‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 6 sur 480 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

Les malheurs de l'Eglise, la décadence du clergé, trop notoires pour être dissimulés, s'étaient aggravés à travers deux siècles de désordres et de calamités. Le grand schisme avait ébranlé la foi, troublé les consciences; la guerre de Cent ans introduisit l'anarchie dans tous les rouages de la vie nationale. Les ruines, la misère, l'incertitude du lendemain avaient donné ouverture à tous les abus, détruit la discipline, perverti le sens moral. La commende, la simonie, la confidence, ces trois lèpres qui vont de compagnie, rongeaient l'Eglise gallicane et toute la chrétienté. L'ignorance, l'incontinence, la grossièreté des mœurs en sont la suite forcée. A la fin du quinzième siècle, le scandale était si criant qu'une réforme radicale était impatiemment réclamée et reconnue nécessaire par le corps ecclésiastique lui-même. Cette tendance vers un renouveau religieux gagna tout d'abord la faveur d'une élite. Les esprits les plus généreux se laissèrent aller à l'espérance que cette régénération pourrait être faite pacifiquement, par l'Eglise elle-même, sans porter atteinte au dogme et à la hiérarchie. Cette action fut bien vite entraînée hors de sa voie légitime par les ambitieux et les violents et ces hommes de bonne volonté, épris de justice et de vérité, abandonnèrent leurs illusions. L'hérésie se dressait avec son programme révolutionnaire et subversif et des luttes fratricides, plusquam civilia hella, devaient ensanglanter et épuiser la France durant quarante années et l'offrir en proie à l'Espagne, comme elle l'avait été, au siècle précédent, à TAngleterre.

La meilleure défense contre les attaques qui minaient le catholicisme eût été, dès leur origine, le rétablissement de la discipline et l'amendement des mœurs. Le saint pape Pie V avait en effet écrit au roi Charles IX : « ... Si vous êtes contraint de supporter l'hérésie, vous avez un moyen d'en préparer la ruine... Travaillez à la réforme du clergé et à la restauration de la discipline ecclésiastique... ï

Charles IX opta pour un moyen plus énergique et moins louable qui n'améliora pas l'état des choses. Le remède préconisé par le pape dépendait du clergé tout au moins autant que du roi. La querelle était trop ardente pour laisser place à un autre souci que celui de combattre, elle était déjà trop envenimée pour qu'elle pût être calmée par des mesures d'une si lente exécution.

Le concile œcuménique de Trente, que les protestants eux-mêmes

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