M. Leroux, ibid
3. Bulletin de Tulle, ;x, 370. Notons ici ce détail (donné par les Archives Uis"
44 i:n sikclk de vie ecclésiastique en province
Quelque temps après, rêvécfue de Limoges, se préoccupant plus que jamais de faire légaliser la situation des nouveaux directeurs du collège, approuvait le 25 lévrier i5î)9, la <( très humble remonstrance et re({ueste des religieux de la Compagnie de Jésus au très chrestien roy de France et de Navarre, Henri IV ». Ce plaidoyer ;jro domo des Jésuites de la maison de Limoges, semblable au fond à cxîux que les religieux du même ordre adressèrent dans les établissements des autres provinces de France, faisait appel à la conscience du roi « mieux informé b des sottes accusations de leurs ennemis, dont un Parlement (celui d(î Toulouse?) toutes chambres assemblées, venait de faire justice. Avant de revêtir cette requête de sa signature, révêque Henry de la Martonie la soumit à l'examen de deux de ses prêli\'s les plus distingués du clergé de Fjmoges, Pierre Cybot, docteur en théologie et sous-chantre de la cathédrale, et Pierre Hoyol, chanoine et officiai, dont le témoignage favorable valut à ses auteurs le permis d'impression ^.
Sans attendre cette fois encore la réponse officielle, car les. Jésuites de Limoges n'obtinrent qu'en se])tombre M'M des lettres royales qui conlirmèrent leur établissement -, le recteur du collège Sainte-Marie, le P. Solier, j)assa le "27 novembre 1599, au nom du P. Georges, provincial d'Aquitaine, un contrat avec révê(|ue de Limoges, les uiagivStrats et les consuls de la ville. Le P. Solier s'engageait à entretenir au collège sept régents de la société, un pour la rhétorique, un autre pour la classe de seconde, qu'on appelait alors classe de poésie ou d'humanités, et trois autres pour les classes inférieures de latinité, appelées classes de grammaire. Deux autres régents, qui ne furent installés, faute de îocal, qu'en l(>97, devaient enseigner alternativement la philosophie et la physique: ce qui faisait sept années d'études classiques. Toute la jeunesse devait être instruite au collège gratuitement.
De leur cO)té. Tévéque, les chai>itres de la cathédrale, de Saint- Martial, et les consuls devaient doter le collège d'un revenu annuel de iUOO livres. Levèciueet les chanoines contirniaient les stipulations pi'écédenles; les consuls donnaient aux IVu-es Jésuites toutes les maisons du collège, cours, classes et jardins y attenants, et s'engageaient à acheter les maisons voisines, pour bcitir l'église et augmenter le nombre des dusses. De [)lns, les consuls donnaient aux IV^res tous les biens, droits, rentes cl reviMius alVéï-entsau collège, notamment la métairie de Krègcfond, les renies de Villeboiset du Mas du Puy, les anciens droits sur le |)rieurè d'Aureil (évalués à l (MH) livres), enoutre iOOécus on VIW livres de rentefournis i)ar les habitants de la ville ({iii avaient promis de constituer une rente
loi\, u, l-2*,>' d"a|)ivs Wk\\iA les pn'niiors ivi^rutsdn cnlloirc n'ctant pas encore litraleiiKMit autorists, auraient uiaititenu Ilmu* derneure à Lunujies chez Uardon de IJnin, et ne se serai.'nt dilinitivenieiit lur^talh'S an cull'V'^» cjue le premier jour (iu carême de l année I.")!!!).
l. Voir cet ()|inscnle à la Hil»li.)tl). Nation, sous la cote L d. o'.K '2Ô, c.
± D après le Mercure, v*^ .)< suite, t. II, p. "iSt, Ih'mexjnonL'ni Ju VuuiUè fuslunijiic de Linutfjcs, pur M, Lecler, p. IV.I.
sur tous leurs biens, amortissable à leur gré et payable moitié à la Noël, moitié à la Saint-Jean.
L'annaliste du Limousin nous apprend que les Jésuites ûrent l'ouverture régulière de leur collège en 1599, et qu'ils bâtirent cette même année la maison où ils demeurèrent. Les prêtres de la communauté de Saint-Pierre avaient là quatre maisons qu'ils cédèrent à la ville et aux Pères Jésuites, et ils eurent en échange 500 livres et une maison située près de l'entrée du petit cimetière de Saint-Pierre. Le P. Solier, qui présida à ces constructions, est donc le véritable fondateur du collège.
L'évêque de Limoges et les deux chapitres de Saint-Etienne et de Saint-Martial remplirent scrupuleusement à l'égard des Pères Jésuites, les obligations qu'ils avaient contractées. Il n'en fut pas de même des habitants, qui, ayant le ctrur plus haut que la bourse, avaient souscrit, dans un moment d'enthousiasme, pour une somme, que quelques-uns d'entre eux mirent de la lenteur à payer. En 1605, les arrérages des souscripteurs en retard s'élevaient à un chiffre assez important. Le syndic des Jésuites, après avoir épuisé toutes les voies de conciliation, s'adressa aux tribunaux. Le Parlement de Bordeaux porta un arrêté, par lequel les consuls de Limoges étaient condamnés à remplir les clauses du contrat de fondation. Les consuls proposèrent au P. Solier, en échange de la rente qui serait supprimée, les revenus du prieuré de Tavaux, en plus un capital de 6 000 livres et enfin la portion recouvrable des arrérages en question. Le P. Christophe Balthazar, provincial d'Aquitaine, agréa ces propositions, et un accord du 8 novembre 1005 termina le différend.
Pour arriver à ce résuHat satisfaisant le P. Solier et ses principaux collaborateurs, les PP. Antoine Montgaillard et Jean Saliaterry, eurent à lutter contre des diflicullés de tout genre, en particulier contre la pénurie des ressources. Sans doute le clergé, les consuls, les bourgeois s'étaient montrés généreux ; mais un revenu de 40*K» livres était absolument insuffisant pour l'entretien d'un nombreux personnel et pour les frais que nécessite la fondation d'une maison aussi importante. Le recteur du collège, par son esprit d'ordre et ses habitudes d'épargne, triompha des difficultés. Aussi le clianoine Collin, dans les quelques lignes qu'il a consacrées au P. Solier, dit avec raison que ce fut <f un liomme remarquable par la parcimonie et la frugalité, aux moyens desquelles il augmenta notablement la prospérité du collèg.:' de Limoges, fort éprouvé parla pénurie des ressources domesti<|ut^s » *.
L'habil«'tédn fondateur, qui voulait assurer l'avenir de son œuvre, nous ajjparaît encore particulièrement dans ses rapports et ses né,uociaîio.ns avec Tévr^que et les chaj)itre>de Liraotzes, au sujet de l'union de plusieurs bénéfices «jut* W prélat et les chanoines Consentirent ^lériéiv^useuieut au collè,:je Sainte-Marie. En outre du revenu annuel d'une prébonde canoniale, d'une valeur de 5tHi livres,
i. Bulletin de T^dle, ix, 'tf*id.
le chapitre Saint-Etienne accorda aux Pères Jésuites, le 28 janvier 4600, l'union perpétuelle du prieuré d'Aureil (canton de Châteauneuf), de l'ordre de Saint-Augustin. Le dernier titulaire de ce bénéfice simple, Simon Palais, chanoine de la cathédrale, fît cession de tous ses droits en faveur du collège, moyennant certaines conditions, qui furent consignées dans un concordat et confirmées par une bulle. D'après ces actes, le chapitre de Saint- Etienne abandonnait aux Jésuites tous les droits de supériorité, qui lui appartenaient sur le prieuré d'Aureil, même la justice temporelle et l'hommage. De leur côté, les Jésuites abandonnaient au chapitre les droits du prieur d'Aureil, d'être placé le premier au chœur de la cathédrale, après les dignités du côté gauche, d'avoir les distributions quotidiennes, son tour d'aigle, voix au chapitre, le droit de pourvoir aux cures, qui, par cette bulle, de régulières étaient déclarées séculières. Mais sur ce dernier point le concordat ne fut jamais mis en exécution. Car les Jésuites prirent à leur charge le soin de pourvoir à la cure d'Aureil, qui comptait 280 communiants, de nommer en outre dans le voisinage, aux prieurés-curés de Saint-Nicolas des Froides-Orties, de Ghavagnac, et de s'occuper du prieuré de filles, ordre de Saint- Augustin, de Bost-Morbeaud *.
A la prébende préceptorale de Saint-Martial, qui était déjà unie au collège, l'abbé Pierre du Verdier ajouta, par décret du 28 avril IGOi, la vicairie de la Chassagne-La Moytine, a eu égard, dit-il, aux fruits que produisaient les travaux des Pères de la Compagnie de Jésus, pour l'instruction de la jeunesse, la propagation de la foi, eu égard aussi au peu de revenus dont ils jouissaient, et qui ne suffisaient pas pour soutenir tant d'ouvriers » 2.
Frappé d'autre part de Texemple des chapitres de chanoines, qui par de semblables unions faisaient l'office avec plus d'assiduité et de décence, piqué aussi d'émulation, et en présence de la nécessité^ d'aflérmir encore la fondation du collège Sainte-Marie, l'évêque' de Limoges ne trouva pas alors, pour aider à le doter, de moyens plus commodes, que de lui unir la cure de Saint-Paul de Massignac en Angoumois 3, qu'il venait d'arracher des mains des gentilshommes, usuri)ateurs journaliers des biens d'église. Son revenu annuel s'élevait à 500 livres. La mesure parut d'autant plus opportune au prélat, que la paroisse de Massignac devait en retirer
1. Bulletin archMog. du Limousin, t. LUI. Année 1903, Pouillè historique^ p. 744.
2. Jbid,, 120. Plusieurs habitants de Limoges, qui avaient promis de doter le collège des Jésuites, ne l'avaient pas encore fait en 1010 et même étaient décédés insolvables. De peur que le nombre des personnes nécessaires à l'instiniction de la jeunesse ne fût diminué, le curé de Saint-lMerrc et les Sausson, frères et marchands, pour y obvier en partie, consentirent, comme patrons et collateurs à l'union perpétuelle des vicairies de Guy Audoin et de la Moytine,de la valeur de 90 livres, audit collège. Par décret du 9 août 1610, les messes qu'on disait journellement dans la chapelle des Jésuites furent déclarées compenser les charges de cette vicairie. Ibid.j p. 148.
3. Cure d'un millier de communiants à cette époque et actuellement commune du canton de Montembœuf (Charente).
plus de fruits, « par la prédication de la parole de Dieu et le catéchisme que les Pères de la Société avaient accoutumé de faire ». Par décret du 15 mai 1604, l'évêque Henry de la Martonie érigea, après avoir pris le consentement du curé de Massignac, cette église paroissiale en prieuré simple qu'il unit à perpétuité au collège de Limoges. Les Pères Jésuites de cette ville en prirent possession le 17 suivant et y tinrent désormais pour le soin des âmes un ou deux vicaires amovibles, approuvés de l'ordinaire et à sa nomination, avec pension annuelle, outre les oblations habituelles. Le pape confirma cette union par bulle du 3 avril 1608 *.
Nonobstant ce nouveau revenu de 500 livres, les Jésuites du collège vinrent un an plus tard « remontrer à l'évêque de Limoges que, depuis huit ans qu'ils étaient dans cette ville, ils s'étaient mis en devoir d'instruire le peuple et la jeunesse, leur administrer les sacrements, et qu'ils n'avaient pas même une fondation suffisante pour entretenir et nourrir la moitié des Pères régents et autres religieux nécessaires ; que leur peu de revenu consistait la plupart du temps en récojte de blé, sujet au cas fortuit et sur un bas prix, que le tout se réduisait à 300 livres de prébende préceptorale de la cathédrale, à 150 livres de celle de Saint-Martial, à 1 000 livres du prieuré d'Aureil, et à 500 livres de Massignac ; qu'il fallait plaider pour établir et faire rentrer leurs revenus; ainsi qu'il ne leur restait que 2 000 livres de liquides. Ils n'avaient ni église, ni bâtiments capables de les loger; il leur fallait une somme notable pour se meubler et garnir leur bibliothèque. Que sur le commandement de leurs supérieurs, ils étaient sérieusement sur le point de se départir (sic) de Limoges et du diocèse, si l'évêque ne leur fournissait un remède convenable, ce qu'il leur promit de faire au plus tôt. »
Le prélat, en vue de les garder et ayant égard à la requête des consuls qui voulaient aussi les retenir, commit son vicaire général pour faire l'union d'un nouveau bénéfice au collège Sainte-Marie. Le choix de l'évêque se fixa sur le prieuré d'Altevaux ou Tavaux 2. L'abbé de la Couronne (diocèse d'Angoulême), patron de ce bénéfice, était alors le recteur du collège de Glermont, de la Compagnie de Jésus à Paris, à cause de l'union de l'abbaye de la Couronne à ce collège. Il consentit à la proposition de l'évêque de Limoges, sauf les droits de procuration, de la pension annuelle que les prieurs payaient et l'obligation de venir au chapitre général tous les ans dans son monastère au mois de juin, il ajouta comme condition que les Jésuites nourriraient et enseigneraient un religieux, ou autre jeune homme nommé par l'abbé, et révocable à sa volonté ou celle de ses successeurs à perpétuité. Que s'ils cessaient jamais d'enseigner, ce prieuré rentrerait dans son ancien état. A la suite de