‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 411 sur 480 · LE PROSÉLYTISME CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LE PROSÉLYTISME CATHOLIQUE

I. Ses principales manifestations sous l'épiscopat d'Henry de la Hartonie.

i^ Conversion de Mme de la Tour de Neufvillars,

Le protestantisme ne réussit qu'assez tard à s'introduire en Limousin ^. Ce fut durant les premiers troubles et en l'absence de l'évoque de Limoges, Sébastien de Laubépine, ambassadeur du roi, que s'organisèrent peu à peu dans cette province neuf groupes différents de calvinistes, dont les centres d'action furent : Confolens, Le Dorât, Aubusson, Limoges, Ghâteauneuf-la-Forêt, Treignac, Turenne, Argentat, Beaulieu et Rochechouart. A la fin du seizième siècle, les protestants comprenaient cinq à six mille fidèles et une quinzaine de pasteurs 2.

Le conversion éclatante de Mme de la Tour de Neufvillars, qui se produisit en 4594, par l'elTet du zèle de ses proches et d'un Père Récollet, est le premier acte notable du prosélytisme catholique. Jean de la Tour, fils de Pierre, seigneur de Neufvillars, près Pierrebuffière, avait épousé en 1591, Suzanne de laPomélie. Les jeunes gens avaient été élevés Tun et l'autre, par leurs parents, dans les idées de la Réforme calviniste du groupe de Châteauneuf, auquel ils se rattachaient. Suzanne avait une sœur de même prénom, que Mme du Verdier, leur tante, religieuse de la Règle, élevait à Limoges, dans son couvent. A peine mariée, Mme de la Tour de Neufvillars allait les voir quelquefois. L'entretien roulait ordinairement sur la question religieuse. Peu à peu l'adhésion de son âme à la foi catholique devint complète. Les sentiments d'abord secrets ne tardèrent pas à se manifester autour d'elle, dans sa famille. Son beau-père et son mari, chefs protestants du pays, la trouvant ferme dans sa résolution, mirent quelque temps Suzanne à l'épreuve et lui demandèrent « de n'entendre au moins la messe qu'une fois l'an ».

« Une des grandes consolations de la jeune femme en ce temps-là, dit son biographe le P. du Sault, était de passer les matinées des dimanches et des fêtes à une haute fenêtre du château, et de contempler de là, tout à son aise, les populations catholiques, se rendant file à file à l'église du hameau de Saint-Bonnet-la-Rivière(Corrèze). Elle les suivait de l'œil si loin que sa vue se pouvait étendre; et, lorsque sonnait la cloche rustique, elle s'agenouillait et priait. » Privée de la consolation d'adorer Dieu dans ses sanctuaires, Su-

1. Voir un excellent article de L. Guibert sur les protestants en Limousin : dans les Rrcits de Vhistoire du Limousin^ p. 349 et suiv.

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