'histoire ecclésiastique est divertissante, et elle a ses utilités, surtout quand on y remarque ce qui regarde la discipline de l'Église et la conduite que ces grands personnages des premiers siècles de l'Église ont tenue dans l'épiscopat... La vie de saint Charles et les actes de l'Église de Milan me paraissent admirables pour la lecture spirituelle d'un évêque. Car il peut voir là toutes ses fonctions et les occupations essentielles de son ministère dont il doit faire sa principale dévotion. Elles ne sont pas là en abrégé, mais il les peut abréger luimême et examiner devant Dieu celles qu'il peut faire, et qui conviennent au temps et au diocèse où il se trouve ; consulter celles sur lesquelles il aurait quelque doute, et se former ensuite une règle de vie .qu'on observerait inviolablement... t^
La réponse de Louis d'Urféà cette lettre montre avec quels profonds sentiments de respect et de reconnaissance il recevait les avis de M. Tronson, et combien il désirait ardemment de les mettre à profit, pour son avancement dans la perfection. « Vous me faites bien voir, Monsieur, que la vraie charité ne peut souffrir que de l'accroissement, par celle que vous avez eue de faire toute l'attention que je pouvois désirer à mon règlement, et d'y avoir joint une lettre qui doit être placée à la fin de mon Nouveau Testament (pour en mieux conserver lesouvenir). Je l'ai relue plusieurs fois et je l'ai trouvée pleine d'une onction également instructive, forte et insinuante pour moi *... »