‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 433 sur 480 · I. François d'Urfé, prêtre de Salnt-Salpice · texte numérisé non relu

I. François d'Urfé, prêtre de Salnt-Salpice

François d'Urfé, cadet des flls de Charles-Emmanuel et de Marguerite d'Alègre, naquit vers 1640 au château de Flageac en Auvergne. Il fut admis en qualité de clerc le i^r avril 1660, deux mois avant son frère atné au séminaire de Saint- Sulpice, et inscrit à tort sur le Registre des entrées comme originaire du diocèse du Puy *. Après avoir obtenu le grade de docteur en théologie à TUniversilé de Bourges 2, et reçu tous les ordres jusqu'à la prêtrise à Saint-Sulpice, François d'Urfé s'offrit à M. de Bretonvilliers, qui l'avait associé à sa Compagnie, pour aller travailler aux missions du Canada 3. Précisément à cette époque le séminaire de Saint-Sulpice comptait nombre de jeunes clercs d'une naissance distinguée, en qui l'ardeur de leurs ancêtres semblait revivre, pour les entraîner dans de nouvelles croisades pacifiques. Leurs aînés, François de Casson, originaire du diocèse de Nantes, Claude Trouvé d'une riche famille de la Tou raine, et François de Fénelon, frère aine du futur archevêque de Cambrai, venaient de passer au Canada, quand le 10 juin 1668, des indigènes du lac Ontario demandèrent aux prêtres de Villemarie (Montréal) des missionnaires, pour travailler à la baie de Kenté, dans la presqu'île du Prince-Edouard.

Quelques mois après, à l'automne de 1668, Gabriel de Queylus, premier supérieur de Montréal, revenait de la métropole, emmenant avec lui plusieurs ecclésiastiques de Saint-Sulpice, parmi lesquels se trouvaient François d'Urfé, Louis de Cicé, René de Galinôe, et quelques autres. Presque aussitôt ces derniers se joignirent aux premiers missionnaires. M. de Queylus nomma comme directeur de la mission de Kenté, Claude Trouvé, qui avait la réputation d'être très sage et très prudent. De 1668 à 1677, ils évangélisèrent les Iroquois dans toute la province du Haut-Canada, suivant les sauvages dans tous leurs campements. François d'Urfé s'employa avec un grand zèle à leur conversion plus d'une fois au péril de sa vie. A l'automne de 1676, il fut envoyé à la mission de Gentilly ou de la Présentation avec François de Fénelon Ayant pris les intérêts de son ami dans les démêlés que celui-ci eut avec le gouverneur général de Frontenac, François d*Urfé dut revenir en France deux ans plus tard avec son confrère pour se plaindre de la conduite du gouverneur. Il composa un mémoire que M. Tronson remit au ministre Colbert. Celui-ci qui était devenu depuis 1675 par le mariage de son fils le marquis de Seignelay, un parcnl par alliance de

1. L. Bertrand, Correspondance de Tronson, t. II, p. 19. Notons ici que le cbftteaa de Flageac, lieu de naissance du P. d'Urfé, était situé dans i'archiprètré de I^ngcac, qui faisait alors partie du diocèse do Saiot-Flour. Aussi les bulles qui furent délivrées à François, abbé d'Uzerche, le 1^ juin 1695, le qualifient do prêtre de Saint-Flour, Mss. n. 35 p. 2^2.

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