Ibid., t. I, p
3. Il avait comme « bon ami » Louis-Antoine de Noailles, évêque de Chinions, le futur archevêque de Paris (en 16^). Ibid,, p. 382.
372 UN SIKC1.E DE VTE PXCT.KSrASTTQUE EN PROVTNGE
sacrifier Et, pour tnoi, je vous le dis sans compliment, je ne suis jamais plus content, que quan(i je sais que vous êtes satisfit >^ K Les frères Bourdon étant encore inala(ies en 1681), Raymond Uaye accompagna de nouveau l'évèque (ie Limoores cette année, (ians sa tournée pastorale et à la missiim de Brive. Bien qiie sa santé tut ébranlée par ce surcroît de travail, le vaillant prêtre, qui avait besoin de prendre du repos pendant ses vacances, les sacrifiait néanmoins volontairement au service du prélat.
louis d'Urt'é estimait tant ce précieux auxiliaire pour sa prudence et pour son zèle, qu'il voulut lui donner au début de lt>8'>, des .( provisions •> ou lettres de vicaire «rénéral. M. Tronson qu il consulta sur ce point lui exposa, après trois semaines de réflexion, les raisons qui IVmpèchaient d'agréer ce projet. « Je craindrais, lui dit-iK qu'en le changeant de poste, on ne lui fît perdre sa vocation qui ma toujours pani n'être que pour les séminaires... » V rapnui de son refus, il invoqua l'exemple de M. Olier, qui eut la pensée de rai)peler à Paris M. de I.antages, à qui révéfpie du Puy voulait donner le gmnd vicariat. Dans sa réponse, le prélat teraoïana à son directeur, que « puisque c'était l'usage dans la Compagnie de ne prendre point de ces sortes d'emploi, il n'avait garde de desirer qu'on en use autrement; qu'il était plus prêt d'entrer dans Tesprit de M. Olier, que de s'arrêter à ses propres vues - ».
Deux ans plus tard 1684), M. de la Garde, conseiller au tribunal de Tulle, ayant légué tous ses biens qui étaient consider-ables environ <^(WUM>0 livres) au séminaire de Limoges, à charge par celiii-ci d'établir et dVntretenir un séminaire dans la ville de Tulle, Gaye de Boi'^redon fut chargé de préparer cet établissement, et de menacer son union à Saint-Sulpice, laiiuelle ne fut réalisée qu en iml M Gave mourut àTiille, le l ."S novembre de cette même année, laissant un un^and vide dans le diocèse, où il exerçait îi la fois, noMob^rant la tradition sulpicienne, les fonctions de vicaire général et de sni)érieur du séminaire, à la satisfaction de l'êvêque et du clergé K
> Fj\f»,mv> de Champflotir f.t l^s antnfs directeura du Stiminaire.
r/évèque de Limoges, Louis d'T>fé, ayant éliibli an séminaire des Ordmands sa résidence habituelle, les prêtres deSaint-Siilpice, directeurs et professeurs de la maison, avaient naturellement avec le prélat des relations assez frpqrientes \ ce qui rendait le choix du personnel difiicile au supérieur de Saint-Suli)ice. a II ne tant son-ver qu a c^ux qui pourront être à son go»ït, écrivait M. Tronson à Je'an Bourdon, et c'est ce qu'il faudra tâcher de découTnr. Je
1 r;ov*v.'</ '")'"/'"'"•'' '/'' -W T.'ows-')/*, t. II. p i'-i3.
•2." th>rl., t. 1, p. :'>H^i. '^^, 3«J0 . ■ . r t-K
^ Ihn'f t ÏF p- ^"-'«^t L. F^'rtmn.i. /iihUoi,h^q>if^ >m//>».'.. t. l. p. %T». ^
lv.vêr,.i^. a l-x...-ption .i un >eul .l'a re:.tair avec ks ordinALï^is. Cor>'i»t".'^ dn*'rt>^ t. I, p. '^"^^
prévois bien qu'il y aura de la peine d'en trouver qui soient parfaits en tout ; mais nous y ferons tout ce qui pourra dépendre de nous *. » De fait, le choix des directeurs du séminaire de Limoges, pris par M. Tronson parmi les prêtres de sa Compagnie les plus distingués en vertu et en science, combla les vœux du saint évêque.
Outre Jean Bourdon et Raymond Gave, il y avait dans la maison desOrdinands, à l'arrivée du prélat, un professeur de mérite, Pierre Masson. Gabriel Bardon parlait de lui en ces termes, après sa visite de mai-juin 1677. « L'emploi de M. Masson est de faire une classe de théologie morale, dont il s'acquitte si bien, qu'on croit dans le pays qu'il serait impossible d'en trouver un autre qui la fît avec le même succès. Il fait observer le règlement et s'y rend lui-même très ponctuel. Il fait la répétition d'oraison, des entretiens aux ordinands et partage avec M. Gaye lesexamens des approbations (des confesseurs). Depuis deux ans, il a l'administration des revenus de la maison, en qualité de syndic ; il prend encore soin de lever la taxe sur le clergé; c'est un esprit à trouver sa paix en toutes choses. » Pierre Masson fut appelé en 1680, après l'ordination de la Trinité, au séminaire de Saint-Su Ipice, où il s'acquitta de l'emploi de directeur de la communauté à la satisfaction universelle 2.
L'évêque de Limoges n'avait consenti au départ de Pierre Masson que moyennant son remplacement par l'un de ses amis intimes, Etienne de Ghampflour^, dont il avait sollicité l'envoi dans son séminaire depuis sa promotion épiscopale. Dès son arrivée à Limoges, le prélat qui l'avait beaucoup connu et apprécié davantage lui donna ostensiblement des marques particulières de son estime et de sa confiance, a Leurs âmes, dit le chanoine d'Arger *, comme celles de Jonathas et de David, étaient si intimement unies, que la seule mort a pu rompre des nœuds formés d'abord par un goût réciproque d'estime et de confiance, mais serrés et fortifiés depuis par les mêmes rapports de sagesse et de vertu, et par des traits de mérite tout semblables. »