Rituel ^e 4679, p
LES ÉvèoCES REFORMATEmS DE LDfOGB? 500
effiet qa aa temps de Louis X1I1« les magistrats avaient soQvenI reo>urs2ux ministres de Tau tel, pe)ur obtenir des révélations, an ni»>yen de monitoires qu'ils publiaient au pn^ne. Les officiers de finances faisaient aussi donner lecture par le curé du r5le des tailliet^ ; les syndics, notaires et procureurs lui apportaient mille anc«.>nces profanes, ventes, marchés, enchères et contrats. L'évéqne Raymond de la Martonie proscrivit sévèrement en 1619 ces publications abusivi^ dans les ^lises sous la |)eîne de susjïense : il ortlonna à ses curés de c laisser cet office aux sergenset autres ministres de justice, qui feront, si bon leur semble, les dites proclamations devant le? p^jrtes des églises, à Pissue delà grand'messe » ^
La lecture au prune des lettres monitoires provenant de Tofficialité diocésaine, qui fut sous lancien r^ime d'un usage fréquent avait pour but de provoquer dans les |Muroisses, des révélations util^ sur la découverte d'un acte criminel, soumis à une enquête. Cette publication faisait une obligation stricte dans le diocèse de Limoges à toute personne, qui savait quelque chose du délit énoncé dans les lettres, de le dire dans le temps prescrit à Tofficial, et cela sous peine d'excommunication -. L'emploi de ces lettres monitoires donna lieu à de graves abus que nos prélats réformateurs toujours vigilants ne manquèrent pas de supprimer. Raymond de la Martonie se plaignait, en 1tït9, de ce que pKnrédemment les juges ecclésiastiques du diocèse s'étaient rendus parfois trop faciles a di'cerner des lettres monitoires sur des faits de |)eu d'importance. Aussi fit-il • défense à tous sesofficiaux d'user de censures ecclésiastiques, et d'accorder des monitoires, si ce n'est |Knir quelque crime et scandale public, ou pour quelque désol^éîssance en chose im|x>rtante, et lorsqu'on ne pourra réduire les coupables à leur devoir par des exécutions réelles et personnelles. » Tout autre monitoire élaît déclaré nul et de nul eîTet ^.
Dans les lieux de dévotion et dans toutes les |)aroisses où se trouvaient des communal istes, c'était toujours un prôtre de la communauté qui remplissait les fonctions de sacristain des messes. Il était chai'gé de recevoir, « au lieu qui lui était assigné en chaque église », les paroissiens et autres personnes, qui « avaient dévotion de faire célébrer des messes particulières », d'inscrire leurs intentions sur un registre spécial, et de les faire acquitter |)ar les prêtres de la paroisse, selon Toixlre de leur réception. Les messes de dévotion étaient célébrées chaque jour de la semaine dans les églises paroissiales de Limoges depuis le matin jusqu'à midi sans
1. D'AveneU Richelieu, t. lll, p. 376. Oithmn. .«i/ii.x/., p, 78.
2. 1^ curé, en terminant la lecture de ces lettres au prône, ol»sen*ait certaines cérémonies. Il dénonçait les criminels et leurs complices en les déclarant e!ccommuniés au son de plusieurs petites cloches, et tenant plusieurs tM>ugies allumées, il les éleiguait et les jetait à terre, en signe d'horreur contre les coupables, pour montrer qu*i!s élaient éteints et effacés de la mémoire de l'Eglise. Voir le Rituel df iGlS, p. 222. Voir aussi un exemple curieux de monitoire, publié à la requête de Joseph de Yerthamon, promoteur, le i3 mars 1631, eq l'église de Saint- leau-en-Sainl-Elienne. Mss. 13, t. I, p; 107.