‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 298 sur 480 · Laforest, Lituoffes, p · texte numérisé non relu

Laforest, Lituoffes, p

3. En vertu de cette union, les Pères Jésuites de Limoges, (»urent dit Gilles le Dur, « de belles collations de bénéfices (30) en plusieurs diocèses ». Ils remplirent imparfaitement les conditions des cbarjres imposées par le décret du pape. Mais celles-ci s'élevant au chiffre de 1 490 livres, et leurs revenus nets n'étant plus que de 686 livres, ce qui était insuffisant pour l'entretien des professeurs de théologie, ils réclamèrent à bon droit de nouvelles faveurs, Bulletin de Lim mogesy t. XLVI, p. 378 et Pmiillé historique.

Sur ces entrefaites avait paru un arrêt du Conseil d'Etat, qui déchargeait les collèges du royaume, appartenant à la Compagnie de Jésus, « de toutes taxes et impositions faites sur les fruits et revenus des bénéfices unis à leurs collèges et maisons, pour raison de rétablissement, subsistance et entretênement des séminaires. » 11 était daté de Versailles, 23 mai 1683. La requête des recteurs des dits collèges, qui y est transcrite, porte entr'autres considérants, t que les collèges de la Compagnie ont été et sont encore les seuls, et véritables séminaires des évesques, où les jeunes gens sont appelés et formés à Testât ecclésiastique, et où ceux qui aspirent aux ordres sont instruits en diverses classes, selon le concile de Trente et l'ordonnance de Blois, au latin, à la philosophie et à la théologie scolastique et positive ; et, après avoir fait leurs études, ils y vont souvent faire des retraites, pour se confirmer dans leur vocation et en apprendre les devoirs; en sorte que les évêques n'ont point d'autres lieux, où ils fassent instruire ceux qui sont destinés pour le service de l'église, puisqu'ils ne reçoivent dans leurs séminaires que les ecclésiastiques qui ont fait leurs études et qui sont en estât de recevoir les ordres sacrés. Et chacun sait que dans leurs collèges, ils ont beaucoup plus d'ecclésiastiques de toutes sortes d'estats et conditions qu'il n'y en a dans ces maisons de retraites appelées assez improprement des séminaires, puisqu'elles ne servent qu'à un petit nombre d'ecclésiastiques qui s'y retirent pour peu de temps, en se disposant à recevoir les ordres sacrés ^. »

Les prétentions des Jésuites, telles qu'elles ressortent de ce document et telles qu'ils purent désormais les réaliser dans leur collège de Limoges, visaient évidemment à y faire une sérieuse concurrence à l'enseignement théologique des Jacobins, qui en avaient auparavant le monopole. Au fond, les Jésuites ne prétendaient aucunement rivaliser, comme on a paru le croire, avec les directeurs du séminaire des Ordinands. Ceux-ci en efi*et n'avaient qu'une mission restreinte, qui se bornait à la préparation immédiate aux Ordres, et qui ne durait alors qu'un an ou deux. Les professeurs du collège au contraire s'occupaient, six ou huit ans quelquefois avant leur entrée au séminaire, d'une partie de leurs élèves qui se destinaient au sacerdoce. Pour être reçus dans cette catégorie, les jeunes gens devaient avoir au moins quatorze ans 2, et passer un examen spécial, pour obtenir la permission de porter le petit habit, qu'ils devaient avoir trois mois avant la tonsure. Il y avait chaque année une retraite particulière au séminaire des Ordinands pour tous les jeunes gens qui devaient être tonsurés à l'ordination de la Pentecôte, et on leur faisait deux entretiens par jour. Ils se retiraient chez eux le soir, car, on n'avait pas assez de logis dans le séminaire pour pouvoir les garder. Et après, on les assemblait tous les mois, pendant l'année, au séminaire, où un

1. M. A Leroux, Archives de la Haute-Vienne, D. n. 265, p. 140.

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