Correspondance, t. Il, p. 418 et suiv
de ce même mois d'octobre, il écrivait à Noël Drouet, secrétaire de révoque : « Vous m'obligerez de témoigner à Mgr de Limoges que nous ne cesserons point de bien prier et de faire prier Notre-Seigneur pour sa santé ; et il ne doutera pas que sa maladie ne nous soit très sensible » *. Lelc»" novembre, le prélat était en très grand danger et avait reçu le saint viatique. « C'est, écrivait M. Tronson, le 6 novembre à son cousin, Guy de Sève de Rochechouart, évêque d'Arras, le fruit du travail excessif que Mgr de Limoges a pris dans ses visites, où il n'a jamais pu se modérer, quelques avis qu'on lui en ait donnés 2. d L'ardent prélat, se remit heureusement de son mal. Le 9 décembre, l'affectueux directeur écrivait à son disciple ces mots touchants : « Le moyen d'apprendre que vous revenez des portes de la mort et de ne vous en témoigner pas ma joie ! Vous connaîtrez assez combien elle est sensible, si vous pensez à ce que je vous suis » 3.
Néanmoins « l'ardeur qui poussait Louis d'Urfé à remplir tous les devoirs d'un bon pasteur était si grande, que M. Tronson le priait, dans une lettre du 21 janvier 1679, de la contenir dans de justes bornes, afln que vous ne tombiez pas, lui dit-il, dans les excès qui ont causé votre dernière maladie » *. L'évêque de Limoges était en cours de visite pastorale, quand le supérieur de Saint- Sulpice lui faisait les mêmes recommandations sur un ton plus pressant, le 15 juin 1680 : « Il faut que je vous dise que Ton trouvera peu de personnes, à mon avis, qui veuillent essuyer le travail de vos visites (le prélat recherchait alors un second vicaire général), et encore moins qui les puisse porter, si vous les continuez de la même force. Vous y allez avec une ferveur qui vous dévore, et qiii consume vos ouvriers ^. Pour moi, je souhaiterais un peu plus de règle et de modération. Peut-être que je ne fais ce souhait que parce que je n'ai pas assez de zèle; mais je vous Texpose pour le soumettre à votre censure. Tout ce que je vous demande est que vous ne prononciez qu'après avoir examiné devant Dieu, le fruit que vous retirez de ce qu'il y a de trop fatigant dans vos courses. Voyez si cela vous rend plus saint, etc.. Pour ce qui est de votre santé, il est impossible qu'elle n'en souffre notablement, non plus que celle des personnes qui vous suivent. Et quant aux peuples, je crois qu'ils n'en seront pas moins saints, quand vous