‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 275 sur 480 · Correspondance..,., t. I, p · texte numérisé non relu

Correspondance..,., t. I, p

de la première visite pastorale. Le supérieur de Saint-Sulpice, à qui révêque de Limoges soumit la proposition, fit des difficultés. c( Plus on y pense ici, écrit-il à Jean Bourdon, et plus on est convaincu qu'il faut faire tout ce qu'on pourra pour éviter cette charge, sans toutefois choquer Mgr de Limoges. Or, pour cela, 1® ne pourrait-on pas faire comme du temps de son prédécesseur? 2® Si cela ne se peut, ne pourrait-on pas en charger quelqu'un de la Mission, ou quelque autre qui ne serait pas du séminaire ? Car, quand ce serait une personne qui ne serait pas si capable, ne pourrait-on pas y suppléer, en l'obligeant à ne rien faire que par vos avis ? 3« Si, absolument, on ne trouvait personne à qui l'on pût se confier, — ce qui n'est pas croyable, — et que Ton n'en voulût point d'autre que vous, vous pourriez l'accepter, pourvu que, dans les lettres que l'on vous donnerait, on ne vous qualifiât que grand-vicaire substitué, et que ce ne fût que pour le temps de cette visite. Car, c'est tout ce que nous pouvons faire. Et même, comme vous ne devez accepter cette charge, — quoique avec ces conditions, — que dans l'extrémité, vous pourriez représenter, si on vous la propose, que rien ne peut faire plus de tort à un séminaire, que de lui donner un supérieur grand-vicaire, parce que les séminaristes ne le regardent plus ensuite que comme leur juge, n'agissant plus avec lui que par respect humain et par un motif de crainte qui leur serre le cœur, et empêche cette ouverture si utile dans le service de Dieu ^. » L'évêque se rangea à l'avis de M. Tronson ; il fit appel au concours du frère de Jean Bourdon, et à son défaut, à celui d'un simple directeur du séminaire.

Un peu plus tard informé sans doute des premières contradictions que le supérieur du séminaire et ses auxiliaires rencontraient dans leur ministère, M. Tronson prenait la liberté de s'en ouvrir à l'évêque, pour leur maintenir son appui. « Je ne sais, lui écrit-il le 29 mai 1677, si vous êtes content de nos messieurs, mais je sais bien qu'ils sont très satisfaits de vous, et qu'ils s'estiment heureux de travailler sous un tel prélat et de se consommer pour son service. S'ils manquent en quelque chose, je puis bien vous répondre que ce ne sera pas faute de zèle pour soutenir vos intérêts, ni de fidélité à exécuter vos ordres. La bonté que vous leur témoignez ne sera pas exempte des petites croix qui pourront leur venir de la part de ceux qui en seront jaloux ; mais ils n'ont rien à craindre tant que vous les honorerez de votre protection. C'est ce que je leur souhaite pour tout bien, comme étant la chose du monde qui leur peut attirer plus de grâce et de bénédiction 2. »

Les épreuves vinrent en efl'et à Jean Bourdon du côté prévu ; mais nous ignorons de quelle manière les chanoines de la cathédrale lui firent sentir leur jalousie. « Je vois la peine que vous avez ; je prévois même celles que vous craignez. Mais que faire, si la Providence le permet ? Si tout le bien ne se fait pas, vous y pou-

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