‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 434 sur 480 · Mss. n. .%, p · texte numérisé non relu

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3. Voir un bon résumé de l'histoire de ces missions dans Picot, Essai historique.

la famille d'Urfé, fit bon accueil au mémoire : en conséquence le marquis de Frontenac fut rappelé du Canada *.

Pendant son séjour en France, François d*Urfé, que M. Tronson se plaisait à surnommer, dans ses lettres à l'évéque de Limoges, c le Grand Abbé, le grand frère Ganadois », remplit d'abord en 1679, dans Téglise paroissiale de Saint-Sulpice, les fonctions de vicaire de chœur 2. Au mois de septembre de Tannée suivante, il devint doyen de la cathédrale du Puy, par la résignation d'Hippolyte de Béthune, évèqne-nommé de Verdun et à la recommandation du roi lui-même et du P. de la Chaise 3. 11 établit sa résidence au séminaire, y prit aussi la direction et suivit les avis du supérieur de la maison, M. de Lantages, et s'occupa malgré ses répugnances, de la conduite des religieuses ^. Des difficultés étant survenues, en février 1685, entre Armand de Béthune, évoque du Puy et François d'Urfé, au sujet de la construction du séminaire diocésain, le doyen trouva, dit M. Tronson, * un moyen bien court pour terminer cette affaire ». Après avoir pris en effet le consentement de son père, de son protecteur le P. de la Chaise et de Tévêque de Limoges, François d'Urfé se résolut à retourner au Canada et résigna à cet effet sa dignité en faveur de son frère Emmanuel, abbé de Saint-Just 5.

D'ailleurs le nouvel évèque de Québec, Jean-Baptiste de Saint- Vallier, abbé de Bénévent, qui se disposait à partir pour son diocèse, au commencement du mois de mai suivant, avait demandé à M. Tronson quelques prêtres de sa Compagnie et entr'autres François d'Urfé, son ami, lui disante qu'il serait ravi de l'avoir avec lui ». Répondant à sa demande, M. Tronson donna au jeune évèque Claude Trouvé et François d'Urfé, comme conseillers et trois autres confrères comme missionnaires. Le prélat, racontant lui-même son voyage dans une lettre, s'exprime ainsi au sujet de François d'Urfé : « On connaît assez le nom et la vertu de M. l'abbé d'Urfé... il suffit de dire qu'il a été pendant plusieurs années un exemple de zèle et d'humilité dans le séminaire de Saint-Sulpice de Paris, et qu'il a déjà demeuré dix ans en Canada, où il a donné beaucoup d'édification dans le sén)inaire de Montréal... » François d'Urfé resta un an à Québec. Sa position y étant un peu fausse, il profita du retour de l'évéque en France (nov. 1686) pour se rendre à Montréal auprès de François de Casson, supérieur du séminaire. Après avoir pris ses conseils, François d'Urfé se fixa à l'extrémité occidentale de l'Ile, où il établit la mission Algonquine, qui porta depuis son nom. Il fonda aussi la paroisse Sainte-Anne du Bout de l'Ile, et établit un pèlerinage en face des rapides de l'Otawa, où s'accomplirent des miracles 6.

Les affaires de la mission et les siennes l'obligèrent à revenir en France vers la fin de 1688. « Je ne sais pas quel succès aura le voyage de Monsieur votre frère, écrivait M. Tronson à l'évéque de Limoges, mais il est déjà bien content des belles paroles que M. le marquis de Frontenac (réélu gouverneur du Canada) lui a données. Je souhaite que les effets suivent les promesses, afin qu'il puisse retourner content en Canada. II projette de partir ce printemps et d'aller cependant à Lyon

1. L. Bertrand, Bibliothèque Sulpicienne, t. I, p. 156 et suiv.

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