Labiche, Vies des Saints^ t. I, p
X;0U1S DE LASGARIS 0*URFÉ 463
quand il reçut l*avis du décès du prélat. Il décida alors de se porter en corps à Tissue des vêpres au séminaire des Ordinands pour faii^ une absoute générale sur le corps de Tévêque. Puis il envoya comme députés les chanoines Pierre Dumas et Martial Maledent de Laborye, amis particuliers du défunt présenter ses hommages de condoléance à Tabbé d'Urfé *.
Le jour du décès, on exposa le corps du prélat revêtu de ses habits pontificaux dans la chapelle du séminaire. Le clergé séculier et toutes les communautés delà ville vinrent y prier. Le lendemain, huit ecclésiastiques de la cathédrale portèrent en celte église le corps du vénérable évêque. Les chanoines le reçurent avec tout le respect et tous les honneurs qu'ils devaient à sa mémoire 2. Le grand chantre, Michel de Yerthamon, célébra la messe in dte obitus pour le prélat défunt. Etienne Romanet et Pieri*e Ardant, chanoines, remplirent les fonctions de diacre et sous-diacre 3. Après les prières et les absoutes accoutumées, on reporta le corps du prélat au séminaire.
La cérémonie solennelle de l'enterrement eut lieu seulement le dimanche3juillet après vêpres avec toute la magnificence requise *. Tous les différents corps, ecclésiastiques, séculiers et réguliers et pénitents de la ville se rendirent à deux heures en procession à la cathédrale. A la même heure s'y trouvèrent Messieurs de la cour présidiale et sénéchale et les consuls de Limoges. Le doyen Etienne de Chevaille et les chanoines de Saint-Etienne qui avaient « commencé les vêpres une heure plus tôt qu'à l'accoutumée », s'étaient rendus en corps, après le chant de cet office, en l'église du séminaire ^. Ils étaient tous revêtus de leurs habits sacerdotaux, pour honorer davantage la pompe funèbre ®. Six des vicaires de chœur de Saint-Etienne transportèrent suivant la coutume ancienne le corps du prélat dans la cathédrale, où l'on fit une station et où l'on chanta le Salve Hegma et une antienne de saint Etienne, patron de l'église. Puis le convoi funèbre sortit de la cathédrale accompagné de tous les chanoines et de tous les corps et pénitents de Limoges dans l'ordre accoutumé. Le cortège suivit l'itinéraire habituel dans la ville, où il entra par la porte du« faubourg Boucherie''. Le convoi défila, nous rapporte l'écrivain du Mercure, parmi les gémissements et les sanglots des bourgeois et des pauvres dont le nombre était si grand, que les rues étaient obstruées, les uns s'empressant de lui baiser les pieds, les autres de lui faire toucher des chapelets, et tous en général criantjles larmes aux yeux : « Adieu, notre bon Pasteur I Adieu, le Père des pauvres, qui ne les a jamais abandonnés. » Regrets qui