‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 320 sur 480 · Ibid,, t. II, p · texte numérisé non relu

Ibid,, t. II, p

5. « Il me semble, s'écrie avec enthousiasme l'un de ses panégyristes, que j'aie encore le bonheur de le voir agir avec celle ardeur qui faisait transpirer tout son corps, quand il confirmait les peuples ! Vous avez pu le voir comme nous et ses aumôniers ont dit avoir vu son rochet et son camail percés de sueur jusqu'à trois fois dans une après-dîner. Tandis que ceux qui l'assistaient étaient obligés de se relever alternativement, lui seul était infatigable ; souvent à jeun jusqu'à deux heures après midi, disant alors à ceux qui s'empressaient à lui remontrer que celte rude abstinence nuisait à sa santé, ce que le Sauveur répondit à ses disciples dans un semblable empressement : « J'ai une viande à manger que vous ne connaissez pas ». Dupuy, Oraison /'uw., p, 21.

VOUS donneriez un peu plus de repos »... * Le saint évêque ne condamna pas ce souhait, mais il résolut hardiment de se dépenser sans compter au service du divin Pasteur. Les années qui suivirent en effet, il redoubla de zèle dans ses missions.

Admirables furent les résultats de ses visites pastorales, si Ton en croit le témoignage enthousiaste d'un de ses panégyristes, ce Suivons-le, Messieurs, dans le cours de ses premières visites; entrons avec lui dans ces pauvres églises de la campagne, où Tor le plus pur semblait obscurci. Ecoutons-le se plaindre sur ces tristes demeures de son divin Maître. Il cherchait en y entrant ce Vétoile qui indiquait la présence de Jésus-Christ » ; car, c'est ainsi qu'il appelait la lampe qui est allumée devant le Saint-Sacrement. Mais dans la plupart (la remarque de l'orateur semble ici un peu exagérée), il n'en trouvait point qui put lui marquer la demeure de ce Dieu caché. « Quoi I disait-il alors, le Dieu des « villages est-il moins grand que le Dieu des villes ! Les toiles « d'araignée sont-elles ici l'ornement de son tabernacle ! Peut-on (( bien, sur ces autels couverts de poudre, sur ces corporaux crasdc seux, et dans de vieux calices d'étain capables de faire bondir « le cœur, consacrer la chair et le sang du Fils de Marie ! » Son zèle entrait alors dans une indignation semblable à celle de son divin Maître...

Telle était à peu près sa conduite ; ici, il interdisait des chapelles ou des églises à demi-ruinées et des autels dépouillés ; là,ilrenversait des tabernacles pourris ou entr'ouverts ; en un autre endroit, il brisait des images mutilées, des vases indécents, et des ornements déchirés ; et partout il donnait des ordres, pour réparer tant de brèches. Enfin il a tant fait, ce prélat si zélé, par ses soins et ses fréquentes exhortations, que Dieu a béni ses travaux, et qu'on voit à présent dans les églises de la campagne, aussi bien qu'en celles des villes de ce diocèse, des vases d'or et d'argent, des tabernacles dorés, des rétables magnifiques, des ornements propres et même précieux ; et, ce qui est encore plus louable, des ecclésiastiques zélés qui font consister leur gloire à voir si le pavé de leur église est bien net, si les parvis sont en bon état, si tout enfin respire la décence dans la maison du Seigneur » 2.

IL Les prédications et les missions de Louis d'ITrfé.

Notre prélat avait reçu au séminaire de Saint-Sulpice et en Sorbonne une forte éducation théologique, qui lui permit de se montrer vraiment un prince de la parole dans son diocèse. Après seize ans d'études cléricales, fortifiées « par les connaissances infuses qu'il reçutdans l'oraison, ses lèvres étant devenues les dépositaires de cette doctrine de vérité dont Dieu l'avait rempli, elles n'avaient qu'à s'ouvrir, et sans autre préparation, il n'avait qu'à

4, Coi*respotidance, t. II, p. 443.

Page 1