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davantage... Les prélats ont une consolation qui leur est propre, je dlB, ceux qui sont dans la maison du Seigneur, des dispensateurs fidèles, qui est que leur ministère étant purement un ministère de charité, leurs soins et leurs sollicitudes parlent incessamment pour eux. C'est une voix qui s'élève jusqu'à son trône, qui le sollicite et le presse, mais avec une importunité qui ne saurait lui déplaire. Vous êtes de ce nombre, Monseigneur, c'est une créance que votre humilité ne doit ni vous cacher ni vous affaiblir; c'est ce qui à proprement parler est votre force, et qui soutient votre courage parmi toutes les contraditions, les difficultés et les tentations différentes qui sont inséparables de la nature et de la grandeur de vos emplois*... » — Nous allons maintenant faire connaître l'influence des conseils du réformateur de la Trappe, en retraçant au vif les vertus de notre austère et doux prélat.
2° Les vertus du prélat.
Ce fut un spectacle bien édifiant que celui de la vie de notre prélat, pendant les dix-huit à dix-neuf ans qu'il demeura dans son séminaire 2. Il était bien digne d'exciter l'admiration de l'austère réformateur de la Trappe, son ami. C'était vraiment une prédication continuelle I Le saint évéque y prêchait d'abord le détachement du monde. Il y vivait dans un appartement modeste ^ et contigu à la chapelle qu'il s'était fait /construire dès le début de son épiscopat ; il n'y avait ni dorures, ni argenterie, ni meubles précieux, ni soies, ni tapisseries ; il n'y avait rien de recherché dans ses habits, moins encore dans les ornements de sa dignité : ses plus riches bijoux étaient un crucifix, quelques tableaux de dévotion et quelques livres. La modestie de son équipage et de son train indiquait le mépris qu'il professait pour le faste. C'était un carrosse assez mal attelé et assez mal entretenu, qu'il sacrifiait plutôt à sa dignité qu'à son inclination, pour ne pas se rendre singulier dans sa conduite. Un valet de chambi^e avec quelques laquais faisaient tout son train; encore voulut-il une fois leur ôterla livrée de sa famille, parce qu'elle pouvait lui rappeler l'idée de ce qu'il avait été dans le monde. La frugalité faisait lornement de sa table ; on n'y servait que le pur nécessaire, c'est à dire une simple portion de séminaire; il gardait si étroitement cette sobriété qu'il oi*donnait même à ses euivs de ne le servir que frugalement, et quand parunedésobéissance louable, ils en usaient autrement, il les mortifiait souvent, en ne touchant pas aux mets les plus exquis, dont on couvrait sa table *.
l. Ibid., n. 78> !â« série. Nous sommes redevables à l'extrême obligeance du R. P. Marie-Léon Serrant, de la oomuiuiiicaliou des extraits de ces six lettres inédites de l'abbé de Hancé, dont Tori^inal se trouve dans les archives de la grande Trappe de SoUgny 'Orne).
!1 Du Carrier. iWtraitl p. lUK.
3. Il n a\*ait qu'une salle d'audience, et une fort petite chambre avec un petit cabinet, qui n'était orné que des images de la siiinte Vierge. Labiche, Fi^» iies Saints, t. 1, p. 66, et Dupuy.