Correspondance de M. Tronson, p
2. Ce fait ressort évidemment de Ja lecture des Chroniques et des Vies de Martial de Maledent et de la mère du Calvaire, que composèrent dans le dernier quart du dix-septième siècle le P. Pomeré, recteur du collège et le P. Jean de Périère, qui manifestent tous deux dans leurs œuvres leur estime et leur admiration sympathique pour les fondateurs du séminaire des Ordinands. Voir plus loin le prosélytisme des Pères Jésuites vers la fin du siècle.
3. On sait en effet que « Jean Fauconnier, né à Limoges en 1630, entré à l'Ora-
néanmoins en bons rapports avec les Pères de cet établissement, notre prélat alla en compagnie de M. Tronson faire une visite d'aimable déférence au Père général de l'Oratoire, et s'entendre avec lui sur les moyens de garder une attitude modérée et conciliante à l'égard de ses prêtres de la maison de Limoges, sur Torthodoxie desquels il n'était pas fixé lui-même, e Vous devez prendre garde, écrivait M. Tronson à Jean Bourdon, le 27 février 1677, si vous parlez des Pères de l'Oratoire, de ne le faire qu'avec beaucoup de modération. J'ai été ce matin avec lui (révêque de Limoges) chez le Père général (Abel de Sainte-Marthe), et voici de quoi nous sommes convenus :
1» Que nous n'attribuerions point à la Congrégation les fautes qui pourraient être faites par les particuliers ; 2» que si quelque particulier s'écartait, on le manderait ici sans en faire éclat ; 3« que nous verrions ici avec le Père général ce que Ton pourrait faire, pour y remédier sans bruit. Il me semble que c'est à ces trois points qu'a abouti toute notre conférence. Or, ce que Monseigneur agréerait fort, ce serait, lorsque quelque Père aurait avancé quelque proposition suspecte, de l'envoyer quérir en particulier ; de lui témoigner qu'on ne veut point l'avoir pour suspect, mais qut", comme la proposition le peut être, l'on est bien aise de savoir dans quel sens on l'entend ; et, s'il y donne un mauvais sens, lui montrer comme ce sens étant de Jansénius, on ne croit pas qu'il le veuille soutenir. Que si, après cela, il le soutient, on aurait ici tout sujet de s'en plaindre, et l'on verrait que ce n'est point paranimosité contre eux, comme plusieurs se le persuadent qui font par là beaucoup de tort, mais par un zèle pour la vérité, que l'on se plaint. Ce qui se passe ici, et que nous voyons tous les jours, me fait extrêmement approuver cette conduite ; et comme on aime extrêmement à la cour, que l'on soit ferme sur ces matières, mais que ce soit sans bruit et sans éclat, on espère que cette modération qui d'une part, ne ferait point tort à la vérité ni à la cause de l'Eglise, serait de l'autre extrêmement appuyée, et servirait à plusieurs personnes qui n'ont nulle créance à ce qu'on leur dit, parce qu'ils nous croient tous étrangement préoccupés. C'est ce que je crois important que vous observassiez sur cet article... * »
Comme l'évêque de Limoges avait approuvé lui-même, déclarait dans cette même lettre M. Tronson, qu'il écrivît ces règles à M. Bourdon, il n'est pas douteux que le prélat ne s'y soit de son côté entièrement confirmé. Tout « zélé sulpicien » qu'il fut, selon l'expression de Batterel 2, Louis d'Urfé fut toujours disposé à témoigner de l'estime et même de l'amour pour une congrégation qui
toire en 1648, ot ordonné prêtre en 1053, publia à Limojfos après la mort du 1*. Le Jeune un Traitfi sur la Grâce en deux volumes in-folio, qui obtint les suffrages d'Antoine Arnauld. Une pareille approbation dut évidemment signaler l'auteur aux censures des docteurs orthodoxes » et à Tatteution du nouvel évêque de Limoges. Laforest, Limogrs, p. 569.