III. L INSTRUCTION PlIIMAIRE
Dès la fin du seizième siècle, TEglise et TEtat en France unirent leurs efforts dans les conciles et les assemblées publiques, pour ivlever les écoles jadis florissantes et tombées en décadence depuis les troubles de la Réforme, pour restituer aussi les anciennes fondations et en assurer de nouvelles. L'instruction se répandit avec un tel élan, que dans la seconde moitié du dix-septième siècle, le royaume de France apparut généralement couvert de petites écoles. Dès 1680, des écoles spéciales étaient réservées aux pauvres dans les gi'andes villes. Là où elles n'existaient point, on les admettait gratuitement dans les écoles payantes. "L'Escole paroissiale qui était depuis 1654 le guide pratique des maitras en France, le recommande expressément. Les évèques dans leurs statuts, les bienfaiteurs dans leurs donations faisaient un devoir aux maîtres et aux maltresses d'école de recevoir avec autant d'affection les enfants des pauvres que ceux des riches 2.
Cette vigoureuse impulsion donnée à l'enseignement primaire, les évoques réformateurs de Limoges voulurent en faire bénéficier la masse de leurs peuples. Mais quels résultats produisit au juste cette action ecclésiastique, adhuc sub jtidice lis est ? Les écoles paroissiales en Limousin n'ont pas en efl'et, en dehors des registres des églises, qu'on n'a guère dépouillés, laissé beaucoup de traces dans les diocèses, de sorte qu'il est très difficile de connaître exactement quel fut dans chacun d'eux le degré d'avancement de l'instruction primaire 3.
Ces écoles pourtant étaient dans la nature des choses. Le desservant d'une paroisse, pour former un enfant de chœur, un sacristain, un aide quelconque, était obligé de se transformer en instituteur. Les statuts du diocèse de Limoges en arrivèrent peu à peu à faire de la tenue d'une école une obligation pour tous les curés. Voici en quels termes s'expriment à ce sujet les statuts synodaux de 1519 : « Chaque curé aura avec lui un clerc de science médiocre, qui chantera au chœur, et tiendra école où il enseignera l'alphabet et les dix commandements de Dieu ». Tel est le programme de l'instruction primaire au seizième siècle, et voilà la première apparition du maître d'école du vieux temps, chantant au chœur et n'enseignant guère autre chose en dehors du catéchisme, que la lecture, le comput et l'écriture *. Si modeste qu'il fût, ce programme d'études primaires suffisait aux besoins de l'époque.
Aussi pendant longtemps les évoques de Limoges se bornèrent à en surveiller l'application dans leur diocèse. Sous l'influence de la Compagnie du Saint-Sacrement s, et par suite surtout de la révocation de l'édit de Nantes, le zèle des écoles prit en Limousin comme ailleurs un nouvel accroissement.
Le grand évoque Louis d'Drfé s'empressa dans cette circonstance de signaler à son peuple les graves lacunes de l'instruction primaii-e. Le
1. Normand, ibid., et du Tems, Le Clergé de France. Paris, HTr», p. 'Mi.
S. M. J. Gaibert, Histoire de Saint- Jean-Baptiate de ta Salle, Paris, lUOO. Introduction.