‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 57 sur 480 · Pouillé historique · texte numérisé non relu

Pouillé historique

100 livres, s'ils satisfaisaient à leurs obligations. A cet effet, le chapitre chargea deux de ses membres de parler aux consuls, pour l'achat d'un local spécial, qui manquait alors au collège pour l'enseignement de la philosophie. Toutes les difficultés étant enfin surmontées en 1607, les Pères Jésuites ouvrirent dans leur collège, à la grande satisfaction du clergé de Limoges, des cours réguliers de philosophie et même de théologie, concurremment avec ceux des Jacobins et du chanoine Pierre Talois ^. L'établissement des Jésuites devait garder, malgré les vicissitudes et l'interruption même de son enseignement théologique, sous l'épiscopat de François de La Fayette, le caractère de séminaire que ses maîtres lui attribuaient en 1682, puisqu'il donnait asile encore vers la fin de ce, siècle à une soixantaine de jeunes clercs 2.

Dès le début de la fondation du collège, les Pères Jésuites y exercèrent dans la chapelle une propagande et une direction spirituelle des plus actives. Les catéchismes publics du collège y attiraient une grande affluence de peuple qui admirait leur manière d'instruire les jeunes gens et en était édifié. Débordés bientôt par la multitude des écoliers qui arrivaient de tous côtés, plusieurs autres Pères vinrent renforcer les régents en 1598. Trois d'entre eux se mirent dès lors à organiser des missions et à prêcher particulièrement les stations de l'Avent et du Carême dans les églises paroissiales et à la cathédrale de Limoges. Le milieu leur parut favorable, car, au bout de quelques mois, les Pères Jésuites catéchisaient en dehors du collège les enfants de la ville et des environs, attiraient à leurs confessionnaux les hommes et les femmes de toute condition, en convertissaient un certain nombre et redressaient partout les abus, dont ils étaient témoins. Puis ne se renfermant plus dans l'étroite enceinte de la capitale du Limousin, l'activité des Pères s'exerçait dès 1599 par des missions dans les bourgades voisines, en particulier dans celles qui dépendaient au spirituel du prieuré d'Aureil uni au collège. On vit même en 1600 des Jésuites de la maison de Limoges aller prêcher à Villefranche-de-Rouergue et à Bourg-sur-Gironde.

Emerveillé de' ce zèle apostolique, l'évêque Henry de la Martonie l'utilisa en envoyant un certain nombre de ces Pères donner, de 1601 à 1603, plusieurs missions dans la ville d'Eymoutiers et de Treignac. Or, à mesure qu'ils étaient plus connus dans le diocèse, le succès des Jésuites à Limoges augmentait : dès 1600 six Pères furent chargés d'entendre, dans la chapelle du collège, les confessions dont la pratique s'accrut rapidement. L'engouement naturel qui s'attache aux nouveaux venus, se mêlant au prestige de leur science théologique et de leur zèle pastoral, produisit une espèce d'entraînement surtout dans les classes élevées de la société, qui vit en eux des directeurs de conscience incomparables. Parmi ces pénitents enthousiastes, on trouvait non pas seulement des femmes, mais des hommes considérés, des nobles, des magistrats,

1. Archives historiques du Limousin, iir, p. 52 et suiv. ; vi, 129.

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