Ordonnances synod., p
4. Le nouveau corps d'Ordonnances synodales^ revues, corrigées et confirmées par Louis d'Urfé, parut chez Barbou en 1683, ibid., p. 199.
5. Les évéques de Limoges, aux dix-septième et dix-huitième siècles, n'ont fait publier que cinq recueils de Statuts synodaux , aux dates suivantes, 1619, 1629, 1673, 1683 et 1703. La dernière édition est naturellement la seule complète. Elle est précédée d'un mandement de François de Canisy du 1»«" septembre 1703, du mandement de L. d'Urfé de 1683, et de deux ordonnances épiscopaJes de 1708 et de 1709.
Li»UIS DE L.VSt:AWS D^'KFÉ ;»9
clei^é recevra avec joie et avec soumission ce nouveau recueil et qu' « il sera ravi, dit-il, davoir en abr^ le^ régies principales de sa conduite généralement observées ».
Des livres d'église très importantSs à cause de Tinfluence considérable qu'ils eurent sur le perfectionnement de la réforme religieuse, furent encore publiés dans les synodes de notre prèJat La lecture seule du célèbre Pastoral occupa sans doute largement une partie de chacune de ces assemblées diocésaines ^
5® Les principal4^ publications des sytwdes. Le pi^mier ccttechisme diocésain de Limoges,
Le premier en date des livrer d'église du diocèse de Limoges, dont nous ne pouvons ici qu'effleurer l'étude, est le Catéchisme ou /ii«ti*uction de la Doctrine chrétienne. Sa première édition précéda même de quelques années l'arrivée de notre prélat à Limogea. Ce manxiel d'enseignement religieux, obligatoire pour tout le diocèse, venait de paraître, quand l'ordonnance relative au catéchisme fut publiée au synode du 13 avril 1673 2. Notre prélat ne fît donc que sanctionner sur ce point, les règlements établis |)ar son prédécesseur, et en surveiller avec zèle l'application rigoureuse ^, Son premier vicaire
i. Sifliulnww ici une remarquable ordonnance « touchant le privilège du Tor ecclésiastique » qui fut lue au synode du jeudi 3 mai 1683. Tout ecclésiêstiquo du diocèse de Limoges, qui pour une caust' purement spirituelle et du n^ssort des officialités, comparaissait devant les tribunaux séculiers, à moins qu'il ne demandât son renvoi devant le juge d'Eglise, encourrut dès lors par co seul fait la peine d'excommunication. L'évoque donnait en outre l'avis pratique, à tous les ecclésiastiques de son diocèse, de n'engager aucune affaire litigieuse, sans avoir pris conseil du promoteur général de Limoges ou du syndic du clergé. Oi'donnances st/nod., p. 207 et suiv.
L'évéque, principal représentant du rtii dans son diocèse, avait la charge do donner connaissance à son clergé, dans les synodes, des lettres royales concernant les prières publiques. Notre prélat publia À ce titre, au synode du jeudi 25 octobre 1691, un mandement à l'effet « de faire prier IHeu pour le repos des âmes des officiers, soldats et matelots qui décè<ieront au service du roi pendant cette guerre. Désirant, ajoute l'évéque, ri'pondre de tout ni:lre pouvoir à des intentions si saintes (marquées par la lettre de Sa Majesté, du 13 mars prétu^dent) nous avons, suivant son désir, ordonné et ordonnons A tous les prêtres séculiers et réguliers, qui célèbrent dans notre diocèse, de dire une messe un des jours de la premier semaine de TAvent, pour le repos des officiers... qui auront été tués ou seront décèdes au service du roi, la campagne précédente, et ce tant que la gueiTe durera. Mandons à tous abb<''8, doyens, prieurs, arcliiprétres, curés... de faire exhorter les fidèles qui leur seront soumis, aux prônes et aux prédications du premier dimanche de l'Avent, de joindre â ce sujet leurs prières particulières aux suffrages publics de l'Eglise. Ce qu'ils auront soin de renouveler chaque année à pareil jour, en publiant derechef notre ordonnance. » Archïvps natitm., L. 734, n. 3. Notes mss. du P. Léonard.
•i. Ordonnances synod., p. 167. Voir le texte plus loin, Chapitro do Vt*n9fi{ffn*'ment du catèvhisnip.
3. L'abbé Hézard, auteur de l Histoire du caW'vhhme (Paris, Hetaux, 10W»), mentionne à la p. 367, l'intitulé de la seconde édition du catéchisme diocésain de Limoges, sous le titre d'Instruction de tn Doctrine chrétienne^ dressée par Tordre de Mgr Vlttuslriss. et Révérend. ÎAnûs de Lascaris d'fJrfé^ pour être seule enseignée dans son diocèse, Limoges, chez Barbou, 1680. Nous ignorons dans quelle bibliothèque l'auteur a pu consulter cet exemplaire. Le plus ancien connu À Limoges, propriété de M. Ducourtieux, libraire, est de 1709.
4Û0 UN SiiCLE DK ▼!£ ECCLÉSUSTIQ CE KSf PROVINCE
général y était dTaillears iatéreasé. Dans le « mandatnm » préâbce (lu Rituel (le 1678, Tévèque de Limoges rappelle que son prédécesseur avait confié la prép€U^tioo et la correction de cet ouvrage et de plusieurs autres^ tels que bréviaires, missels, catéchismes^ etc.. à une commissioa de plusieurs ecclésiastiques érudits de son diocèse, et qu'il avait lui-même, au début de son épiscopat^ chargé le plus docte de ces émdits du soin de le terminer *. Or ce dernier. Fauteur principal de tous ces livres, auxquels avaient probablement collaboré les liocteurs de Sorbonne du séminaire de» Ordinands, n était autre que Michel Bourdon, supérieur de la maison de la Mission K Son catéchisme, publié en 1673 au plus tard, pour être seul enseigné, par ordre de l évéque, dans le diocèse de Limoges^ fut Vœavve des premières années de son Èécond ministère.
A en juger par le contenu de l'édition de J709, ce petit livre était divisé en quatre parties^ a à Timitation du catéchisme composé par ordre du concile de Trente ». La première avait pour titre : des mystères de la foi ; la seconde, des commandements de Dieu et de l'Eglise ; la troisième, des sacrements, et la quatrième* de la prière. Ces quatre parties renfermaient cinquante-sept lei:oos. De plus, elles étaient précédées d'un chapitre d'introductirm sur l'importance du catéchisme et sur la manière de le bien entendre ; et suivies de l'Exercice du chrétien ou formules de prière en huit lerons et d'un abrégé en cinq leçons, à l'usage des jeunes enÊants. Le manuel de 1709, plus complet sans doute que «relui de la pre* miére édition, comprend, en outre un catéchisme liturgique su ries fêtes de l'année en vingt-et-une leçons, qui devait servir surtout aux prêtres des paroisses pour l'instruction des fidèles, et d'un Catéchisme de la Confirmation en cinq levons, pour la préparation des adultes à la réception de ce sacrement ^.
c Le Catéchisme du diocèse de Limoges, est-il dit «lans l'Avertissement de l'édition de 1786, a toujours été regardé, comme un dps meilleurs que l'on connaisse ; toute la doctrine chrétienne nécessaire aux personnes qui ont besoin des premiers éléments des vérités du salut, y est contenue et traitée avec toute la clarté et précision que l'on puisse désirer ♦. » C'était, dans le fond, < onmo* deste chef-d'œuvre de philosophie usuelle ^ » conçu et rédigé par son auteur selon le genre d'un manuel d'école, fîMnilier de ton, naturel, pieux, pratique et entendu de tout le monde. Tout nous permet de croire qu'en le composant, Michel Bourdon dut s'inspirer des catéchismes de Bourdoise et de Claude Joly, évêque dWgen,
!. Voir leBituel de !«78.
^ J. Grandet. L**s anint.^ pn^tft*^ [mn-^ttiH. Edition de M. Letourneaa. 3« série, p. i!8. La t'if fff*s )tfiirifs firrfrf»s fli* Ltnffnf**fi. par (irandet a été écrite vers ITIôv d'après un mémolrf"^ envoyé par M. (>hal»jpin. directeur à cette époque au sémrnaire de Lîmovies. Voir la note, ihtd ., t. I, p. H±.
3 Voir plus loin la référé n»'e du Catéchisme df» 17*J9.
\. Voira la Bibliothe«{iie nationale le Catéfhisrae de Mgr d*Ar«^eutré.
5. Paroles du poaitivi.^te Au^^uate Comte sur le» catéchismes.
LOUIS DE LASCARIS D^UR^É 40l
qui étaient alors en France les plus en vogue, ainsi que des troisdes principales méthodes, que ce manuel devait remplacer, et dont on s'était servi depuis un siècle dans le diocèse de Limoges ^. Quoi qu'il en soit des sources excellentes de ce petit livre, sa diffusion rapide dans le diocèse de Limoges, ordonnée et encouragée par notre prélat et ses successeurs, contribua énormément à faire pénétrer l'enseignement religieux dans les couches profondes du peuple. On est donc en droit de considérer la publication du premier catéchisme de 1673, comme l'un des signes les plus manifestes de l'accomplissement de la réforme catholique en Limousin, au dixseptième siècle.
Le Rituel et le Propre des Saints du diocèse.
La composition du Rituel publié en 1678, fut encore l'œuvre de Michel Bourdon, d'après le témoignage autorisé de Grandet, (c L'auteur a rédigé ce livre, disait l'évêque dans la préface, selon la méthode « ad normam », l'esprit et la lettre même du Rituel romain, conformément à la sage prescription du concile provincial de Bourges. Plusieurs règles liturgiques sont tirées du Sacramentàire de saint-Charles. Les rites anciens et légitimes de l'Eglise gallicane et du diocèse de Limoges y sont maintenus pieusement et respectés. Un commentaire abondant de toutes ces règles sera exposé avec soin dans le Pastoral de Limoges qui est en préparation 2. » Notre prélat ne fit imprimer son Rituel, qu'après l'avoir soumis au jugement de M. Tronson, qui indiqua certaines corrections dans une lettre qu'il adressa à M. Bourdon le 5 décembre 1677 3. Nous n'avons à remarquer dans ce livre d'église, semblable à tous les autres sur bien des points, que la recommandation instante que l'évêque fait aux curés dans le chapitre de l'Eucharistie de donner au temps de Pâques un certain éclat à la première communion des enfants. C'était là évidemment une innovation importante introduite par notre prélat dans les pratiques du culte. Des
1. Une première édition du catéchisme catholique du P. Canisius avait paru à Limoges en 1584, avec un double texte latin et français, correspondant i'un à l'autre ; elle était revêtue de l'approbation de Jean de Puyziilon, doyen du chapitre et vicaire général de Limoges. Abbé Hézard, ibUL, p. 367. Le catéchisme de César de Bus, petit livre en langue vulgaire, qui contenait un abrégé de la doctrine chrétienne mise à la portée des enfants et que son auteur avait composé selon l'esprit de saint Charles, se trouvait aussi répandu en Limousin avant 1673, dans les collèges des Doctrinaires et dans les écoles et pensionnats des Ursulines, ibid., p. 167. Enfin le collège de Limoges se servait depuis le commencement du sièrle d'un catéchisme rédigé par le P. Fr. Solier, premier recteur de la maison. M. Leroux, Histnin* (h* in Rrfonnr, p. 123. Le nombre des méthodes en usage dans les petites écoles était considérable. Une telle diversité de manuels entraînait de graves inconvénients auxquels mit fin l'adoption d'un catéchisme unique et obligatoire dans tout le diocèse de Limoges.
2. lUtuale seu mannale LctuovicensCy auctoritate 111. ac Rev. DD. Ludovic! d'Urfé. Ep. Lemov. éditum Lemovicis, apud Mart. Barbou, 1678.
3. M. Tronson remerciait, le 30 avril 1678, l'évêque de Limoges de l'envoi promis du Rituel, auquel il devait faire une bonne place parmi les autres que lu séminaire possédait. Correspondance^ 1. 1, p. 373.
40i rx SIËCXE DE VIE ECCXÉ8IASTIQCE EN mOVDCCE
règlements très précis du Ritael concernent la préparation des enfants à la confirmation et ce que les curés devaient observer avant, pendant et après les visites épiscopales ^
Le Propre des Saints du Bréviaire de Limoges, édité en 1683 de ecnnenifu eapUuliy fut Tœuvre spéciale d'an directeur dn séminaire des OrdinandSy Barthélémy de Maguelonne, comme nous rapprend une lettre de M. Tronson du âS novembre 1683 ^. t L'auteur a inséré dans ce livre, disait Tévêque dans un court mandement du 23 octobre précédent qui lui servit de préface, plusieurs notices ou légendes nouvelles de saints évéques non limousins qui étaient honorés depuis longtemps dans l'Eglise gallicane, tels que Saint- Germain d'Auxerre et Saint-Sulpice ^. » Dans la composition de ce nouveau Propre, le docteur de Sorbonne fit comme ses prédécesseurs ; il retrancha, corrigea, ajouta, mais il laissa dans son ouvrage de nombreuses lacunes, qui nécessitèrent dans le siècle suivant deux autres éditions pareillement fautives au point de vue de la critique historique K
Le Pastoral de Limoges,
Ce fut sur les instances de notre prélat que Michel Bourdon travailla durant plusieurs années à la composition du Pastoral de Limoges, le meilleur de ses ouvrages. Le premier volume parut en 1689 et eut un tel succès qu'on dut le réimprimer l'année suivante ^. Dans la lettre pastorale du 12 février 1689, qui tint lieu d'introduction à ce livre, l'évéque Louis d'Urfé le présentait en ces termes au clergé de son diocèse : « La charité de Jésus-Christ, qui nous oblige à nous appliquer incessamment à la sanctification de notre troupeau, nous porte aussi à rechercher et à embrasser les moyens les plus convenables pour parvenir à cette fin... C'est pourquoi, depuis le commencement de notre épiscopat, nous avons tâché de nous appliquer à ce que nous avons cru pouvoir être le plus utile au dessein de votre instruction... A cet effet nous avons jugé à propos de faire travaillera un Pastoral, qui serait un livre oîi l'on ferait voir la nécessité de se soumettre aux règlements (indiqués dans l'édition nouvelle du Rituel et dans le corps des statuts synodaux de ce diocèse). Nous vous exhortons de le lire assidûment... Vous y verrez en abrégé les obligations les plus essentielles de vostre saint estât, ce que vous devez à Dieu, au prochain et à
1. A noter ici encore la cérémonie des fiançailles à réglise, aussi solennelle que celle du mariage.