‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 318 sur 480 · Cotrcspondame^ lettre du 29 mai 1677, t. II, p. :i · texte numérisé non relu

Cotrcspondame^ lettre du 29 mai 1677, t. II, p. :i

envoient des missionnaires qui précèdent la visite et qui tiennent toutes choses en état pour la digne administration et réception de ce sacrement. Mais quand ce remède manquerait à un prélat, il peut toujours y pourvoir par ses curés, pour ne point exposer un sacrement si saint à être profané par des enfants à qui la véritable contrition est fort rare et toujours très suspecte ^. » Louis d'Urfé eut la satisfaction de se conformer à la première pratique, car, nous savons qu'il eut à sa disposition « un camp volant de missionnaires », qui lui préparaient le terrain dans chaque paroisse ^.

Le 21 septembre suivant (1678), notre prélat n'avait pas encore terminé sa tournée pastorale : « Je reçois présentement votre lettre du 16 de ce mois et du cours de votre visite, lui écrivait M. Tronson. Vous ne sauriez croire combien cette date me donne de joie, surtout voyant que vos courses n'altèrent point votre santé et que Notre- Seigneur vous soutient dans le travail et bénit votre zèle... » Malheureusement l'ardent évêque abusait cette fois de ses forces qui ne tardèrent pas à lui manquer. Son prudent directeur en avait le pressentiment, car, avant d'en apprendre la nouvelle, il lui disait à la fin de cette même lettre : « Si dans les affaires et le travail, vous pouviez trouver le secret de ne vous y point abandonner au delà de vos forces, et de ce que demande votre santé que vous devez conserver, vous feriez une chose qui certainement serait • bien agréable à Dieu, et qui donnerait bien de la joie à vos amis. Car il ne se peut qu'ils ne souffrent de voir qu« vous allez succomber en peu d'années sous le travail et qu'il est impossible que vous y résistiez longtemps, en vous ménageant aussi peu que vous faites... »

A notre prélat qui se défendit bien à tort des craintes de cet épanchement, M. Tronson répondit le 22 octobre de la même année : ce Le moyen qu'une santé qui m'est aussi chère que la vôtre et qui ne peut que s'altérer notablement dans un si grand travail, ne me touche sensiblement et ne me fasse craindre ! Ce n'est pas que je ne voie très bien la difficulté que peut avoir un bon père, quand il voit un si grand nombre de ses enfants dans de si grands besoins. Mais si cette foule de peuple qui court à vous de toutes parts dans vos visites ne vous permet pas de vous ménager dans le travail, au moins serait-il important, pour être en état de leur rendre plus de service, de ne rien retrancher des heures du repas et du repos de la nuit. C'est là le sentiment de tous vos amis, que je prends la liberté de vous mander. Je ne doute point que votre seconde visite (ou tournée générale) ne vous donne plus de facilité, et que les campagnes défrichées ne vous y fassent trouver bien des sujets de consolation, en y voyant le fruit de vos travaux... 3 »

Les pressentiments de M. Tronson faillirent se réaliser. A la lin

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