D'Aw nel, RicMieu, t. IH, p. ±^ et suiv
± Abbc Leclor, PouiUc de il'JS, p. 52.
3. On s'explique ainsi pourquoi sous l'Ancien Régime un grand nombre de béncfR-es» étaient partout occupes par des prêtres venus des diocèses étrangers.
tM UN SIÈCLE DE VIE ECCLiSIASTIQUE EN PROVINCE
Si au contraire Té vèque jugeait indigne ou incapable le sujet pourvu, il refusait son approbation^. Dans les cas douteux, Tévêque de Limoges n'accordait son visa qu'avec des restrictions ; si par basard sa bonne foi avait été surprise, il n'hésitait pas à demander au conseil d'Etat l'annulation des lettres de provision et la condamnation des candidats indignes à une forte amende 2.
L'effort constant d'une famille tendait à ne pas laisser échapper un bénéfice, une fois qu'elle le possédait. On vit ainsi au dix-septième siècle les premières dignités du chapitre de Limoges devenir héréditaires dans la famille de Verthamon, la prévôté de Saint- Junien occupée successivement par une dynastie de Villebois, celle d'Eymou tiers, par des La Pomélie, le prieuré de Saint- Léonard passer de même dans la famille desBridiers, et celui de Brive, dans la maison de d'Affîs ^. Dans le but de conserver ces bénéfices comme un vrai patrimoine, les familles avaient recours parfois à des procédures multiples. Permutations frauduleuses, procurations antidatées, prise de possession par le résignataire, pensions assurées au résignant en échange du bénéfice servaient à rendre les biens d'église permanents en quelque sorte dans les mêmes maisons. Par suite du manque de responsabilité, des vicieux s'introduisaient ainsi dans les cures, s'en faisaient pourvoir in forma gratiosa du côté de Rome par des procédés ingénieux, sur des attestations de vie et de mœurs qu'ils tenaient souvent par surprise *. C'était aux évêques qu'incombait la mission de surveiller ces pratiques simoniaques, de faire leur enquête sur les indultaires et de refuser leur visa au besoin aux bénéficiers dont ils pouvaient découvrir les supercheries. Or l'on sait que les évêques de Limoges au dix-septième siècle ne manquèrent pas de remplir ce devoir ^.
2^ De la simonie ou de la confidence bénéficiale.
Un abus du même genre, aussi funeste que les précédents mais moins tenace pourtant, priva durant de longues années bon nombre de paroisses du diocèse de Limoges de leurs chefs légitimes, faisant profiter leurs biens à des laïques. Beaucoup de gentilshommes ou de gens de cour en effet possédaient sous Louis XIÎI des bénéfices « par confidence » ; la tendresse de leur famille les leur avait obtenus dès leur enfance à Tépoque des guerres civiles. Possesseurs illégitimes de ces biens d'église, ils s'ingéniaient à les conserver dans leur âge mùr. A cet effet ils faisaient mettre leurs bénéfices sous le nom d'un homme de paille, d'un custodi noSy c est-à-dire d'une sorte de coadjuteur ecclésiastique gratifié par