Préface du second volume
3. Rappelons ici la perte fâcheuse de la correspondance de M. Tronson aveo révêque et le séminaire de Limoges d*août 1689 à 1700.
la méthode de prêcher et de faire des catéchismes. Le Pastoral de Limoges, ajoute-t-il, peut après celui de saint Grégoire passer pour un chef d'oeuvre * ». Le succès de cet ouvrage, comme l'avait prédit M. Tronson, alla en croissant. Ce Pastoral, dont les prêtres de Saint- Sulpice ne cessèrent de recommander la lecture, fut accueilli par tout le clergé français avec un grand intérêt : il se répandit même à rétranger dans les diocèses les plus éloignés, contribuant ainsi, avant la Révolution, à la sanctification et à l'instruction d'un grand nombre de prêtres 2. Un témoignage des plus flatteurs fut rendu à cette œuvre par Clément XIV. Ce pape ayant entendu parler du Pastoral de Limoges avec beaucoup d'estime, en fit demander un exemplaire à l'évêque, Louis d'Argentré, qui s'empressa de le lui envoyer richement relié 3.
40 Les retraites et les conférences ecclésiastiques.
Notre zélé prélat, persuadé que le dérèglement des prêtres venait particulièrement de deux sources : de la dissipation et de l'oisiveté, leur inspira dans ses synodes la nécessité des retraites et des conférences ecclésiastiques, pour y remédier. Dieu donna sur le premier point à ses discours toute la bénédiction qu'on en pouvait attendre. La simple proposition qu'il fit des retraites à ses curés leur tint lieu de loi. Sans leur en faire de commandement, il leur annonça dès le début de son épiscopat que les exercices spirituels seraient donnés à ceux qui voudraient les suivre, à l'occasion des deux synodes aunuels, au séminaire des Ordinands et dans la maison de la Mission. Alors il eut la consolation de voir un très grand nombre de curés répondre tous les ans à son appel *. Les prédicateurs ordinaires de ces retraites, les deux frères Bourdon et le vicaire général, Pierre de Sabatier, se rendirent sympathiques au clergé du diocèse, par les entretiens touchants qu'ils lui faisaient avec beaucoup de fruits dans ces réunions^. Durant le cours de l'année, une foule de curés et de vicaires venaient encore faire leur retraite annuelle au séminaire, et l'un des plus grands et des plus solides biens qui se faisaient dans cette maison, dit l'un des témoins de ce temps, était fondé sur cette correspondance qu'il y avait entre le séminaire et presque tout le diocèse 6.