P. Daire, Histoire d Amiens, t. Il
5. Nobiliaire de Limoges et coll. Pcrig. Raymond fut ordonné sous-diacre de Périgueux, ratione originis et bene/icii. Geoffroy s'engagea comme sous-diacre d'Am iens. Voirie texte de l'acte consistorial du 3 août 1615.
dans les ordres majeurs, Raymond et Geoffroy demeurèrent longtemps simples sous-diacres. Ce fut en 1610 seulement, que nous voyons Raymond recevoir le premier le diaconat ^, parce que, quelques mois avant, Tévêque Geoffroy qui avait fondé sur lui de pins hautes espérances, Tavait d?jà promu à la seconde dignité du chapitre de Notre-Dame, qui était encore à sa pleine.disposition.
Pour Tordre de préséance, le prévôt d'Amiens venait après le doyen et avant les archidiacres 2. Les prévôts de plusie^irs cathédrales, notamment en Allemagne, jouissaient en 1610, comme chefs de chapitres, des mêmes droits honorifiques que les abbés crosses et mitres. Mais, dans la plupart des chapitres du royaume, les prévôts de ce genre étaient alors abolis, parce qu'ayant eu l'administration du temporel, ils s'étaient montrés trop puissants et souvent avaient fait souffrir les chanoines. On s'était donc mieux accommodé du doyen, qui ne se mêlait que du spirituel, et on lui avait donné presque partout le premier rang au chapitre et le second seulement au prévôt 3.
Quoi qu'il en soit des droits et des fonctions du prévôt d'Amiens, sur lesquels l'historien de ce diocèse se tait complètement, l'évêque Geoffroy de la Martonie sembla juger Raymortd son neveu, digne par sa science et ses qualités de lui succéder sur le siège de saint Firmin. Lesévêquesde Limoges et d'Amiens songèrent en effet, tous deux à la même époque, à se faire donner un coadjuteur. « Le 28 août 1611, Henry de la Martonie étant âgé de soixante-douze ans et d'ailleurs malade, ne pouvant dignement et à son contentement s'acquitter des fonctions de sa charge, donna (à Limoges) procuration à Charles de la Martonie, seigneur de Puyguilhem, pour, sous le bon plaisir du roi et de la reine sa mère, régente, résigner son évêché en coadjutorerie en faveur de Geoffroy de la Martonie, son neveu, d'âge compétent et de doctrine suffisante *. »
Cette demande du vénérable prélat ne fut pas agréée du gouvernement, ou peut-être ne lui fut pas même présentée, parce que le projet corrélatif de l'évêque d'Amiens en faveur de Raymond vint sur ces entrefaites se buter à une compétition plus forte du gardé des sceaux Le Fèvre de Caumartin, qui obtint de la reine régente la coadjutorerie d'Amiens pour François son fils, abbé de Saint- Quentin de Lille. Geoffroy de la Martonie mit pour condition à l'agrément de ce candidat, qui d'ailleurs n'exerça pas de son vivant les fonctions de coadjuteur, la réserve d'une pension de 1800 livres pour le prévôt de son chapitre ^.
Si le prélat ambitionnait, dès 1611» pour son neveu Raymond, la dignité épiscopale qui devait lui échoir un peu plus tard, c'estqu'il
i. Notnliaire de Limoges et Daire.
2 Jbid.j t. II, p. 149-162. D'après Daire, la prévôté il'ATniei>s valait 710 livres de revenu ; et une prébende canoniale 500 livres.