‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 412 sur 480 · M. Lerou.x, Hiatoire de la Réforme, p · texte numérisé non relu

M. Lerou.x, Hiatoire de la Réforme, p

zanne chercha à l'honorer dans les pauvres par des visites fréquentes des malades et par la pratique des bonnes œuvres.

Tout obstacle étant enfin écarté par l'ascendant irrésistible de ses vertus, Suzanne de la Pomélie abjura solennellement le calvinisme, en l'église Saint-Gérald de Limoges, le dimanche des Rameaux de l'an 1594. Elle avait alors vingt-trois ans. L'événement fit beaucoup de bruit. L'abjuration avait été préparée avec beaucoup de tact et de diplomatie par le P. Florent, de l'Ordre des. Récollets, prédicateur célèbre à cette époque.

A la direction spirituelle de ce saint religieux succéda, à partir de 1599, celle de deux Pères Jésuites, le P. Aubery, plus tard recteur du collège de Limoges et le P. Rigon de Salles, l'un et l'autre entourés d'une vénération justement méritée. Chargée du gouvernement d'une maison opulente, Mme de la Tour de Neufvillars pourvut à tout, et régla tout d'une façon parfaite. En même temps la ferveur de Suzanne ne connaissait pas de bornes. Souvent elle montait la nuit sur l'une des tours du château pour prier, ou bien elle sortait de nuit en plein hiver, avec une ou deux suivantes seulement, pour aller s'agenouiller dans quelque église de Limoges ou de Saint-Léonard. Suivant les conseils de son directeur, Suzanne se voua tout entière à l'éducation de ses enfants. Elle obtint de son mari que ses deux garçons et ses filles fussent élevés dans la religion catholique. Elle mit près des garçons un gouverneur et leur fit suivre les cours du collège des Jésuites de Limoges. Pendant leurs vacances au château de Neufvillars, la pieuse mère prenait soin de parfaire l'éducation de ses fils. Tous les enfants de Suzanne lui firent honneur plus tard. Par ses soins encore, deux de ses jeunes belles-sœurs abjurèrent le calvinisme. M. de Luchapt, son frère utérin, « gentilhomme nourri dans l'hérésie », fut aussi converti par elle et se fit Récollet à Tulle. Sa sollicitude s'étendait à tous, même aux domestiques de sa maison ^.

Sous un extérieur plein d'aménité, elle dissimulait de continuelles et rigoureuses pénitences. D'après le témoignage de son historien, les vertus de cette âme d'élite lui méritèrent d'entendre un jour, dans l'oraison, soixante ans avant la grande révélation de Paray, Notre-Seigneur lui dire : a Voilà mon Cœur que je t'avais promis, tu y trouveras abondamment tout ce que tu pourras désirer. y> Une mort prématurée enleva le 7 avril 1616 à ses bonnes œuvres Suzanne de la Pomélie, qui fut enterrée dans l'église de Saint-Bonnet; mais elle laissa sur la terre une mémoire, qui est encore aujourd'hui en bénédiction. Elle reste dans les annales limousines comme « le modèle achevé de la femme chrétienne, vivant dans le monde et du monde ». Jehan de la Tour s'éteignit lui-même peu de temps après sa femme dans des sentiments catholiques. 11 fut enterré dans l'église de Saint-Bonnet 2.

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