‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 65 sur 480 · Nobiliaire de la généralité de Limoges^ t. IV, p · texte numérisé non relu

Nobiliaire de la généralité de Limoges^ t. IV, p

HENRY DE LA MARTONlE 65

faubourgs Manigne et Boucherie, fut inhumé dans un tombeau de Téglise cathédrale, situé devant le grand autel. Selon l'usage, le clergé des paroisses et les religieux mendiants de Limoges assistèrent au convoi de lévêque. Son neveu et coadjuteur, Raymond de la Martonie, évêque de Chalcédoine, présida la cérémonie des funérailles^.

A défaut de tout extrait d'oraison funèbre, nous pouvons du moins rapporter ici l'hommage sincère, bien que pompeux par l'emphase du style, qu'un célèbre prédicateur du roi, Pierre de Besse 2, adressait en 4641 dans une lettre à l'évêque de Limoges. Nous trouvons inséré sous cette forme l'éloge de notre prélat, son ami et bienfaiteur, dans la préface ou épître dédicatoire d'un des ouvrages de l'auteur, intitulé : « l'Heraclite chrétien ». a J'ai représenté d'abord à ce philosophe. Monseigneur, le lieu de vostre extraction, cette noble et ancienne maison de la Martonie, des premières du Périgord, des plus nobles de la Guienne et des plus anciennes de nostre France : maison aussi honorée pour la vertu, que redoutée pour la valeur des armes : l'une, qui a paru par tant de braves cavaliers qui en sont sortis, à la file de tant d'années, et l'autre, par deux grands prélats, eslevés à mesme temps, Monseigneur l'évesque d'Amyens et vous de nostre ville de Limoges, deux frères admirables..., deux prélats des plus vénérables, et des plus anciens de tous les prélats de France... Mais il suffit d'exposer le noble nom de Monseigneur d'Amyens, pour faire vénérer son mérite... Je m'estendray seulement sur vos louanges... Je veux que mon Heraclite sache, ce que sçait tout le monde, que les belles vertus... en vous se rencontrent toutes... La prudence premièrement préside en vostre âme, ne vous portant qu'aux choses hautes et honorables. Le respect est toujours escrit en vos paroles et la sagesse en vos actions. La piété vous fait louer, la capacité obéir, la gravité respecter, la douceur aymer, et l'éloquence admirer : éloquence qui vous est si cbmmune et si rare aux autres que les plus versés au bien dire, après vous avoir preste l'oreille pour vous entendre, sont contrains de vous donner la voix, pour prescher vos louanges... Dès vos jeunes ans, le Ciel vous rendit si admirable, qu'à l'avril (sic !) de vostre vie, on eust jugé à votre humeur, et à voir la gentillesse de vostre esprit, que vous couvriez une cinquantaine de printemps, sous le voile de vostre enfance. Et depuis, surpassant l'espérance qu'on avait de vous,... vous avez acquis tant de louables vertus, que vous avez servi de phare (sic !)

i. P. Bonavenlure Saint-Amable, Histoire de Saint-Martial^ t. III, p. 8â7.

2. Henri IV l'avait choisi comme prédicateur de la cour. Pierre de lîesse était originaire du Limousin, docteur de Sorbonne, principal du collège de Pompadour ou de Saint-Michel à Paris, chanoine-chantre de Saint-Eustache, et chanoine d'Amiens (B. N. Dossiers bleus, 432). Il mourut à Paris en 4639. Ses sermons, en 6 vol. in-8, estimés de son temps et traduits en plusieurs langues, ne sont plus guère lus aujourd'hui. C'était d'ailleurs un homme de plus de mérite, de savoir et d'esprit qu'on ne le pourrait croire à lire ses ouvrages où il sacrifiait au mauvais goût du jour. Voir Michaud, Biographie. Collin, Lemovici^ illustres.

Wi TN SII^XILK Ï>E VIE ECCLKSIASTÏQUE EN PROVINCE

à cM?ux qui ont vécu près et loing de vous, durantia course de vostre vie, et mêrilé enfin destre un des plus grands prélats du royaume... Je dis tout cela f<*rcé de la vérité, et non i>as emporté au vent de quelque flatterie... Le soing que vous avez du bien du troupeau de Jésus-Christ, et la résidence que vous faites, il y a tant d'années, au milieu de vostre diocèse, marque assez la vigilance que vous aveE au faict de vostre charge, et le zèle qui vous pousse à la conservation des âmes... Vous estes un des plus beaux esprits et plus dignes prélats qu'on ave jamais veu au monde... Recevez donc, prélat très révérend, ce mien |>etil lal>eur, comme témoignage des fidélités que je vous ay toujours jurées... Pierre de Besse. de Paris, ce vingt-cinquième jour de juillet itiil *. » En télé de Tou^Tage de cet auteur, on trouve les armes et le portrait de Henry de la Martonie, cl au l^as de celui-ci on lit les vers suivants :

l>« peiïpl<* limousin . du gruid Prélat i»*y

K'aiil TV'|>rf5^nlo au vnjiy les Iraits t»t le visjûpe.

Si Sij'S |»«-r(e(-lîonji se |>i>uvait»nt i^eimirv sunsy. 11 VU' se vit ^m^is u« phis divin vMJTrajpf t ,

Toml en faisant xme ix)nne part aux exagt rations des dédicaces,

il r^nlte néairinoins des dêt-ïïîs de ce témoignage cc»ntemporain, ^•iî"Hf-*'nrx' de la Martonie fut* au dél>ul du dix-s<=^plième siècle, le

preiviier èvèqne de LiriiCi^x^s qwi inèrita vrainirnî le Mire de prélat Tvrbrm?ileiir. Ce rnc^rite seul suflisai! à sa gloire et à la recc»nnais-

siLfjf^e àe la Y>f)Stérité lirnonsino,

É. S'of'fiiacrf /féi Lotoffos. t. IV, p. ^^k^^. Vlt-ntioripons en i»nl7^ )tr>i^eTix dédicaces sfjjvkif»f*s nu wf'tne prc'at : 1 une âv 'Ifill tie r«»u\Tairt- d'un enrule de Liroop/^s, fKPffifnf- fpfrf Ansplrne r>ienl. intituic : if> ttmfrhfip /v«,t g m drRrr^tml ri*»- //'/ in Tt'rrf Sainte L'autre, de IHIf», du P. Marci-llin Wcmtauzon. recollet, qui hii fit hoififfiHife de ia Vfrttr trirmiphantr, imprimt- a Ijin^i^es |iar Baii^ou. a*iivp^ df- c/tn!r"verse^ dôDl n«'»us aurons à parler pJiiï^ loin. Sohtitairp. i7»<rf.

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