Ibid., 1. 1, p
2. l\ mourut au séminaire le 12 mai 1684. Entre autres ecclésiastiques qui furent placés sous sa direction, on remarque en juin 1683, l'abbé de Polignac, prévôt du Puy et depuis cardinal et célèbre diplomate. M. Gaignet, Notes de M. Gosselin.
3. Il naquit à Clermont-Ferrand le 19 mai 1646, d'une famille de robe des plus anciennes et des plus considérées de la province d'Auvergne. Son père, Jean de Champflour, était conseiller à la cour des Aides. De son mariage avec Marie Fayet, il laissa seize enfants. L'aîné, Géraud, fut doyen de la cathédrale de Clermont dès 1659. Lui et ses frères faisaient Tadmiration de la ville par leur manière de vivre. Après ses premières études chez les Jésuites de Clermônt, Etienne fut admis à Saint-Sulpice le 8 octobre 1664, à l'âge de dix-huit ans. 11 entra dans la Compagnie de Saint-Sulpice en 1672 après avoir pris ses grades en Sorbonne. M. Tronson, sous la direction duquel il s'était mis en 166i, le chérissait beaucoup. Par suite de l'alliance d'une sœur aînée de sa mère à un de Ribeyre, Etienne se trouvait être oncle à la mode de Bretagne du marquis de Langeac, neveu de Louis d'Urfé. L. Bertrand, Bibliothèque Suîpic,, t. III, p. 92.
4. Il fut le panégyriste d'Etienne de Champflour, mort évoque de la Rochelle (1726).
A Limoges, dit son historien, Etienne de Champflour s'acquit bientôt la réputation d'un grand homme de bien. Ses succès furent pareils à ceux qu'il avait eus àlssy, comme directeur de la Solitude et à Paris, comme professeur, car, il y porta les mêmes talents et les mêmes vertus. Chargé d'enseigner les cas de conscience, il fit quelques modifications aux cahiers de son prédécesseur, sans en avoir préalablement obtenu l'autorisation du supérieur de Saint- Sulpice. Celui-ci, à qui on avait dénoncé ses écrits en demanda la communication et ne trouva rien à y reprendre. Quelques années après, M. Tronson conseillait même aux directeurs du séminaire d'Autun (k d'enseigner les cahiers que Ton donneà Limoges et dont on voit les fruits considérables ». Dans une lettre écrite six ans auparavant (le9 janvier 1682), M. Tronson lui témoignait la grande consolation qu'il éprouvait à voir la bénédiction donnée par Dieu à ses travaux, et l'assurait qu'il pouvait espérer recevoir des grâces plus grandes encore, lorsqu'il serait « appelé à de plus grands emplois ». Cette sorte de prédiction ne tarda pas à se vérifier.
Déjà en 1679, son oncle François de Champflour, abbé du chapitre cathédral de Clermont, ayant résigné son bénéfice, les chanoines avaient d'un commun accord, élu à sa place Etienne de Champflour. Mais celui-ci par un acte daté du 2 août de cette même année, avait déclaré ne pas vouloir accepter cette nomination. Son oncle mourut au commencement de Tannée 1682, après avoir de nouveau résigné sa dignité en faveur de son neveu. Quelques jours plus tard, l'évêque de Clermont étant aussi décédé, il arriva qu'un ecclésiastique de qualité se fit pourvoir en régale de l'abbaye de la cathédrale et en prit personnellement possession. Etienne de Champflour, sur le conseil de M. Tronson et les instances des chanoines de Clermont, disputa au prétendu régaliste le bénéfice qu'il avait accepté avec tant de peine. L'affaire traîna jusqu'au mois de juillet 1686. A cette date, un arrêt de la Grand'Chambre débouta le régaliste de ses prétentions et maintint Etienne de Champflour dans tous ses droits, par rapport au bénéfice dont il ne tarda pas à prendre possession réelle et personnelle. Pour faciliter au nouvel abbé l'accomplissement des devoirs de sa charge, aux vacances de 1686, M. Tronson le transféra du séminaire de Limoges à celui de Clermont, où on lui assigna la seconde place. L'évêque de Limoges, sur la demande du doyen de Clermont, frère d'Etienne, se prêta malgré la douleur très vive de la séparation, à la perte de son ami et lui facilita même son départ, en lui offrant son équipage (juillet 1686) K
1. Etienne de Champflour établit sa résidence au séminaire qui était alors gouverné par Gabriel Bardon. U cumula ses fonctions de directeur et de professeur avec celles d'abbé et de chanoine de la cathédrale. H fut élu viccure capitulaire pendant la vacance du siège, puis vicaire général de Mgr de Sarron et gouverna sous ce titre pendant seize ans le diocèse de Clermont. Le 31 décembre 1702, il fut nommé à l'évêché de la Rochelle qu'il illustra par ses vertus et par son zèle contre le jansénisme. En apprenant la mort de ce prélat, fin novembre 1724, le régent dit à ceux qui l'entouraient : « La France vient de
Plusieurs autres prêtres de Saint-Sulpice, qui n'eurent pas avec notre prélat des relations dont le souvenir nous soit parvenu, passèrent sous son épiscopat un temps plus ou moins long au séminaire de Limoges. Parmi eux, deux docteurs de Sorbonne, d'un réel mérite, Barthélémy de Maguelonne et Rigobert Marlot, rendirent à leur diocèse d'adoption de remarquables services. Le premier originaire du diocèse de Narbonne, arriva de Paris à Limoges en 1679, et enseigna la théologie aux Ordinands jusqu'au jour (21 février 1682) où M. Tronson l'exonéra de cette charge, pour qu'il eût plus de temps à donner à la direction de ses nombreux pénitents. Il avait à veiller non seulement sur un groupe d'ordinands du séminaire, mais encore sur l'éducation d'une soixantaine de jeunes enfants, étudiants du collège de la ville, et aspirants à la tonsure, qui venaient le voir les dimanches et jours de fête, six ou huit ans quelquefois avant leur entrée au séminaire ^.
Rigobert Marlot était pour l'évêque de Limoges un ancien confrère de Saint-Sulpice, ainsi que Etienne de ChampHour. ce Je crois, écrivait au Prélat M. Tronson le i^^ janvier 1682, ne pouvoir vous donner de meilleures étrennes que de vous envoyer M. Marlot. Il a beaucoup d'ouverture, de capacité et de piété. Nous avions bien fait sur lui d'autres projets ; mais je puis vous assurerque c'est de grand cœur que je fais céder toutes mes vues à la demande que vous m'en avez faite. Quand il aura respiré l'air de Limoges, que vous Taurez vu travailler quelque temps, et que vous aurez reconnu son mérite, vous verrez que vous ne vous êtes pas trompé dans votre choix >>. De fait, le nouveau directeur ne tarda pas à convenir à l'évêque, qui en témoigna sa grande satisfaction à M. Tronson : c Je suis ravi, lui répondit celui-ci, que nos docteurs vous contentent 2. ^ Rigobert Marlot devait sous l'épiscopat suivant, jou(3r un rôle encore plus éclatant en qualité de vicaire général de Limoges.
II. Louis d'Urfé et les membres de l'administration diocésaine.
i» Michel Bourdon, premier vicaire général de Louis d'Urfé,
Le premier et le principal des grands vicaires de notre prélat fut Michel Bourdon, frère cadet du supérieur des « Ordinands ». Il
perdre un grand évêque. » L. Bertrand, Bibliothèque Sulpic, t. III, p. 101 et suiv. Correspondance Tronson, t. I, p. 409.
1. Barthélémy de Maguelonne eut avec M. Tronson une correspondance assez fréquente. Leurs lettres avaient pour objet la direction spirituelle et la manière de servir les ordinands. De Maguelonne s'occupa particulièrement de l'édition nouvelle du propre des saints du diocèse de Limoges. Après deux ans de supériorat au séminaire de Tulle, où l'évêque Ancelin l'avait appelé, il revint à la maison de Limoges comme simple directeur et y mourut saintement le 30 mars 1706. Corresjiondance Tronson, t. I, p. 375, 378 et 417,
2. Ibid., t. I, p. 391, 402 et Letoumeau, Séminaire d'Angers, p. 74. Mentionnons encore ici les noms des prêtres zélés de la Compagnie, qui furent appelés successivement du temps de notre prélat à diriger les ordinands de Limoges : Jean Vachier, de Clermont (167r>-1716), Bernard de Maussac, de Limoges (1676- 1683), Laurent de Bouexic, de Quimper (1677-1678) ; Jean-Baptiste Bruyas, de Lyon (1686-1699) et Thomas Bourget, de CouUnces (octobre 1694). Voir à ces noms la Correspondance de M. Tronson, t. L
*r6 ÎN <ih:LE DE VIE ECr:LK>L\STTOrE EN PP.nVTNi^.E
iuu{ijit au linvre en 1027. Son fx^re. marchand rictie et pieux, lui donna une édiu^tion fort cfi détienne et l'envoya aver S4»n frère Jean étudier la philosf>phie et la lliéfjlofiie dans riniversité de Pari:?. lUs y di ht in Jouèrent tous deux par leur science et leur piété: ils se préparèrent aux saints ordres au séminaire de Saint-Sulpice, sons la dire^'tjon de M. (Jlier dont ils furent fort estimé^^. Ils firent aussi plusieurs retraitffs ;a Saint-f.azare, sous la conduite de M. Vincent, avee. qui ds contractèrent une sainte amitié. Ils commencèrent et axîhevèrent ensemble leur li(»ence en Sorbonne avec grand succès et prirent le bonnet <le docteur (lHr>4). De retour dans son diocèse, Michel Bourdon fut pourvu delà cure importante du Havre de Gr.lce. Il y remplit tous les <levoirs d'un bon pasteur pendant dix ou douze ans, et pour mieux desservir son bénéfice, il établit avec lui dans son presl)ytére une conmiunauté de dix à douze prêtres.
Plus tard ( WSH), cîomrne Ji*an Bourdon ne pouvait plus à Limofjçes prendre soin de la maisf)n de la Mission, et qu'il était nécessaire qu'il y eût un supér'ieur particulier, il écrivit à son frère Michel, curé du Ihlvre, pour le prier de venir prendre la direction de cet établissement destiné aux missions et au soula^yement spirituel des pauvres. Le zélé pasteur, dit Grandet, regarda la voix de son frère contme celle de Dieu qui l'appelait, et, quoique sa cure fi^it d'un revenu considérable, qu'il fût aimé dans sa paroisse et qu'il y fit du bien, il quitta tout pour suivre cette vocation et se rendit auprès de son frère sur la lin de Tannée 1668, Agé de quarante-et-un ans. 11 fut donc fait supérieurde la maison des missionnaires, et il eut à ce litre à dirig(»r un assez grand nombre d'excellents ecclésiastiques, tous prêtres d'un grand mérite. Il fut pendant tleux ansTheureux témoin des vertus et des libéralités de Martial de Maledent, et eut A jirommcer lui-même, vers la tin d'octobre 1670, dans l'église de la Mission, l'oraison funèbre de cet insigne bieniaileur de Limoges *. Durant les huit dernières aniïées de Tépiscopat de Franrois de la Fayette, il se montra dans les missions diocésaines son plus actif collaborateur. Aussi quand M. Tronson le désigna an choix de Louis d l'rté potir le grand vicariat, il ne fut sur ce point que l'écho autorisé de Lopin ion unanime de son clergé.
Michel Hounlon mérita bientôt la confiance entière du nouveau prflat qui exprimait à M. Tron.-^on en avril 1678, la pmtonde satisfaction que lui procuraient les services tle son vicaire général -. t> dernier accoui|K*\una Lévèque ilans la visite génénUe de son diocèse ^en 1677 et it>7S^ et il prit des peines infinies, pour rétablir le 1m >n ordre dans Its |mruisse> et maintenir la discipline dans le cler>ié. Il y contracta phi s if ni rs maladies incurables qui Laccomf>a>inèrent jusqu'au tombeau, sans Lt-mpèt^her jamus pourtant de lra\ailier CMn>ta!îi;iient .\u >er\ice de son évr-que **. I^s le in«>is de jHn\ier lf>7\>, Loi:isd l r:V* était obi iv:tSiepr>nidre comme su{»pléanl l un lies dirrvtr'ors de ^-n >éîiiînaire, l^ayriiond Gaye. In an plus
I 'ir^ud -t. L^^i ivk'Kt< /[>'•'■ *''^*. 'i» >f'rw, p. HV
tard les anxiétés de révêqufe de Limeges au sujet de la santé de ses deux meilleurs auxiliaires devinrent plus vives. Il écrivait à leur sujet, à M. Tronson le 12 janvier 1680: « ... Ces jours passés, nous avons été sur le point de perdre mon grand vicaire par une enflure de gorge, où la fièvre s'est jointe avec des redoublements qui l'ont mené jusques au viatique, et ne sait-on encore ce qui en sera. Je suis presque aussi en peine de Monsieur son frère aîné que de lui. Il ne le quitte point, et je le tiens aussi incommodé de la violence qu'il se fait pour dissimuler et cacher sa douleur, que Monsieur son cadet Test de sa maladie. Vous pouvez penser qu'un pauvre pèlerin serait bien empêché à qui deux bourdons (sic) de cette importance viendraient à manquer tout à la fois; et il est certain que quand M. du Havre en reviendrait, je ne crois pas qu'il puisse jamais être en état de rendre service, ni d'agir que de sa chambre en hors. Sur quoi, si vous faites réflexion, peut-être verrez-vous quelque chose à me mander, pour savoir les mesures que je puis prendre pour me pourvoir de quelqu'un qui m'aide à soutenir le faix, et qui agisse ; faute de quoi, plusieurs choses demeurent en souffrance; ma tête se remplit de plus de choses qu'elle n'en peut tenir, et la conscience n'est pas en repos ^... »
Michel Bourdon n'était pas encore rétabli au début de 1682. Dans sa lettre du l^"" janvier, M. Tronson perlait à l'évêque de son désir de lui trouver un remplaçant. « Je souhaiterais pou voir trouver un grand vicaire qui fût à votre goût ; car j'apprends que le vôtre ne saurait plus tout faire, et qu'il faut qu'il succombe si vous ne lui donnez du secours. Mais je ne vois personne de deçà qui soit tel qu'il faudrait, pour remplir tous vos désirs et les nôtres » ^, Dans cette situation, le prélat permit aux frères Bourdon à peine convalescents et toujours accablés d'aflaires d'appeler auprès d'eux une personne de confiance. Ce fut Claude Lemerre, leur neveu du côté maternel, originaire du Havre, âgé de vingt-huit ans, ecclésiastique de mérite 3. H venait de terminer son séminaire à Saint-Sulpice *, était prêtre, bachelier en Sorbonne, quand il entra dans la maison de la Mission le l^"" juin 1682. Pourvu de cet auxiliaire, Michel Bourdon continua dans l'exercice de ses fonctions à déployer un grand zèle et à faire toutes sortes de biens.
Devenu le conseil de tout le clergé du diocèse, il avait à répondre chaque jour à plus de trente lettres qu'on lui adressait de toutes les paroisses. Il prenait aussi une grande part à toutes les bonnes œuvres de son temps ; il travailla notamment à raffermir l'établissement des Filles de la Providence, qui le regardaient comme l'un