Rituel de 107H, p. ICXi
Il Voir la relation iutérçssante de M. Leiler, BullcUn de Lbnoges, t. XLVIII, p. 505.
jours très long, et accompagné de nombreuses stations, de chants, de prières, de rites et de cérémonies diverses. Les religieux de Saint-Augustin et de Saint-Martin se réunissaient aux chanoines de Saint- Etienne et au reste du clergé de Limoges. Le défilé partait en ordre de la cathédrale et parcourait les divers quartiers et les alentours de la ville et de la cité, en visitant toutes les églises, les chapelles et les établissements religieux *.
Entre les démonstrations solennelles du culte qu'affectionnait autrefois la province du Limousin, furent célèbres, « par le bon ordre qui y régnait » et par la beauté des cérémonies, deux processions de Limoges annuelles et générales, celle du mardi de Pâques et celle de Toctave de la Fête-Dieu, qui attiraient toujours dans cette ville une foule énorme de pèlerins de tous les endroits du diocèse et même de divers côtés des provinces voisines. On n'y admettait aucun costume laïque, ce qui rendait ces processions I)lus imposantes. Toutes les rues, par lesquelles le défilé devait passer, étaient couvertes en dessus avec des toiles ; toutes les maisons étaient ornées, sans aucun vide, de belles tapisseries d'Aubusson. La châsse de Saint-Martial était portée par seize fidèles en grand costume et entourée des membres de la grande confrérie. L'évêque précédait la relique de l'apôtre avec tous les groupes du clergé régulier et séculier et les confréries de pénitents si nombreux. La châsse était suivie des magistrats de la province, qui tenaient à la main une torche allumée, et d'une foule considérable de âdèles, ayant presque tous le rosaire à la main 2.
Plus imposant encore était le spectacle de la procession du Saint- Sacrement, qui était réputée comme Tune des mieux ordonnées du royaume. Toutes les corporations séculières et religieuses de Limoges y assistaient dans l'ordre suivant: les pauvres de l'hôpital avec un costume uniforme ; les pèlerins de Saint-Jacques avec un flambeau d'une main et le bourdon de l'autre ; les six confréries de [>énitents, tous revêtus de leur sac, avec un flambeau à la main ; les religieux mendiants ; les séminaristes en surplis, les prêtres des paroisses, tous en chapes ; les religieux Feuillants et Bénédictins en riches ornements et le clergé de la cathédrale. Le Saint-Sacrement était porté ensuite sous un riche dais par l'évêque, assisté des diacres et des sous-diacres. Il était continuellement encensé par des thuriféraires et précédé d'une troupe de jeunes fleuristes des plus nobles familles, qui se prêtaient à des évolutions communes aux thuriféraires et déterminées par un commandement. Tous les domestiques de l'évêque portaient chacun un gros cierge à la suite de leur maître. Une foule nombreuse d'hommes en chemise fort blanche descendant jusqu'aux talons, suivaient le Saint-Sacrement nu-pieds et un cierge à la main. Les juges en robe d'écarlate doublée de velours portaient les bâtons du dais. Tous les magistrats