Ordtinu. syuod., p
iDterruption. A toute heure du matin, les paroissiens pouvaient entendre l'une de ces messes. Elles étaient servies par de « pauvres enfants, nés et baptisés sur la paroisse, vestusde robes violettes et de surplis ». Les marguilliers qui les choisissaient, veillaient à ce que ces entants soient aidés des deniers de la fabrique tt par h*s distributions manuelles ou partie de casuel de Téglise. Un des prêtres habitués était nommé par Tévéque en chaque ï)aroisse, ï)Our « prendre la charge et le soin des mœurs et de rinstruction de ces enfants ». '
A cette époque de foi et dans un pays foncièrement catholique où le personnel du clergé paroissial était considérable et où de nombreuses confréries, celles notamment des âmes du Purgatoire et de Notre-Dame des Agonisants entretenaient le culte des morts, les offices pour les trépassés étaient des plus fréquents. A chacun des services qui avaient lieu le troisième jour, le septième et le trentième après l'enterrement, et à l'anniversaire, on devait chanter à l'église avant la messe les trois nocturnes de l'oflice des Morts, ou du moins un nocturne et laudes. On donnait avis au prône du dimanche, des anniversaires qui seraient célébrés dans la semaine. Chaque lundi on chantait une messe pour les trépassés et l'on se rendait ensuite en procession aux parvis ou cimetières, qui étaient au-devant ou autour des églises paroissiales. Il était expressément défendu à tout prêtre de faire aucuns services funèbres dans les chapelles des cimetières et même dans les oratoires privés, sans la permission des curés ou de leurs vicaires sous peine d'interdit et de prison ^
S"" Les processions en Limousin.
Les manifestations extérieures du culte ou processions étaient très nombreuses et très populaires dans le diocèse de Limoges. Il y en avait de deux sortes: les unes ordinaires et liturgiques qui étaient faites à des jours fixes dans l'année, les autres extraordinaires, à l'occasion d'une nécessité quelconque et d'une action de grAces. L'évêque Louis dTrfé recommandait beaucoup à ses curés de travailler à la suppression de divers abus, qui se produisaient pendant le défilé de certaines processions, à travers les bourgs et les champs et dans la visite des églises rurales 2. La procession de neuf lieues à Magnac, ainsi appelée, parce que le cortège des fidèles, partant dès l'aube après la messe, parcourait en réalité plus de 46 kilomètres, c'est-à-dire le périmètre de la paroisse, un dimanche du mois de mai, n'était pas exempte d'un certain mélange du profane avec l'élément religieux, sans lui nuire pourtant ^.
L'itinéraire de la procession des Rogations à Limoges, était tou-
1. Slatuts paroissiaiLc de IG'iO, p. 37 et suiv., Ordonn, synod.^ p. 120 et RUurl de i678. Titre de Ejetjuiis.