Documents histor., t. II, p. '264, 'i
4. P. Couderc fut rappelé à Saiiit-Sulpice en 1651. Cf. infra.
5. Faillon, Vie de M. Olier, t. H, p. 310 ot Vie de M de Lantages. Paris, 1830, p. 431.
6. D'après cet acte de donation, le premier sup<^rieur do cette institution anr&it été Martial Dunoyer, prêtre du diocèse de Limoges. Cf. infra, Normand.
Fénelon, évoque de Sarlat, Antoine de Fénelon son frère, Jean Bourdon, supérieur du séminaire des Ordinands et Fraysse (nouveau supérieur du séminaire de Magnac, probablement), assistèrent ce jour-là aux importantes délibérations de cette assemblée, qui arrêta les statuts de cette fondation.
Leur préambule précise parfaitement le but spécial de Toeuvre. « Un séminaire, y est-il dit, a été fondé à Magnac, tant pour la décharge de celuy de Limoges, que pour servir de bourse cléricale en faveur des pauvres clercs, qui méritent d'être promus aux ordres sacrés, ne pouvant rètre sans le secours de cette fondation, et où Ton s'applique particulièrement à faire, par le moyen de ces pauvres clercs, de bons vicaires pour les paroisses de la campagne les plus abandonnées, que ceux qui ont du bien ne peuvent s'assujettir à servir ». La première PQPsée du pieux marquis, fondateur du séminaire, c'était la formation du clergé des campagnes de Magnac et son recrutement parmi les familles pauvres du marquisat, dont les enfants avaient une vocation décidée pour le sacerdoce. Chargé néanmoins de l'œuvre des premiers missionnaires, le supérieur du séminaire devait envoyer des ecclésiastiques, les dimanches et jours de fêtes dans les paroisses du voisinage, pour y aider les prêtres de la campagne à. faire l'office divin, à instruire les paysans par des instructions catéchistiques, faciles à comprendre. Il devait aussi avoir la charité de procurer dans ces paroisses quelque bonne mission de temps à autre. Le séminaire de Magnac devait encore « nourrir gratis, pendant dix à quinze jours, les curés et prêtres de la campagne, lorsqu'ils voudraient y faire une retraite spirituelle, durant laquelle le supérieur procurerait de plus que les paroisses de ces curés seraient servies par de bons ecclésiastiques ». Les prêtres communalistes de Magnac étaient même invités par le texte des statuts de cette maison à y vivre désormais en communauté, et à y préférer à celui de leur famille ce séjour du séminaire plus conforme à la vie cléricale. Les pauvres clercs du marquisat devaient demeurer au séminaire « le temps nécessaire non seulement pour y estre bien instruits, mais aussi pour estre faits prêtres ». Dans les vues du fondateur, la maison de Magnac devait donc être un vrai séminaire, une « succursale, une décharge » du séminaire des Ordinands de Limoges ^. Il en eut été ainsi assurément, si la Compagnie de Saint-Sulpice avait pu y établir un personnel de directeurs tirés de la maison de Paris. Durant une quinzaine d'années (1665-1680), le marquis de Fénelon fit auprès de M. Olier et de ses successeurs les instances les plus pressantes, pour qu' « au moins le supérieur de Magnac lui fût envoyé de Saint-Sulpice ». Cette faveur ne put lui être accordée à cause du petit nombre de prêtres de cette Compagnie. Les missionnaires de Saint-Sulpice s'étaient retirés de bonne heure de Magnac, après y avoir constitué une communauté chargée de l'œuvre cléricale, et en avoir laissé la direction à d'autres ouvriers. Ces derniers, prêtres du diocèse, soumis à l'autorité directe de l'évèque de Limoges, dirigeaient en 1666 un vrai «Petit Séminaire, où l'on enseignait les belles-lettres aux jeunes gens 2 ». Pierre Goneldieu, qui prenait alors le titre de « prêtre, supérieur du séminaire de Magnac », adressait en mars 1675 une requête à l'évèque François de La Fayette, « aux fins de faire approuver un nouveau règlement » pour cette maison. Il y exposait que la communauté établie par les prêtres de Saint-
I. J. Normand, principal. Histoire du Collège de Magnac -Laval, Umoges, Barbou, s. d., édité vers 1S67, in- 12 de 296 p.
% Vie de M, de Lantages, p. 433,
Sulpice n'avait pa répondre aux intentions du fondateur, que siir un point particulier, concernant Tinstruction des clercs, « à laquelle Dit*u avait donné beaucoup de bénédictions •. Le soin de leur bonne éducation était d'ailleurs d'autant plus utile au diocèse, « dans ce canton de Magrnac, que les jeunes gens y étaient très portés à Testât ecclésiastique ».
Conformément aux désirs de Pierre Goneldieu et du marquis; de Fénelon, l'évéque de Limoges établit le 12 novembre 1675 «un conseil fixe et permanent, composé des supérieurs des Ordinands, et delà Mission de Limoges, ainsi que du supérieur du séminaire de Magnac pour l'administration tant spirituelle que temporelle de cette maison ». Ofs administrateurs devaient s'assembler régulièrement tous les trois mois, et notamment le 15 octobre et le 15 juillet, avant le commencement et la fin des exercices scolaires, pour régler ensemble la conduite de ce séminaire, l'emploi de ses ouvriers et autres choses nécessaires. ^- Dans le but d'assurer la durée de cette fondation, le marquis de Fénelon obtint de l'évéque Louis d'Urfé l'uinon de l'établissement de Magnac au séminaire des Ordinands de Limoges. Le contrat fut conclu, le 29 juin 1680 entre Antoine de Fénelon et Jean Bourdon. On y stipula, «que la moitié des revenus du séminaire de Magnac, (soit seize mille livres au moins), serait employées, à perpétuité, dans le séminaire de l'Ordination de Limoges, pour la pension des plus pauvres ordinands, moyennant renvoi à Magnac de deux bons ecclésiastiques pour la direction des œuvres cléricales du Petit Séminaire i. Des lettres du roi, de mai 1683, confirmèrent cette donation.
Le marquis de Fénelon fit élever sous ses yeux et à ses frais, à partir de 1665, les bâtiments du séminaire à l'extrémité Nord-Est de la ville. Deux ailes de construction se rattachaient à un corps principal de logis ; leur ensemble reproduisait comme style le vieux château de Magnac (surnommé plus tard sous le maréchal duc de Laval, c le Versailles de la Marche >) 2! Rien ne fut négligé comme confortable dans l'aménagement des pièces du collège, et notamment pour les chambres des prêtres et les cellules des clercs 3.
Le séminaire de Magnac resta jusqu'à la Révolution dans la dépendance et sous la direction du supérieur et du syndic du séminaire de Limoges. Son beau pensionnat était occupé habituellement par cent à cent cinquante élèves, qui s'y rendaient de tous les côtés du diocèse. Outre les pensionnaires, on introduisait encore beaucoup d'externes de la ville, qui se rendaient chaque jour au séminaire, pour en suivre les cours. On y enseignait depuis la septième classe jusqu'à la philosophie inclusivement. Chaque classe avait son régent. Le supérieur, le préfet des études ou sous-principal et tous les régents étaient prêtres et recevaient directement de l'évéque de Limoges leur mission. Le Petit Séminaire de Magnac jouit constamment d'une réputation méritée. II fut après le collège de Limoges l'établissement le plus recherché du diocèse par les familles des classes aisées, à cause de la supériorité de ses études et de sa direction. Les pauvres clercs du marquisat, qui bénéficiaient des bourses du fondateur, donnaient l'exemple du travail aux fils de la noblesse et de la bourgeoisie. Le séminaire resta d'ailleurs fidèle au principe de sa création, car, la plupart des familles
1. Normand, i6i</., et Documents /tixtonques du Limousin, t. II, p. -iSO et saiv.
?. Antoioo de Féiielou mourut à Paris le 8 octobre 1<'>S3 ; il fut inhumé dans la chapelle du sthniiiaire de Saiut-Sulpirc. Le chùtrau de Magnac fut démoli pendant la Révolution. Les bâtiments de l'ancien séminaire servent actuellemout au collège municipal.
3. Le maréchal de Laval Ht coustruire au colicge, vers 17D0, un thélitre et ojie chapelle.
de la société dans cette réprîon de la Marche tinrent à honneur de compter dans leur descendance un ou plusieurs prêtres. Le clergé du diocèse et diverses congrégations se recrutèrent d'une façon notable parmi les élèves de Magnac <,