‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 392 sur 480 · Bulhtin de Limoges, t. XLVI, p · texte numérisé non relu

Bulhtin de Limoges, t. XLVI, p

2. Archii^s histor. du Linwfuin, t. Il, p. 360. Descriptimi de Vahhê BuUat, Voir une i*elation iotéressaDte de ces proct'ssions d après un témoin de l'époque dans : Tabbé ArbeJlot, Le P. Martial de Brive, p. 56 et Buiv.

de la province, le lieutenant général du roi en tête, le prévôt et les consuls de la ville en robe de satin noir avec un chaperon de damas rouge, figuraient ensuite, séparés de la foule par la gendarmerie. La garnison était sous les armes, mais slationnaire le long du détilé» pour ne pas entraver la marche. Le chant de Téglise était entendu sans interruption, accompagné par la musique et les violons. Les trompettes et les tambours annonçaient seulement la bénédiction qu'on recevait profondément incliné, sans changer déplace, après un court stationnement. La procession traversait deux fois la cité et la ville, et, bien que le parcours fût très long, il arrivait parfois que les premiers groupes du défilé rentraient à la cathédrale, quand le Saint-Sacrement en sortait.

Le 20 juin 1686, de nombreux, élégants et riches reposoirs représentant des traits de l'Écriture Sainte appliqués par allégorie aux événements de la politique royale, furent disposés sur les places de Limoges en ce jour de procession resté célèbre dans les annales du pays sous le nom de Triomphe du Sa'uU-Sacremoit. Par exception les principaux groupes du brillant cortège se rangèrent sur la grande place des Arbres de Saint-Martial, pour y entendre un magnifique discours du saint évêque de Limoges ^

3" Les dimanches, les jours de fêles et l'observance du Carême.

Les évéques de Limoges au dix-septième siècle ne s'occupèrent pas avec moins de zèle de la sanctification des dimanches et des jours de fêtes, que de l'éclat du culte dans leur diocèse. Raymond de la Martonie se félicite dans ses statuts de 1619 du retranchement d'un certain nombre de fêles, dont l'observation « semblait trop onéreuse à plusieurs pauvres artisans et laboureurs». 11 exhorte les magistrats, les juges, les officiers de la justice, à tenir la main à ce que les dimanches et les jours de fêtes d'obligation, au moins pendant le service divin et la prédication, les tavernes soient fermées, que les danses publiques soient prohibées, et toutes sortes de de jeux, farces ou comédies interdits 2. A cette époque d'ailleurs, la magistrature en France scî montrait intraitable, sur la stricte

i. Le Tnompito du SahU-Snrn'nunU, brochure de 31 p. de 16S6, réimprimée à Limoges en 1877 d'après un exemplaire de l'édition originale du chanoine Tandeau de iVIarsac. Archives histor., t. II, p. Wl. Notons ici que la procession de Notre-Dame d'Août en exécution du vœu de Louis XIII, faite pour la première fois à Limoges en 1(V.38. par ordonnance de François de la Fayette, était tombée en désuétude vers la fin du siècle dans la plupart des paroisses du diocèse. Le chapitre de la cathédrale se bornait à faire en cet honneur, le 15 août, une procession particulière. Mss. II, t. II, p. 20. Vu mandement .spécial de révêque François de Canisy rétablit et institua définitivement dans toutes les paroisses du diocèse, l'ancien usa^e d'une proc(\'<sion générale après les secondes vêpres de l'Assomption. OrdoiiH. s)jh(kL, p. 253.

2. Ordonn. sijnad.j p. 125. François de la Fayette défendit expressément en 1(573, « à tous hôtes et cabareticrs, de donner à boire et à manger, excepté aux voyageurs, les dimanches et jours de fêtes, pendant la grand'messe et les vêpres. 11 interdit encore les danses publiques durant ces mômes jours, entre les personne» de sexe différent ». Ibid., p. 185.

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observation du dimanche et des innombrables fêtes chômées, dont Tautorité ecclésiastique venait de restreindre le nombre. Le paysan, qui eut travaillé Tun do ces jours avec Fautorisation de son curé, mais sans celle du procureur, eut encouru une peine de police ^.

L'évêque usait parfois, mais très rarement, du droit d'établir dans son diocèse de nouvelles fêles, moyennant quelques formalités. Nous ne connaissons qu'une seule institution de ce genre pour tout le dix-septième siècle en Limousin. On rapporte qu'après avoir pris l'avis et le consentement de tout son clergé, François de la Fayette ordonna au synode du 25 octobre IBiO, que la fête de saint Joseph, qui tombait le jour anniversaire de son sacre, serait dorénavant chômée. Le prélat voulait par cette solennité accroître la dévotion de son peuple envers ce grand saint 2.

L'observance du Carême, soumise alors à des règles, dont la sévérité nous eflVaierait aujourd'hui, était généralement pratiquée en France dans toute sa rigueur. Le j)ape refusa même au gouvernement du roi en 1627 la permission des œufs et du fromage, « se souvenant, disait-il, d'avoir connu une si grande ferveur aux catholiques de France en l'observance du Carême, qu'il se sentait obligé à les confirmer en ce bon propos » 3. u y eut néanmoins sous ce rapport vers la tin du siècle une certaine tendancede la part des évêques à quelque adoucissement. Dans le dernier synode qu'il présida le 24 octobre 1675, François de la Fayette annonçait à son clergé que « pour s'accommoder au malheur des temps et à la faiblesse de sesouailles, il permettait l'usage du lait, du beurre et du fromage pour le Carême prochain » *.

Les malades et les infirmes, qui ne pouvaient durant ce temps de pénitence satisfaire aux préceptesde l'Église, n'en pouvaient être dispensés que par l'évêque de Limoges ou par son grand vicaire, « en faisant apparoir par l'attestation de leurs curés et des médecins catholiques, le besoin qu'ils avaient d'user des viandes défendues par rÉglise ». Les juges et les officiers de police de chaque ville ou gros bourg donnaient la pormissiondevendre et de débiter pendant le Carême les viandes prohibées, seulement à quelques bouchers. Ces derniers ne devaient en « bailler qu'à ceux qui avaient la dispense de révê(|ue, pour en user dans ce temps » ^.

V. Choses saintes servant au culte ou tenue des églises, des chapelles et des sacristies.

C'est du onzième au douzième siècle, qu'ont été élevées et bâties avec un luxe de matériaux, qui leur assurent un long avenir, presque toutes les églises du diocèse de Limoges. Elles existent

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