Bulletin de Tulle, t. 111. p
3. Abbé Granot, Histoire de Bellac. Limoges, 1890, p. 155 et suiv.
une rente de 1500 livres; puis à enseigner un peu plus tard, ainsi qu'à Bellac, les classes d'humanités et de rhétorique, quand la ville le désirerait et leur donnerait une dotation supplémentaire. Enfin, sur la prière des consuls, les religieux devaient assister tout le public de la ville aux confessions, prédications, catéchisme et enseignement de la doctrine chrétienne, conformément à leur rôgle. * Les consuls et syndics de Treignac prirent de leur côté l'engagement de faire bâtir et meubler à leurs frais un collège et une église lambrissée en lieu convenable. Un document postérieur de 1072 nous prouve que ce projet d'établissement scolaire avait été réalisé, après avoir re<:u l'approbation épiscopale. L'un des principaux résultats de cette œuvre de prosélytisme fut la conversion lente mais sûre du petit groupe des protestants de Treignac *.
2^ Les collèges tenus par éU'S prclres sécullcvs.
Le collège de Felletin dans la Marche, le plus ancien établissement scolaire du diocèse après celui de Limoges et de Brive, eut pour fondateur un simple prêtre nommé Fran(jois Durand, patron de la vicairie Saint- Légier, en l'église et communauté du Moùtier. Ce communaliste, issu d'une famille bourgeoise de Felletin, fit donation en février 1589 d'une somme de 667 écus en faveur de trois régents jésuites ou à leur défaut « de trois autres personnes capables, pour enseigner la jeunesse de cette ville et des lieux circonvoisins es grammaire, rhétorique et autres bonnes lettres». Trois ou quatre ans plus tard, c des régents séculiers fortuitement trouvés, mercenaires et à gages • enseignaient les écoliers au centre de la ville. Un nouveau legs "laissé en juin 1622 par un autre bienfaiteur de la même famille, Claude Durand, chanoine pénitencier de Saint-Malô, permit de créer un pensionnat dans un nouveau local plus avantageux. Pendant longtemps le collège de Felletin ne fut pour ainsi dire qu'une succursale des paroisses du Moùtier et de Beaumont, Pour y professer, il fallait être enfant « filleul * de la ville. François Esclache, curé de Beaumont, avait en 1605 les titres de principal du collège (et de vicaire général de l'évêquede Limoges).
De nouveaux règlements séparèrent en 1685 le collège des conimu- .nautés parois.siales de Felletin, qui continuèrent néannjoins à lui fournir des régents. Le collège fut désonnais adminirtré par un bureau composé d'ecclésiastiques et de laïques de la ville ;révêque en qualité de président était représenté dans les assemblées du bureau par un commissaire ou syndic qu'il nommait tous les ans. « Le personnel enseignant comprenait un principal, trois régents prêtres, pour faire duement les classes dès la sixième jusqu'en rhétorique inclusivement, un maître écrivain pour apprendre aux petits enfants les éléments de la langue française, la lecture, l'écriture, le calcul, et un préfet des études pour le pensionnat »>. Les professeurs du collège devaient s'engager visà-vis du bureau, moyennant un salaire annuel de 800 livres, pour une
1. Bulletin de Tulle, t. II, p. 197 ot suiv. Documents histor., t. Il, p. 288 et Archioes hûtor., t. III, p. K{<). Sitrnalons ici deux autres loudutions scolaires . L'une, du cardinal de Mortemart (do 134-2), obligeait les Aiigrustins de ce lieu »< à nourrir en pension douza enfants do Morteuiart et à les enselguor en humanités et on philosophie ». L'œuvre existait encore en 170*2. Bulletin de Limotjea, t. XLVI, p. :{S6. L'autre fondation, œuvro tostamontairo du ^icur de Varillas, historiographe du roi, établit un col l(^ge, qualifié même de petit séminaire, soi^s la direction des Barnabites, en 1700, à Guéret, auprès des Pénitents Blancs, Un pensionnat florissant y fut adjoint-, les religieux enseignaient depuis la sixième jusqu'à la rhétorique inclusivement. Bulletin, ibid., p. 389. Du Tcms, Le clergé de France^ t. III, p. 332.
période renouvelable de neuf ans, à demeurer dans rétablissement où ils étaient logés et nourris et à s'occuper de linstruction de la jeunesse du 3 novembre jusqu'au 7 septembre. En 1690, le collège était sous la direction de Jean Choupineaux, docteur en théologie. Ce maître distingué composa une grammaire latine, imprimée à Lyon en -1701, et devenue bientôt manuel classique dans de nombreux collC^ges du royaume ^.
On sait peu de chose de l'histoire de plusieurs autres collèges, dont la direction fut confiée à des prêtres séculiers au moment de leur fondation. On signale à peine l'existence de trois établissements de ce genre, qui fonctionnaient en 1650 à Saint-Junien, vers 1670, à Beaulieu, vers 1682 au Dorât 2 et plus tard à Eymoutiers avec un pensionnat de trente places. Un autre collège beaucoup plus ancien, issu du séminaire de Ventadour, fut établi dans la capitale du duché de ce nom, àUssel, en 1644. Pour le relever de l'état de décadence dans lequel il était alors tombé, l'évèque de Limoges donna en 1771, au pensionnat de ce collège un règlement qui était suivi, dit-il, de toute ancienneté dans les autres établissements de son diocèse.
Nous y remarquons d'abord que les jours de classe, le lever était à six heures depuis la Toussaint jusqu'à l'octave de Pâques, et à cinq heures et demie depuis l'octave de Pâques jusqu'aux vacances. La prière devait être faite en commun dans une salle un quart d'heure après le réveil.. L'étude des leçons à voix basse suivait immédiatement. Chaque pensionnaire se rendait ensuite dans la chambre de son régent pour la correction du devoir de la veille. Un domestique distribuait à sept heures trois quarts le déjeuner dans la salle d'études. La cloche sonnait à huit heures la classe qui durait jusqu'à dix heures. Après la classe, on se rendait directement à la chapelle, pour y entendre la messe de communauté. Après l'étude qui suivait la messe, avait lieu à onze heures trois quarts le diner pendant lequel, ainsi qu'au repas du soir, on faisait la lecture. Les jeunes gens étaient exhortés à se joindre à quelqu'un des maîtres qui passaient avec eux les récréations. La collation était à quatre heures et demie après la classe et le souper à six heures trois quarts après l'étude du soir. A huit heures un quart après la récréation chaque pensionnaire faisait à son tour en public un peu de lecture spirituelle et récitait ensuite la prière du soir. Un des maîtres faisait à neuf heures la visite dans toutes les salles et les chambres, pour vérifier si l'on était couché.
Les dimanches et jours de fêtes, avaient lieu à huit heures en hiver, à sept heures en été, la congrégation, la messe et l'instruction religieuse, A dix heures et demie en été, on se rendait en classe, pour y prendre des leçons particulières de géographie, d'histoire et de blason. Ces mêmes jours à une heure et demie, on faisait après la récitation du chapelet une demi-heure de catéchisme. Après vêpres, on allait à la promenade jusqu'à cinq heures. Une fois par semaine, on devait avoir congé. Chaque classe allait en promenade avec son régent. Quand le temps ne permettait pas de sortir pour la promenade, les écoliers de chaque classe devaient se rendre chez leur régent, pour s'y amuser honnéteuient. Tous les samedis, chaque régent expliquait à la fin de la classe du matin l'Évangile du dimanche suivant et faisait le caté-
1. Abbé Pataux, Histoire de Felleiin, p. 'X>^ et suiv. ; du Tems, Le clergé de France. Parts, 1775, t. 111. p. XVX Documents /iw/or., t. 11, p. 273.
5. Documeiits histor., t. Il, p. *2(>1. Le collètre d'Auzances fût fondé vers 17<'6, et celui de la Courtino près Aubussou eu 1716. —M. Leroux — Géographie et Histoire du Limottiin, p. 134,
chisme pendant la derniôre demi-heure de la classe du soir. Tous les mois et les principales fôtes de Tannée, chaque pensionnaire devait se confesser, et si le confesseur le jugeait à propos, communier. Tous les ans, aux approches de la fête de Pâques, on devait donner une retraite générale. C'est à cette retraite que les enfants se préparaient à. la première communion et tous les écoliers au devoir pascal. Dès le commencement du Cai'ême, le principal devait charger quelqu'un des régents de donner des leçons particulières de catéchisme à ceux qui seraient dans le cas de faire leur première communion ^.
5® Les petits séminaires du diocèse^ et notamment le séminaire de Magnae.
Trois établissements scolaires fondés au dix- septième siècle dans le diocèse de Limoges portèrent le titre assez rare de Petit Séminaire. Le plus ancien, celui de la Marque à Brive, remonte au 19 avril 1047. 11 fut augmenté le 6 juillet ltxS2 par Clément de Cosnac, sieur de Saint- Gemnain, curé de Daignac, et en cette qualité archiprêtre de Brive '^.
L'évèque de Limoges autorisa en 1667, Jean Vielbans, curé de Gublat (Gorrèze), à commencer dans la petite ville de ce nom « rétablissement d'un petit séminaire pour élever des jeunes clercs, suivant le concile de Trente, dans la piété et dans la science ». Dès le début de son exercice, cette maison « préparatoire pour le séminaire de Tordination fut accompagnée de grandes bénédictions ». Mais comme le nombre des élèves, qui se présentèrent les deux premières annécis, ne pouvaient pas être commodément logés dans ce lieu, et qu'on ne pouvait sans peine et sans de grands frais avoir les choses nécessaires, pour faire subsister une communauté nombreuse Tévèque agréa de vive voix et ensuite, par lettres du 5 décembre 1669, que « ce séminaire fût transféré à Brive pour la plus grande commodité ». Jean Vielbans bénit quelque temps après, avec la permission du prélat, une chapelle intérieure pour le service de son établissement s.
L'institution cléricale de Magnae, qui devait servir dans la pensée du moins de son fondateur de « succursale » au séminaire des Ordinands de Limoges, ne fut d'abord, dès 1649, qu'une maison de missionnaires, prêtres de Saint-Sulpice, chargés par M. Olier sous la direction de Pierre Couderc *, d'évangéliser les campagnes ou treize grosses paroisses du marquisat de Magnae. Cette communauté fut l'origine du séminaire de cette ville. Le pieux marquis voulant perpétuer sur ses terres les bénédictions que ces prêtres y répandaient avec abondance, assigna des fonds pour leur subsistance &, et leur procura dans la ville de Magnae une « maison assortie de meubles, un jardin et un enclos ». La dotation de la maison fut augmentée le 17 octobre 1664, « à cause du grand nombre de clercs qui s'y présentaient tous les jours 6 ». Grâce à l'entremise d'Antoine de Fénelon, des lettres patentes du 22 mars 1665 donnèrent à cette institution de Magnae le titre légal de séminaire. Sur la demande du généreux marquis, l'évèque de Limoges réunit, le 29 juillet suivant, son conseil au palais épiscopal, dans le but de déterminer les règlements du nouvel établissement. François de Salignac