‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 457 sur 480 · D'A vend, Bichelien^ t. 111, p · texte numérisé non relu

D'A vend, Bichelien^ t. 111, p

4. Dictionnaire de pédagogie, Paris Hachette, v« limousin, art. L. Guibert.

5. Elle prit à ce siyet en 1659 plusieurs délibérations, iSuZ/efin deLimogeê, i, XXXIII, p. 7'^

604 t:n sïfcrxK dr vtr ecclksiastîqce es pbovtnce

magnifique manfi«*ment qu'il publia au synode de la Saint-Luc {2IÎ o«»t<>bre 1686», n'est pas un dea mm ru ires titres de yrloire de i!e prélat rêfomiii.teiir. < Le besoin pressant d'in^trnrtion et le d»*t';nit presque univ»*r*i**i dVdiication chrétienne que nous avons remarqués, dit-il, daiis notre diof^ése, noua ont fait souiiaiter ar(iemment d'y apporter quelque rein»-^ de. Le moyen le plus effu -aoe, pour parvenir à cette tin, serait premié»rement d'établir «ians toutes les vilN-s et les bour;^s les plus con.sidé^rabîes des maîtres et des maîtresses d'école, qui n'aient pas seulement de la capacité pour instruire, mais aussi de la piété et de rédui'ation ; en second lieu, de donner des réi/Iements aux maîtres d'éc«)Ie ; et t*ri troisième lien, de préposer quelques ecr-lésiastiques d'une vertu sinyriiliére, pour avoir l'inspection sur les dites écoles, pour aider les niairr»*<t de leur conseil, veiller sur leur conduite et tenir la main à l'exécntion du ré};rlement •. A cet effet, l'évéque prescrivait à son clergé les niesan^s correspondantes. Ce man^lement et les renflements des écoles qui y étaient joints, .semblaient inspirés des réforines s<'olaires. quaviut inaugurées à cette époque l'ancien confrère du prélat, à Saint-Suipire, M. Dénnia, officiai de Lyon, l'auteur de célèbres Bemontrance» ilHt>i*>.

Les premiers statuts .se rapportent à Texamen des maîtres et à l^-iir appro^>ation. L'évéque » défendait expressément à toutes personnes de s'injçérer k tenir les petites écoles, ou à enseigner dans son di<K?ê:?4*^ sans .sa permission et approbation par écrit ». Les écoles mixtes étai«-nc interdîtes. I-f»s maîtres et les maîtresses devaient t mener tous les matins leurs élèves à la messe, à l'issue ou au commencement de lears clas.ses et avoir soin de les faire a.ssi.ster au service divin et aux catéchismes les dimanches et jours de fêtes ». Ils devaient l*^s « exhorter à fréquenter les sacrements, particulièrement celui de la Pénitence, au moins une fois le mois ». Ils ne devaient point leur f permettre la lecture d'aucun livre suspect pour la do^'trine ou dangereux pour les moeurs »>. Parmi les instructions qu'ils de\-aient leur donner, outre un vrai cours de mr>rale « sur les règles de la civilité ^t de l'honnêteté *, ils éUiient chargés de leur expliquer le mot k mot ilu Catéchisme diocésain pendant la semaine. Ils devaient veiller soigneusement sur la conrluite de leurs disciples dans leurs classes et au dehors et les châtier au besoin. Knfin ils devaient rendre un compte fidèle de tout ce qui .se passait dans leur école à l'ecclésiastique inspecteur, f Tinfonner des moMirs, des talents et du nombre de leurs di.Hciples, avoir recours à lui dans toutes leurs difficultés et suiire en tout son avis * ».

Faute de connaître le moindre rapport des inspecteurs d'écoles institués par révèque de Limoges, ou même un catalogue quelconque des maîtres ou maîtresses d'écoles de ce tenq>s, nous ignorons si les excellents règlements de Louis d Trfé furent .sérieusement appliqués dans .son diocèse. Il est du moins impossible d'affirmer qu'à la veille de la Révolution « toutes les paroisses du diocèse de Limoges fussent pourvues d'écoles ; il est même difficile rie le croire. Quelques mentions de maîtres dans les registres paroissiaux sont les seules traces de ces petites classi'S. Il est permis de penser que, soit négligence, soit impossibilité matérielle, empêchement physique ou autre, beaucoup de curés ne se conformèrent pas aux statuts diocésains; beaucoup d'autres, faute de ressources sulfisantes, furent eux-mêmes les maîtres d'école de leur paroisse » 2.

J, Orffonnanr^M »tjnod., (édition de 17fjCî, p. SlO-vh?!. •

,V» Art, L. Oiiibfrt, cf, tupni.

APPENDICE m 603

Dans son célèbre mandement de 1686, Louis d'Urfé avait d'ailleurs exhorté « les ecclésiastiques qui pourraient s'appliquer à Tinstruction de la jeunesse de s'employer à une œuvre si sainte, si agréable à Dieu et utile au salut des âmes... » ^. Sans être aussi nombreux à remplir ces humbles fonctions que dans plusieurs autres diocèses du royaume, notamment dans ceux de Lyon, de Rouen et d'Albi s, les prêtres du diocèse de Limoges dirigèrent les petites écoles dans un grand nombre de paroisses. On connaît particulièrement Texistence de régents ecclésiastiques au dix-septième siècle dans les petites écoles de Bellac, du Dorât, de Rochechouart, de Saint Junien, de la Souterraine 3 ; d'Eymoutiers et de Magnac. Les maîtres d'écoles primaires à Eymoutiers étaient le plus souvent des prêtres choisis et entretenus par le chapitre et nommés par Tévêque. En 1633, c'était Martial Pradilhon, prêtre régent, qui enseignait la grammaire aux enfants. D'autres régents ecclésiastiques sont signalés dans cette ville pour les années 1675 et 1701 *.

D'autre part, le contrat d'union du séminaire de Magnac à celui des Ordinands de Limoges stipulait l'entretien, sur les revenus de la fondation du marquis de Fénelon, d'un ecclésiastique qui serait chargé exclusivement de la direction des petites écoles dans cette maison, moyennant une pension de 300 livres, t Ce soin, dit le pieux donateur, sera d'autant plus utile à l'église dans ce canton que les enfants sont très poilés à Testât ecclésiastique, et qu'un prêtre sera plus propre et plus soigneux que tout autre pour eslever dans la piété les enfants qui lui seront confiés. Ce dernier ne sera obligé d'enseigner gratis que les enfants que le dit seigneur lui nommera ; il pourra tirer des autres enfants une rétribution raisonnable et avoir même pour cela quelque autre personne avec lui & ».

Les magisiers laïques qu'on trouve clairsemés dans quelques localités du Limousin n'avaient presque partout aucun caractère public, aucune subvention. C'étaient de simples instituteurs privés, et si le seigneur de l'endroit leur donnait un peu d'aide, c'était tout ce qu'ils pouvaient attendre, en dehors de la pauvre rétribution qu'ils obtenaient de leurs élèves. Ceux toutefois qui dirigeaient des écoles créées par une fondation spéciale, ressemblaient fort aux instituteurs communaux d'aujourd'hui.

En dehors de la famille et du monastère, où l'on prit de bonne heure des pensionnaires, il n'y avait point dans le diocèse de Limoges, pour l'éducation des filles, d'enseignement qui leur fût destiné, avant la fin du seizième siècle 6. Mais le concile provincial de Bourges ayant décrété en 1584 que l'instruction des jeunes filles serait confiée dans chaque paroisse à des veuves ou à des femmes capables de former les enfants à la lecture et à la vie chrétienne, on établit dans les paroisses du diocèse de Limoges, notamment à Ussel,des écoles particulières de lecture, qui étaient tenues communément par des femmes '^. Malgré le zèle qu'on aurait pu y mettre, on aurait eu peine à trouver des maîtresses ; des écoles normales eussent été nécessaires pour les former et

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