‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 328 sur 480 · Sicard^ L'ancien clergé^ t. I^ p · texte numérisé non relu

Sicard^ L'ancien clergé^ t. I^ p

m. L'œuvre du Refuge à l'Hôpital général. Charité de Louis d'Urfé envers les pauvres.

t Les maisons de refuge, Monseigneur, écrivait à notre prélat la supérieure du Refuge de Paris, sont établies pour mettre des bornes au vice et servir d'asile aux filles qui veulent se retirer des occasions de débauche et se convertir »... La fondation d'un établissement de ce genre pour Limoges fut l'un des résultats de la célèbre mission de 1680. A cette époque les victimes du vice dans cette ville n'avaient d'autre infirmerie qu'une infecte prison. Le P. Honoré de Cannes, avec l'agrément deTévèque, soulevaau cours de sa mission à Saint-Pierre la question de l'assislance des filles repenties. Son zèle porta des fruits : il émut la pitié publique et triompha bientôt des obstacles. A son avis, comme à celui de l'évêque, les portes de Thôpital devaient s'ouvrir à toute misère sans exception. Notre prélat, président du bureau d'administration de cet établissement, fît entrer peu à peu les autres membres de ce comité dans ses sentiments. L'affaire fut mise en délibération vers la fin de l'année 1680, et à la grande satisfaction du zélé missionnaire, les filles perdues furent déclarées admissibles dans cette maison.

11 se présenta immédiatement un certain nombre de ces malheureuses. On les logea le moins mal possible, mais en réalité fort mal. Le corps de logis affecté à leur usage avait le très grave inconvénient d'être accessible aux allants et venants : une incessante surveillance pouvait seule empêcher le désordre. Mais des secours providentiels permirent bientôt de remédier au mal. Jean Romanet, avocat à la cour, personnage d'une haute piété, affecta en mourant une somme de 6 000 livres à la construction d'un Refuge dans l'enceinte de l'Hôpital général. L'exemple du pieux avocat trouva peu de temps après des imitateurs. Marguerite de Jumillac, comtesse de Saint-Priest, et son mari Philippe de Jumillac de Montaigu, consacrèrent à la fondation projetée 11 000 livres. Ces aumônes, accrues de plusieurs autres dons, finirent par constituer un fonds d'une certaine importance.

En 1683, les administrateurs de l'hôpital, en mesure de commencer l'œuvre, obtinrent des lettres patentes du roi, en date du mois de mars, qui autorisaient la construction d'un refuge dans l'enceinte de l'hôpital *. Deux maisons contiguës furent donc bâties vis-à-vis et sises dans le voisinage de l'hospice. Le nouvel établissement fut augmenté d'une chapelle bénite le 20 juillet 1685 par l'évêque de Limoges. La direction des filles repenties fut naturellement confiée aux religieuses de Saint-Alexis, sous le contrôle administratif du bureau de l'hôpital, et sous l'autorité spirituelle des prêtres de la Mission (et notamment de Pierre Mercier, officiai de Limoges) 2.

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