Dupuy, Oraison fnn., p
2. Il faisait en edet dos prédications continueUes, tantôt dans sa cathédrale, et tantôt dans les autres églises de Limojçes. Nobiliaire, t. III, p. 465.
3. Du Carrier, Por irait de vtessirp L, d'Urfé, p. 153 et suiv.
LOnS DE L.VSCARIS D^CRFà *»
serait pas moins utile de donner tout le temps à instruire votre peuple. Ces réflexions m*ont persuadé que, pour des instructions ou des exhortations familières et paternelles, vous en pourriez faire quelquefois et sans péril, parce qu'elles ne déroberaient pas beaucoup du temps que vous donneriez aux autres affaires ; mais que, pour ces gi*andes pièces et d'apparat, qui demandent beaucoup de préparation, elles doivent être rai'es, et ti'ès l'ares. Salvo tamen tuo meliori judicio ^, i
Notre prélat suivit à la lettre ces sages avis et s'en trouva bien. Une lettre du 5 mars 1678 renouvelle les mêmes conseils, après avoir célébré le succès de la prédication épiscopale, dont on avait mandé à Paris des merveilles. « Vous pouvez juger, écrit M. Tronson, si nous prenons part à la satisfaction et à la joie commune. N'est-ce point trop que de faire le prône tous les dimanches, pi'écher le jour de Pâques dans votre cathédrale, jeûner tout le Carèuie, travailler à toutes les autres affaires du diocèse? Cest, ce me semble, vous exposer beaucoup... Prenez garde que Tapplaudissement général et le succès de votre dernière prédication ne vous portent à vous exposer trop souvent à ces actions publiques. Comme elles demandent du temps pour se préparer, il vous est important de prévoir si les affaires plus importantes du diocèse n'en soufTrent point. Et pour vous dire tout, je crains qu'y retournant trop souvent, vous n'y eussiez pas la même bénédiction... Ce nous sera ici un nouveau sujet de joie quenous recevrons de votre prédication, si vous nous envoyez quelque chose plus en détail *. Ce serait abuser de votre bonté et de votre temps que de vous en prier ; mais ce n'est abuser ni de Tun ni de l'autre, que de vous témoigner simplement notre désir » ^. Les mêmes préoccupations du bon (»t prudent directeur se retrouvent dans une lettre du 18 mars 1079 : « Vos prédications et vos prônes sont des occupations pastorales, et pourvu qu'elles ne vous emportent point trop de temps, qu'elles ne fassent point demeurer en arrière d'autres affaires plus pressées, et qu'elles n'intéressent point votre santé, je ne doute point que Notre-Seigneur n'y donne beaucoup de bénédictions. J'y craiiu drais quelqu'un de ces inconvénients, si elles étaient fréquentes... » *.
Le succès merveilleux des prédications de notre |)rêlat provenait, nous disent ses panégyristes, des trois belles qualités (jue la parole de vérité revêtait dans sa bouche d'apôtre. « Sa langue, comme celle des apôtres, était d'un feu qui éclairait, qui écliaulTait et qui purifiait tout ensemble... Il avait une éloquence toute chrétienne qui ne puisait pas dans les sources de la sages.se humaine les belles lumières dont il éclairait ses peuples &. » — « Il annonçait sans cesse
i, Corrr8pon(l(tncf\ t. II, p. 406.
2. On sait par M. Tronson lui-même que le prélat lui avait envoyé le plan de son panégyrique de saint Charles, ihid., p. 405.