iMss. du séminaire, n. 33, p
5. Nommé seulement par le roi en 1612, François Le Fèvre ne fut pourvu qu'en 1617 à Rome du titre d'évêque d'Hiérapolis m partibus inftdelium. Gallia cht'iist.y t. X, p. 1210 et Daire, Histoire d Amiens^ t II, p. 68.
s'était complu sans doute, depuis longtemps, à le préparer aux responsabilités de cette charge. Le saint évèque lui avait d'abord donné des preuves d'une activité incomparable pour la défense de la foi religieuse, qui lui semblait compromise par Tavènement au trône d'un prince protestant. Après la mort de Henri IH, Tévêque Geoffroy avait pris dans la ville d'Amiens la tête du mouvement insurrectionnel, qui refusait de reconnaître les droits de Henri IV. Il avait promis solennellement, dans la chambre du conseil à THôtelde-Ville, de vivre et de mourir avec son peuple pour le soutien de la religion. Il fut l'un des derniers évoques de France à accepter, le 9 octobre 1594, les conditions satisfaisantes d'accommodement et à remettre sa ville au pouvoir du roi, qui fit son entrée solennelle le 18 du même mois. Henri IV fut enchanté de la réception cordiale de l'évêque et de son peuple, qui ne s'étaient donnés librement à lui, qu'après lui avoir opposé une énergique résistance et qu'après avoir fait triompher le programme catholique de la Ligue, qui n'avait presque pas compté de dissidents dans cette province ^.
Un spectacle plus instructif encore pour les neveux de l'évêque, devenus de bonne heure chanoines d'Amiens, fut celui des réformes ecclésiastiques de tout genre, dont Geoffroy de la Martonie s'occupa avec un grand zèle après la paix de Vervins, durant les vingt dernières années de son épiscopat (1598-1617). Le prélat fit imprimer en 1599 et distribuer à son clergé, un recueil des statuts synodaux de son diocèse. Dans cette série d'utiles ordonnances, il promulguait en détails, pour en faciliter l'observation constante, les décrets du concile provincial de Reims (158:^). A son appel, les Capucins, les Jésuites et les Carmélites s'établirent bientôt dans sa ville épiscopale. La fondation du Carmel le mit en rapports étroits avec la mère Isabelle des Anges, prieure du couvent, avec Mme Acarie, qui l'avait accompagnée, ainsi qu'avec l'abbé de Bérulle et les docteurs André Duval et Gallemant, principaux promoteurs de l'œuvre. « Geoffroy de la Martonie mourut à Amiens le 17 décembre 1617, à l'âge de soixante-quinze ans. Il fut enterré à Notre-Dame, dans le tombeau qu'il s'était préparé à la chapelle Saint-Pierre, près de son frère, seigneur de Puyguilhem. Il laissa dans son diocèse la mémoire bénie d'un évêque zélé et vertueux : la bonté et la douceur lui étaient naturelles ; il était charitable, jaloux du salut de son peuple et protecteur des gens de mérite '-. ^) Dans un milieu si favorable, au contact du vénéré prélat, dont il était le neveu de prédilection, le prévôt d'Amiens grandit vite dans l'expérience des affaires diocésaines et dans Tacquisition des vertus pastorales. Raymond de la Martonie se trouva donc prêt, à trente-huit ans, à s'acquitter dignement de la charge épiscopale.
t. Voir Jes détails intéressants sur la Ligue à Amiens el dans la Picardie, dans le P. Daire, Histoire d'Amiens, t. I, p. 3i)7 et suiv. 2. 76id., t. II, p. m el Gallia christ., t. X, p. 1210.