‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 40 sur 480 · L. Guibert, La Lign^y p. 5«i et suiv · texte numérisé non relu

L. Guibert, La Lign^y p. 5«i et suiv

L'évêque de Limoges donna un premier témoignage de sa réconciliation sincère le 8 juin 1597, à l'occasion de l'entrée solennelle à Limoges du duc d'Epernon, nommé Tannée précédente gouverneur du Limousin. Oublieux des inimitiés de la veille, le prélat reçut l'ancien chef de l'armée royale dans la province, avec les honneurs dus à son rang dans l'église Saint-Martial. Le même jour, il assistait avec le duc, sur la place des Bancs, à la représentation d'une pièce intitulée : « Tragédie de Saint Jacques », que venait de composer Bardon de Brun, l'avocat des pauvres ^, Dans cette même occasion, les écoliers du collège, dont deux Pères Jésuites venaient, sous le patronage de l'évêque, de prendre la direction, jouèrent devant les mêmes personnages, un impromptu qui célébrait les vertus du gentilhomme. D'Epernon, enchanté de l'accueil des protégés du prélat, s'empressa le jour même de rendre visite au collège et de témoigner hautement son estime pour les directeurs 2.

Henry de la Martonie prit encore une grande part aux fêtes pu* bliques, qui eurent lieu à Limoges en l'honneur de la naissance du dauphin, depuis Louis XIIL Sur l'avis qui lui en fut donné, il revint du château d'Isle, le jeudi 11 octobre 1601, quinze jours après l'événement. Il se rendit incontinent à Téglise Saint-Martial, pour présider la cérémonie pieuse de cette solennité. Toutes les autorités de Limoges et c un nombre infini de peuple », habitants ou étrangers, s'y étaient rassemblés. Après la grand'messe, qui fut chantée par le prévôt de'Labrousse, la châsse de Saint-Martial fut portée en procession, à travers les rues de la ville. A l'angle des carrefours, des feux de joie marquaient l'allégresse publique. Au retour de la procession, toute la foule réunie à côté de la basilique sur la place des Arbres, entendit un discours qui fut prononcé par le P. Solier, recteur du collège. De nombreuses réjouissances suivirent cette cérémonie 3. Les fêtes recommencèrent le dimanche suivant dans la cité épiscopale. L'évêque célébra dans sa cathédrale une messe solennelle et présida ensuite une procession générale, qui se déroula à travers les rues de Limoges * .

L'intervention de l'évêque de Limoges, l'année suivante (1602), à l'occasion de l'émeute soulevée dans cette ville, le 21 avril, par la publication de l'impôt dit de la Pancarte, nous semble avoir eu un caractère tout ditîérent. Jehan du Verdier avait dû, en qualité de trésorier de France, signer la copie ou pancarte d'un édit royal qui surélevait d'un vingtième l'impôt des tailles. Aigrie et mécontente de cette augmentation d'impôts, la population de Limoges en rendit d'abord responsable le signataire de la pancarte. Après avoir essayé vainement de prendre d'assaut la trésorerie des finances, la foule ameutée poursuivit de ses menaces et injuria Jehan du Verdier, tandis qu'il se rendait au dîner de l'évêque. Pendant plu-

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