‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 423 sur 480 · III. Les Confréries du Saint-Sacrement · texte numérisé non relu

III. Les Confréries du Saint-Sacrement

Beaucoup d'autres confréries de piété mériteraient d'arrêter ici notre attention. Obligés de nous borner, nous ne signalons que les associations, qui eurent pour instituteurs ou réformateurs nos grands évêques. François de la Fayette approuva en 1650 l'établissement d'une confrérie pour les malades, sous le vocable de Notre- Dame des Agonisants^ dans toutes les paroisses de son diocèse. Des statuts datés du 16 mars de cette même année furent dressés et rédigés par un Père Jésuite du collège, à l'usage des nouveaux confrères, « pour le salut des personnes de l'un et de l'autre sexe tant séculiers que réguliers 2 ».

Cette association pieuse complétait heureusement la Baylie des âmes, qui était établie depuis longtemps dans la plupart des paroisses du' diocèse. Les membres de cette confrérie à Saint- Pierre-du-^ueyroix étaient choisis parmi les bourgeois ou mar* chauds delà paroisse ; ils prenaient rang immédiatement après les fabriciens. Leurs fonctions étaient de faire la quête pour les âmes du purgatoire, tous les matins à la première messe les jours de semaine, et à toutes les messes les jours de dimanches et de fêtes. La baylie faisait acquitter, dans la chapelle qui lui était réservée, trois messes par semaine pour le repos des âmes du purgatoire et particulièrement la messe de midi les dimanches et les jours de fêtes. On y célébrait aussi un service solennel le premier vendredi de chaque mois. Le jour de la Commémoration des trépassés, un concours considérable de fidèles de toutes les paroisses de Limoges venait prier dans la chapelle souterraine de Saint-Pierre. Au bas des marches de la crypte, était en permanence un des bayles des âmes, ayant sur une table placée devant lui un crucifix et une tête de mort entre deux cierges allumés et criant d'intervalle en intervalle, d'une voix forte et lugubre : « N'oubliez pas les morts ». Les fidèles portaient leurs offrandes dans un plat, et à chaque don, le bayle répondait : « Dieu vous le rende ^ »•

Une association plus répandue encore que toutes les autres dans les* paroisses du diocèse, était la confrérie du Saint-Sacrement. Elle avait été fondée en 1235 dans l'église de Saint-Pierre-du-Queyroix^ sous le nom du Sacrifice et du Précieux Corps de Jésus. Elle était au seizième siècle la plus brillante et la plus riche des confréries de Limoges. Elle couvrait toutes les dépenses des belles cérémonies de l'octave de la Fête-Dieu et distribuait à cette occasion des bouquets au clergé ^.

i. Ordonn. synod., p. 24 et Bulletin de Limoges^ t. XLIII, p. 271.

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