‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 413 sur 480 · Laforest, Limoges, p · texte numérisé non relu

Laforest, Limoges, p

2. Vie de Mme de la Tour de Neufvillars (Suzanne delà Pomélie), 1571-1616. Miroir de perfection pour les femmes mariées et pour les âmes dévoles, par le P. Nicolas du Sault. NouveUe édition par le marquis de Brémond d'Ârs-Migré.

2« Conférence contradictoire de Pierrehuffière,

Dès le début du dix-septième siècle, les Pères Jésuites de Limoges parurent dans le diocèse comme les instruments les plus actifs de la propagande catholique. On les vit entreprendre des missions dans plusieurs localités contre les communautés protestantes. A leur instigation, on brûla solennellement des livres hérétiques à Limoges, à Eymoutiers et à Treignac, et l'on releva partout les statues et les croix abattues par la fureur iconoclaste des huguenots. Au bout de quinze années d'efforts des religieux et du clergé séculier, les Annales du collège enregistraient une centaine d'abjurations, dont trente obtenues dans la seule ville de Limoges ^.

Dans le même temps des polémiques publiques, presque toujours provoquées par le clergé, mirent plus d'une fois aux prises catholiques et protestants. La plus connue de ces controverses eut lieu en 1616 à Pierrebuffière, entre le P. Récollet, Marcellin Montauzon, et Charles Mars, ministre des églises calvinistes du haut-Limousin. Le lieu de la conférence et ses champions de mérite furent choisis dans les circonstances suivantes. Le P. Marcellin, originaire de Périgueux, s'était fait une grande réputation à Toulouse par sa science de théologien et par son talent de prédicateur. Ayant cessé de prêcher depuis quelques années, il était venu pour la seconde fois enseigner la théologie dans un couvent de son Ordre, à Saint- Léonard. Or sur les dernières semaines du Carême de 1616, le P. Montauzon fut prié par les habitants de Pierrebuffière, gens pleins de zèle et piété, de leur donner quelques sermons. Ce qui décida le religieux à répondre à cet appel, c'était l'espoir plus ou moins fondé que lui fit entrevoir la noblesse du pays de faire dans cette ville une conversion des plus importantes. La marquise de Chûteauneuf, née Marguerite de Pierrebuffière, veuve depuis 1604, résidait alors dans son château et paraissait ébranlée dans les convictions religieuses qui l'avaient animée jusque-là. Ayant appris sans doute le but de la venue prochaine du P. Récollet, le ministre Charles Mars se hâta de rejoindre à Pierrehuffière ses coreligionnaires, pour user à l'occasion de l'influence qu'il exerçait depuis longtemps sur la famille de la marquise.

Le P. Montauzon fut reçu par les habitants de Pierrebuffière avec beaucoup d'affection et de contentement. Sur la fin du Carême, quelques gentilshommes et autres pei'sonnes de considération demandèrent une entrevue ou conférence contradictoire du prédicateur avec le ministre, pour les fruits spirituels que plusieurs d'entre eux en espéraient retirer. Le P. Marcellin répondit à cette ouverture, en rapportant, ciqu'à son retour du chapitre provincial, tenu à Toulouse l'année précédente, le ministre Mars lui avait envoyé sans rime ni raison, quatre arguments, par lesquels il voulait

Nantes, 1889. La première édition de cette vie parut en 1649. Laforest, ibid.^ p. 28â.

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