Grandet, ibid
4. «f C'est un très bon enfant, écrivait M. Tronson à Tévêque de Limoges le 2 novembre 1680, qui a beaucoup d'esprit et de conduite, et qui sera capable de travailler un jour utilement dans l'Eglise... « Corresp.y t. II, p. 445. M. Tronson avait bien jugé Claude Lemerre : il devint un digne continuateur des œuvres de zèle de ses oncles. Après avoir servi longtemps de secrétaire à Michel Bourdon, il le remplaça après sa mort comme vicaire général.
de leurs fondateurs. Il recommandait souvent aux prêtres de s'occuper plutôt des pauvres que des riches, ces derniers devant, disait-il, trouver plus aisément des secours que les autres. Il envoyait des sommes considérables aux curés des villes et des campagnes, pour qu'ils les distribuent aux plus nécessiteux de leurs paroisses. Michel Bourdon pratiqua en un mot toutes les vertus qu'il enseigna aux ecclésiastiques dans son Pastoral, plus pénétré que ses autres ouvrages d'esprit apostolique. Aux actes et aux paroles en effet, ce prêtre savant joignit de nombreux et utiles écrits, qui eurent tous pour but la restauration ou le maintien de la discipline ecclésiastique *.
Il est juste de mentionner ici, le seul de ses ouvrages qui est resté inconnu du public, parce qu'il n'a pas été publié. C'est le manuscrit n^ieO des archives du séminaire de Limoges, intitulé : Mémoire pour la bonne conduite dCun diocèse 2. Le docte vicaire général a consigné dans cet écrit, sous une forme didactique, les fruits de sa longue expérience. Pour en avoir une idée exacte, nous n'avons qu'à prendre connaissance du résumé que l'auteur luimême donne de son ouvrage en le commençant.
flt I. Dieu, dit-il, ayant établi les évêques avec autorité et pouvoir de gouverner son Eglise, la bonne conduite d'un diocèse dépend du bon et saint usage de ce pouvoir, afin de tenir tout dans l'ordre, et de la vigilance qu'on doit avoir sur tout, afin que tout soit réglé. Leurs soins doivent particulièrement s'étendre sur les personnes qui leur sont confiées, sur les choses, sur les actions : à quoy se réduit tout ce qu'on peut dire sur ce qui regarde la conduite d'un diocèse. Il y a six sortes, de peronnes dont ils doivent avoir un soin tout spécial, en sorte que chacune remplisse bien. son devoir. l^Ils doivent s'appliquer à créer de bons officiers pourvus de toutes les qualités nécessaires à leurs employs, des bons vicaires généraux, officiaux, promoteurs, secrétaires, greffiers, qui contribuent de leurs soins, de leurs conseils et de leur ministère au grand ouvrage de la réforme et de la bonne conduite de tout le diocèse. 2° Ils doivent ordonner des prêtres et des ministres, qui soient dignes des fonctions sacrées, et pour cet effet observer toutes les saintes lois de l'Eglise en leur ordination, afin qu'ils puissent coopérer au bien des âmes. 3" Ils doivent remplir les bénéfices vacants de bons pasteurs et de bons prêtres, qui puissent instruire les peuples, leur administrer les choses saintes, veiller sous leur autorité épiscopale au salut des fidèles et enfin s'acquitter de toutes leurs charges et de toutes leurs obligations. 40 Ils doivent donner des aides à ces pasteurs, comme sont les vicaires, les religieux qu'ils approuvent pour être confesseurs et prédicateurs, et prendre extrêmement garde de n'employer à ces saintes fonctions que des personnes propres et qui aient les qualités nécessaires. ^ Ils doivent gouverner les personnes réli-