EPISCOPAT DE RAYMOND DE LA MARTOME
I. Sa promotion à la coadjutorerie de Limoges. Son sacre. Son intronisation. Ses relations sociales.
Au début de Tannée 1615, Tévêque de Limoges, accablé plus que jamais par les infirmités de la vieillesse ^ profita de sa présence à Pariset de Tinfluence que lui donnait son mandat de député aux Etats-Généraux, pour se faire donner un coadjuteur. Le gouvernement du roi Louis XIII agréa, le i février, la demande du vénérable prélat, qui était d'ailleurs conforme aux traditions de la noblesse d'église 2. C'était de plus, pour la famille de la Martonie, une juste compensation du refus qu'elle avail éprouvé pour la coadjutorerie d'Amiens, comme nous le prouve la rédaction même de l'acte consistorial. Cette fois, en effet, le choix du candidat pour la dignité de coadjuteur que fit Henry de la Martonie, ne portait pas, comme en 1611, sur son neveu Geoffroy, qui resta toute sa vie chanoine d'Amiens, mais sur le prévôt de la cathédrale, Raymond de la Martonie, un peu plus âgé que son cousin. Le 12 février, l'évêque de Limoges donnait à Paris son consentement pour la coadjutorerie de son évêché, en faveur de Raymond son neveu, et celui-ci prêtait, quelques jours après, le serment de fidélité au roi 3.
Le 20 juillet suivant, le pape Paul V, dans un consistoire secret tenu au Quirinal, approuvait, sur le rapport du cardinal protecteur de Vincentio, la désignation du candidat du roi très chrétien pour la coadjutorerie de Limoges. A cet effet, il pourvut canoniquement ce même jour Raymond de la Martonie, diacre du diocèse de Périgueux, du titre d'évêque de Chalcédoine, in partibus infidclium *, etil statua: qu'il aurait Fadministration exclusive de l'église de Limoges, en qualité de coadjuteur,avec la succession de ce siège épiscopal,à la mort du titulaire. La suite du texte de l'institution canonique porte : d'une part, qu'en attendant la vacance du siège de Limoges, Raymond coadjuteur conserverait ses droits de prévôt et de chanoine de Notre-Dame d'Amiens, sans être tenu à la résidence personnelle: et d'autre part, que du jour où il entrerait en possession de l'évêché de Limoges, une pension de 4 000 livres serait mise en réserve
1. Senio confeclus et t^aleludinanns, est-il dit de l'évêque de Limoges, dans racte consistorial de soti coadjuteur.
2. C'est ainsi que le sièp^e de Vionne sembla réservé aux Villars, de 1575 à 1692, celui de Béziers aux Honzi, à la même époque, et celui de Paris aux Gondt (de iri69 à im-lV Voir le Gallia christ.