‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 299 sur 480 · Mss, 160, f · texte numérisé non relu

Mss, 160, f

LOUIS DE LASCÂRIS d'uRFÉ 413

de Messieurs les directeurs (c'était alors Barthélémy de Maguelonne) leur faisait un entretien sur les vertus ecclésiastiques. Presque tous venaient aussi aux « Ordinands » les dimanches et les fêtes. Ces jeunes etbons enfants, la plupart externes du collège, pratiquaient une infinité de vertus et formaient un petit troupeau d'élite, dont la bonne conduite était l'exemple et Tédiflcation de cet établissement. Ils étaient en 1695 plus de soixante à Limoges *. D'après l'exposé de ces faits qui se reproduisaient dans la plupart des autres collèges de la Compagnie en France, on s'explique les prétentions des Pères Jésuites revendiquant pour leurs maisons d'enseignement classique le titre de séminaires. Au lieu de chercher à supplanter l'œuvre des Ordinands dont s'occupaient les prêlres de Saint-Su Ipice, ils s^efforçaient au contraire de la soutenir dans ses origines, en se limitant à la préparation éloignée et principalement à l'instruction théologique des jeunes clercs. Les Pères Jésuites eurent soin sans doute de conserver leur influence légitime sur leurs anciens élèves, qui constituèrent toujours une élite dans le clergé du diocèse. Mais nous devons reconnaître que leur coopération à l'œuvre cléricale ne porta jamais préjudice à l'union des esprits dans le clergé. Les chefs du diocèse, les évêques, n'eurent pas lieu de considérer ces religieux comme de fâcheux concurrents des formateurs-nés de leurs prêtres, ainsi que le prédécesseur de notre prélat avait semblé le redouter, en leur refusant l'ouverture des cours de théologie. Ce qui confirme d'ailleurs l'exactitude de nos assertions, c'est la parfaite harmonie qui régna toujours au dix-septième siècle entre les directeurs du séminaire des Ordinands et les Pères du collège 2.

^« L'Oratoire de Limoges et les frères Ruben,

Nous avons à distinguer deux périodes difi*érenles dans les relations de notre prélat avec les Pères de l'Oratoire de Limoges : celle qui précéda et celle qui suivit l'arrivée dans cette ville des frères Ruben d'Ey mou tiers, devenus membres de cette Congrégation. La première période, qui correspond aux premières années de son épiscopat fut marquée par une délicate réserve de sa part, vis-à-vis des Oratoriens de Limoges ; la seconde semble avoir été empreinte de cordialité dans les relations de notre prélat avec des prêtres distingués qui continuaient à rendre sous un autre titreà son diocèse d'éminents services. Avant de partir pour sa ville épiscopale, Louis d'Urfé semble avoir été prévenu du défaut d'orthodoxie d'un membre au moins de l'Oratoire de Limoges 3. Voulant vivre

Page 1