‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 321 sur 480 · Dupuy de Saint-Pardoux, Oraison funèbre, p. 35 et suiv · texte numérisé non relu

Dupuy de Saint-Pardoux, Oraison funèbre, p. 35 et suiv

438 UN SîfeCLE DE VIE ECCLESIASTIQUE EX PROVINCE

parler de Fabondance de son cœur, pour instruire ses peuples » *.

Dès le début de son épiscopat, Louis d'Urfé était vivement pénétré des recommandations que le concile de Trente fait en termes énergiques aux premiers pasteurs des diocèses, sur le devoir de la prédication. Il ne comprenait pas que des évéques aient pu en France, dans le siècle précédent, négliger une obligation aussi essentielle. ïl avait toujours dans sa mémoire ces terribles paroles que Dieu adresse à tous les pasteurs par la bouche d'un prophète: « Malheur aux pasteurs d'Israël qui se paissent eux-mêmes et ne paissent pas leurs troupeaux, qui en mangent le lait et qui se couvrent de leur laine, et qui cependant ne travaillent f)oint à fortifier celles de mes brebis qui sont faibles, ni à panser et à guérir celles qui sont malades, ni à fermer les plaies de celles qui S4>nt blessées ; ni à relever celles qui sfmt tombées, ni à chercher celles qui sont égarées, et qui se contentent de les dominer avec une rigueur sévère et pleine d'empire. » II aurait « souhaité, comme une bonne mère, dit le même panégyriste, de pouvoir nourrir |)ar luimême tous ses enfants de la parole de vie, dont son âme était remplie. Mais ne pouvant suffire à un si grand travail, il en prenait la meilleure partie par le grand nombre de sermons et d'exhortations qu'il faisait dans le cours de l'année... La parole de Dieu dans la bouche de notre prélat-apôtre, était comme une source d'eau vive, qui ne cessait de couler dans le champ de son Eglise \ tantôt par des instructions familières, tantôt par des conférences ou par des conversations pleines de piété, tantôt par des sermons plus préparés, où Ton n'admirait pas moins la force de son éloquence, que l'ardeur de son zèle » ^.

Les sages conseils de son directeur le modérèrent souvent fort à propos dans l'exercice de cette fonction qui lui était des plus agréables. A l'occasion du panégyrique de saint Charles, que l'évêque de Limoges fut empêché par son état de santé de prêcher dans la maison de la Mission, M. Tronsonlui parlait dans une lettre du 13 novembre 1677, de cette grande démangeaison de parler en public, qui lui aurait donné un succès plus favorable, et qu'il croyait pour le prélat très dangereuse. « Peut-être Dieu, lui ditil, a-t-il permis que vous ayez été humilié de ce contre-temps qui vous prive, mais vous donne d'utiles enseignements. Car, 1» Vous auriez peine assurément à vous modérer, et à vous bien régler sur ce point ; 2*> vous vous épuiseriez bientôt et vous vous mettriez hors d'état de combattre ; 3« vous emploieriez à cela la plupart de votre temps; et comme vous y trouveriez plus de douceur et de plaisir que dans les autres affaires plus. difficiles et plus épineuses d'un diocèse, vous les négligeriez aisément et vous auriez peine d'y vaquer; vous imaginant qu'il ne

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